Un reconfinement serait un «désastre» pour l’économie, selon Fitzgibbon

Le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

Un reconfinement serait un « désastre » autant pour l’économie que pour les finances publiques, selon le gouvernement caquiste, qui réfléchit déjà à des programmes pour aider toutes les entreprises.

« On ne l’envisage pas, mais effectivement, ça a fait très mal, la fermeture des entreprises au printemps, donc on ne veut pas ça cet automne, ça serait catastrophique », a déclaré mercredi le premier ministre François Legault en conférence de presse au parlement, en commentant les propos de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

« Sur le plan économique, ce serait un désastre », avait dit ce dernier plus tôt en matinée. Le déficit actuel de 15 milliards augmenterait également de façon importante, selon lui. Il a toutefois précisé que la santé publique était la priorité et que ce sont les autorités dans ce domaine qui allaient décider de la marche à suivre.

Alors que se profilent des mesures plus strictes pour ralentir la progression de la pandémie au Québec, M. Fitzgibbon prédit déjà un « automne difficile », même s’il n’y a pas de reconfinement. Il appréhende une cascade de mauvaises nouvelles économiques, de fermetures d’entreprise, etc. « Il ne faut pas qu’il y ait d’hémorragie », a-t-il dit en conférence de presse dans le hall de l’Assemblée nationale.

Dans 12 à 18 mois, il y aura vraisemblablement une baisse des investissements privés et le gouvernement devra alors prendre la relève, estime-t-il, notamment dans les grandes grappes stratégiques du Québec, l’aéronautique, le pharmaceutique, etc.

Le programme fédéral d’aide aux loyers commerciaux connaît des ratés et M. Fitzgibbon veut y remédier avec une formule qui peut aider toutes les entreprises du Québec. Le gouvernement ne peut se permettre de concevoir des programmes particuliers pour chaque secteur, a dit le ministre.

« On veut évidemment éviter les faillites excessives », a-t-il fait valoir.

Impact sur le PIB

Les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publiées en juillet font ressortir une chute de 14,8 % du PIB réel du Québec en avril, après un plongeon de 9,6 % en mars. « Tous les grands secteurs affichent des reculs alors que les effets de la COVID-19 se sont intensifiés en avril », résumait l’ISQ, qui ajoutait qu’« à la suite de ces reculs, le PIB d’avril se situe au niveau de celui de l’année 2004 ».

Comparativement à la moyenne canadienne, l’économie québécoise a ressenti plus durement les effets de la réponse à la pandémie. Selon les données de Statistique Canada, le PIB canadien a plongé de 11,6 % en avril après une chute de 7,5 % en mars, cumulant un plongeon de 4,7 % après quatre mois par rapport à la période correspondante de 2019, contre 6,4 % pour celui du PIB québécois.

Avec Le Devoir

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