En zone orange, Québec pourrait refermer bars et casinos

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, indique qu’il s’agit d’un «document de travail scientifique qui a été préparé par la Santé publique et qui était en évolution».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, indique qu’il s’agit d’un «document de travail scientifique qui a été préparé par la Santé publique et qui était en évolution».

Une présentation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) datant de lundi et dévoilée mercredi par un citoyen laisse entendre que le passage du « jaune » au « orange » dans certaines régions du Québec pourrait entraîner la fermeture des bars et des casinos, en plus de sonner la fin de la pratique de sports de contacts et d’élargir les exigences quant au port du masque.

Le document, appelé Le système d’alertes et d’intervention graduelle : un plan pour la suite de la pandémie, est coiffé des noms de la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, et du Dr Eric Litvak, de la Direction régionale de santé publique de Montréal. Il laisse entendre que le plan en question a été présenté par ce dernier.

Il a été publié sur Twitter par Patrick Déry, un travailleur autonome œuvrant comme analyste en politiques publiques. Le Devoir en a également obtenu une copie.

La FMSQ atteste de l’authenticité du document. Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, indique qu’il s’agit d’un « document de travail scientifique qui a été préparé par la Santé publique et qui était en évolution ».

« Il date de plusieurs semaines. Ce n’est donc pas la version finale qui justifie les choix des codes de couleur de la Santé publique », a fait savoir l’attachée de presse du ministre, Marjaurie Côté-Boileau, au sujet du document daté du 14 septembre.

Éviter le reconfinement complet

Le scénario, qui a été présenté à des médecins spécialistes dans le cadre d’un webinaire, confirme la volonté du gouvernement « d’éviter le reconfinement complet ». L’approche qui y est mise de l’avant vise plutôt à « restreindre, interdire ou fermer sélectivement lorsque le risque ne peut pas être contrôlé suffisamment ». De quoi rappeler la volonté du ministre Dubé d’agir de manière « chirurgicale » afin de mieux contenir la deuxième vague de COVID-19.

Dans le document, un tableau sur les indices de risques est accompagné d’un « sommaire des restrictions et interdictions potentielles » — et ce dernier mot est souligné.

Dans la zone orange, les rassemblements privés pourraient être limités à six personnes, y est-il écrit, en reprenant un chiffre déjà évoqué par le ministre Dubé. Les rassemblements organisés auraient quant à eux une limite de 50 convives.

Toujours dans la zone orange, les déplacements interrégionaux deviennent « non recommandés ». La fermeture des bars, brasseries, tavernes, casinos et « salles à manger intérieures des restaurants fermés » est aussi évoquée.

Certains « loisirs actifs à l’intérieur », comme les spas ou les gyms, deviennent aussi proscrits, au même titre que les sports de contact. Apparaît aussi l’exigence du port du couvre-visage « en tout temps dans les salles de spectacle, les marchés extérieurs, etc. ».

Au rouge, fermeture des restaurants

Quant au niveau d’alerte associé à la couleur rouge, il sonne la fin des rassemblements privés, les limitant aux personnes vivant à la même adresse seulement. « Déplacements interrégionaux essentiels seulement », lit-on dans le tableau.

« Restaurants fermés sauf pour livraison et pour emporter » ; « soins personnels et esthétiques fermés », services de santé « urgents ou semi-urgents seulement » : les restrictions associées à la zone rouge ont de quoi faire craindre une deuxième vague à de nombreux citoyens et entrepreneurs. En vertu du document, elles entraîneraient en outre la fermeture des lieux et hébergements touristiques, « sauf pour exceptions ».

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