Le prochain chef péquiste doit siéger en Chambre, disent des proches de Lévesque

Un seul des candidats à la direction du PQ est un élu, soit le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. Les trois autres, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien, n’ont jamais siégé à l’Assemblée.
Photo: Getty Images / iStockphoto Un seul des candidats à la direction du PQ est un élu, soit le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. Les trois autres, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien, n’ont jamais siégé à l’Assemblée.

Le prochain chef du Parti québécois (PQ) doit être député à l’Assemblée nationale, selon deux anciens proches de René Lévesque.

L’ex-ministre Guy Chevrette et l’ancienne directrice de cabinet de M. Lévesque, Martine Tremblay, s’expriment ainsi sur un débat qui a cours dans la course à la direction du PQ.

Un seul des candidats à la direction du PQ est un élu, soit le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. Les trois autres, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien, n’ont jamais siégé à l’Assemblée.

M. St-Pierre Plamondon plaide en faveur d’un chef qui serait davantage sur le terrain, pour reconstruire le parti, avant de faire son entrée à l’Assemblée.

« C’est fou comme balai, c’est charrié », a répliqué Guy Chevrette, qui n’est pas du tout de cet avis.

En entrevue avec La Presse canadienne, il a affirmé que le prochain chef péquiste doit siéger en Chambre parce que c’est là que les grands débats se déroulent. En outre, le PQ, qui ne compte que neuf élus en Chambre, est déjà relégué au dernier rang et le chef doit donc se démarquer, selon lui.

« Tu es la troisième opposition, tu n’es même pas la deuxième, il faut que tu viennes démontrer que tu as autant de guts que la deuxième, et même que la première opposition, et montrer à tes militants que tu te tiens debout devant le premier ministre. »

M. St-Pierre Plamondon a rappelé que d’autres chefs péquistes avant lui, notamment René Lévesque, avaient mis du temps avant de faire leur entrée à l’Assemblée : le fondateur du PQ avait notamment été battu en 1970 et en 1973, avant d’être élu triomphalement en 1976 pour former le premier gouvernement péquiste.

« On n’a plus de chef de l’envergure de MM. Lévesque et [Jacques] Parizeau, dit M. Chevrette. Ils étaient déjà connus. Ils n’avaient pas besoin d’être en Chambre pour prendre part au débat. Quelqu’un qui n’est pas connu a un avantage réel et important à aller à l’Assemblée. »

Ne pas siéger comporte aussi des avantages, selon Martine Tremblay : être sur le terrain, faire la tournée des circonscriptions en région, etc.

« Une fronde »

Toutefois, il est beaucoup plus difficile sur une longue période « d’assurer la cohésion des troupes » quand le chef n’est pas à la tête de son caucus quotidiennement, a-t-elle ajouté. M. Lévesque l’a lui-même éprouvé douloureusement en étant séparé six ans de son aile parlementaire.

Quelqu’un qui n’est pas connu a un avantage réel et important à aller à l’Assemblée

 

« En 1976, au moment où les élections ont été déclenchées, le Parti québécois était au bord de l’éclatement, se souvient-elle. J’ai un souvenir que c’était beaucoup plus compliqué de gérer les troupes. Les députés à Québec se sentaient orphelins. […] Il y a eu une fronde, la moitié du caucus s’est rebellée contre son chef. »

Appelée à se prononcer sur l’avenir de cette formation qu’elle a vue grandir, gouverner et décliner, Mme Tremblay reste perplexe. Elle reconnaît que le défi du futur chef est immense.

« La situation actuelle est très difficile, a-t-elle conclu. Comment ça va évoluer ? Je ne le sais pas. Je ne me sens pas capable de formuler le moindre pronostic. »

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