Québec solidaire qualifie la rentrée scolaire de «bordel»

Le député Vincent Marissal, de QS, s’insurge contre «l’indécision» du gouvernement. Il affirme que les parents sont stressés et méritent plus de réponses.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le député Vincent Marissal, de QS, s’insurge contre «l’indécision» du gouvernement. Il affirme que les parents sont stressés et méritent plus de réponses.

Québec solidaire (QS) qualifie de « bordel » le retour en classe de milliers d’élèves cette semaine, ce à quoi le gouvernement lui répond d’arrêter de générer des craintes inutiles.

La rentrée scolaire 2020-2021 suscite son lot d’émotions, plusieurs se demandant si les mesures mises en place pour protéger la santé des élèves, des enseignants et de leurs familles sont suffisantes.

Lundi, quelque 150 scientifiques et professionnels de la santé ont appelé le gouvernement à exiger la distanciation physique d’au moins un mètre entre les élèves et le port du couvre-visage dans les classes.

Ils ont également recommandé d’améliorer les systèmes de ventilation dans les écoles et d’offrir aux familles des options d’apprentissage à distance.

En point de presse à l’Assemblée nationale mercredi, le député Vincent Marissal, de QS, s’est insurgé contre « l’indécision » du gouvernement. Il a affirmé que les parents étaient stressés et méritaient plus de réponses.

Sur le ton de l’ironie, il a invité le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, le « jovialiste-en-chef » du gouvernement, à « débrancher son disque de Bob Marley », pour ensuite se référer à une chanson de Bobby McFerrin. « Le “Don’t worry, be happy”, ça va faire, a-t-il déclaré. C’est le bordel, cette rentrée-là ! »

Vincent Marissal a indiqué avoir lui-même quatre enfants âgés de 10, 13, 14 et 18 ans. Il a dit avoir vu des messages de directions d’école « le samedi matin, qui nous disent qu’elles ne savent pas exactement comment ça va fonctionner ».

« En ce moment, ce sont les parents, et les enfants par ricochet, qui sont pris avec l’indécision du gouvernement. C’est assez stressant. On a connu des mois difficiles à cause du confinement, […] et là, moi j’en ai deux qui rentrent demain et c’est le flou le plus total. Je ne sais pas à quoi il a travaillé le ministre Roberge. »

Comme les climatiseurs dans les CHSLD

Par ailleurs, le député Marissal compare la prochaine campagne de recrutement d’employés scolaires de M. Roberge à l’installation tardive des climatiseurs dans les CHSLD.

« Il a fallu attendre la canicule pour que quelqu’un allume ! » a-t-il rappelé. Selon lui, le ministre aurait pu agir plus tôt, dans la mesure où il savait que le Québec était déjà aux prises avec une pénurie d’enseignants.

Le député libéral André Fortin fait le même constat. « Le gouvernement a passé tout l’été à dire : “Il n’y a pas d’enjeux, ça va bien aller”. […] On le voit ce matin, […] il y a […] une certaine inquiétude parce qu’on dirait que tout a été fait à la dernière minute », a-t-il affirmé en point de presse.

Pour lui, plusieurs « enjeux » ne sont toujours « pas clairs », comme par exemple, les conditions médicales exigées pour qu’un élève ou un enseignant puisse être exempté d’un retour physique à l’école.

Le gouvernement prévoit dans son plan que seuls les enfants ayant une condition médicale particulière, ou dont les parents sont à risque, peuvent être exemptés de venir à l’école.

« Aujourd’hui, on ne sait pas combien d’élèves et d’enseignants seront dans les classes et ça mène à toutes sortes d’enjeux problématiques pour la rentrée », a signalé M. Fortin.

Il demande lui aussi des options d’apprentissage à distance, ne serait-ce que temporairement, pour les familles qui veulent être exemptées mais qui ne sont pas certaines de pouvoir l’être.

En outre, son parti avait proposé l’implantation d’unités mobiles de dépistage de la COVID-19 près des écoles. Mercredi, M. Fortin a également déploré la désorganisation du transport scolaire dans la région de Québec, prenant soin de souligner que le transport scolaire est un droit garanti par la loi.

QS à « contresens »

Le bureau du ministre Roberge ne voit pas les choses du même œil. Les balises sont claires, affirme-t-on. Les écoles sont prêtes à accueillir les enfants de manière sécuritaire et leur offrir tout le soutien nécessaire.

« Les propos de QS vont à contresens de quasi l’ensemble des partenaires du réseau scolaire, qui ont salué le plan de match actualisé et les mesures pédagogiques mises en place en vue de la rentrée », a déclaré l’attaché de presse du ministre, Francis Bouchard.

« [QS a] tenu des propos similaires à quelques jours de la rentrée au printemps dernier, qui a au final été couronnée de succès. [Ils] devraient éviter de faire de la petite politique et de générer des craintes inutiles aux parents et membres du personnel », a-t-il poursuivi.

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