Québec va sévir contre les contrevenants aux mesures sanitaires

La premier ministre du Québec, François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La premier ministre du Québec, François Legault

Les individus refusant de porter un masque dans les lieux publics fermés s’exposeront à des amendes de 400 $ à 6000 $ dès samedi. « C’est le temps de sévir », a averti le premier ministre François Legault.

Malgré les efforts de « persuasion » de la Santé publique, « malheureusement, il y a une petite minorité de gens irresponsables qui ne suivent pas les consignes », s’est-il désolé lors d’un point de presse jeudi matin. « Certaines de ces personnes pensent encore qu’Elvis est vivant », a-t-il laissé tomber plus tard en anglais.

Il était pour l’occasion accompagné du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

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Les personnes qui ne respectent pas les règles dictées par la Santé publique « mettent à risque la santé des personnes les plus vulnérables » de la société et, ce faisant, ils mettent sous pression le réseau de la santé, a souligné M. Legault, de retour d’un court séjour à Mississauga où il a rencontré son homologue ontarien, Doug Ford. « Ça peut être très grave. Le virus fait des dégâts. Bon, on a réussi à réduire le nombre de décès de façon importante au cours des derniers mois, mais il y a quelques décès, puis il y a une centaine de personnes qui sont hospitalisées puis quelques dizaines aux soins intensifs. […] On ne peut pas accepter que quelques individus irresponsables mettent à risque toute notre société au Québec. »

Les autorités policières distribueront des amendes « de plus de 50 $ » aux individus ne portant pas de couvre-visage dans des lieux publics fermés ― y compris les transports en commun ― aux quatre coins du Québec, mais se « concentrer [ont] dans les zones jaunes », c’est-à-dire Laval, l’Estrie, l’Outaouais et Québec, a-t-il précisé. Elles seront plus visibles dans les commerces, les transports en commun et tout autre lieu public fermé où le port du masque est requis. Le gouvernement n’a pas l’intention d’ajouter de policiers pour l’instant. Il compte toutefois sur la vigilance des citoyens pour faire appliquer les directives « Évidemment, on demande aussi à la population quand ils voient quelque chose qui n’a pas de bon sens de le dire, appeler le 911 », a-t-il affirmé.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a par la suite souligné que les amendes pourraient osciller entre 400 $ et 6000 $. Le Conseil des ministres établira leur montant précis dans les prochaines heures.

Le premier ministre a aussi dit être « en train de revoir le fonctionnement, avec le [directeur des poursuites criminelles et pénales] pour que les rapports [d’infraction] se traduisent rapidement en amendes ».

Le gouvernement s’inquiète de la hausse du nombre de personnes déclarées positives à la COVID-19 au Québec. « Je pense qu’on est encore dans une situation qui est sous contrôle, mais il y a une tendance qu’on n’aime pas, a reconnu M. Legault. Jusqu’au début août, on avait moins de 100 cas par jour, là on est plus autour de 150-180 cas par jour. On n’est pas à 800-900 cas par jour comme on avait au printemps, mais il y a une tendance. »

Il a invité les Québécois à être solidaires les uns des autres, même si les plus jeunes sont moins « à risque de conséquences graves ». « Ce n’est pas vrai que quelques personnes irresponsables vont mettre à risque tout ça », a-t-il tranché.

Les élus de la Coalition avenir Québec se réunissent jeudi et vendredi afin de se préparer pour la reprise des travaux parlementaires, mardi prochain. La moitié des 76 députés participent à distance, tandis que les autres sont séparés dans deux salles différentes de l’Assemblée nationale pour respecter les directives de la Santé publique sur les rassemblements. Les ministres Simon Jolin-Barrette, François Bonnardel et Chantal Rouleau demeurent en isolement préventif même si leurs tests de dépistage de la COVID-19 sont négatifs. Tous avaient été en contact avec la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, récemment déclarée positive.

Avec Mylène Crête

Encore plus de tests par jour

Le gouvernement ajoute deux centres de dépistage de la COVID-19 à Québec et deux autres à Laval où les gens ont dû faire la file durant des heures au cours des derniers jours pour pouvoir subir leur test. Certains sont parfois repartis bredouilles. Un délai d’attente « inacceptable », selon le premier ministre, François Legault.

 

« On s’attendait à ce qu’il y ait une augmentation de l’achalandage, mais peut-être pas à ce niveau-là », a reconnu le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse jeudi. L’annonce des nouvelles zones jaune mardi — Capitale-Nationale, Estrie, Outaouais, Laval — a incité davantage de gens à se présenter aux centres de dépistages. « Je pense qu’en communiquant mieux qu’il y a des zones qui sont plus à risque que d’autres, donc les zones jaunes, ça a beaucoup sensibilisé la population que le virus n’était pas juste ailleurs, mais qu’il était chez eux », a-t-il expliqué.

 

Selon les dernières données de la Santé publique, près de 18 000 prélèvements ont été réalisés au Québec pour la seule journée de mardi. M. Dubé compte revenir à du dépistage sur rendez-vous au cours des prochaines semaines, comme c’était le cas au printemps dernier, pour éviter que les gens n’attendent à l’extérieur au froid. Le ministre veut également dévoiler le nombre de tests de dépistage par région d’ici quelques jours.

Mylène Crête

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