Le PQ jouera sa survie au prochain scrutin, selon Pascal Bérubé

Pascal Bérubé terminera son intérim le 9 octobre, lors de l’élection du 10e chef du Parti québécois.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pascal Bérubé terminera son intérim le 9 octobre, lors de l’élection du 10e chef du Parti québécois.

Le Parti québécois (PQ) luttera pour sa survie à la prochaine élection, croit le chef parlementaire Pascal Bérubé, au terme d’un intérim de deux ans lui ayant par ailleurs confirmé que la chefferie n’est pas pour lui.

« Ultimement, ça va se jouer à la prochaine élection », lance-t-il au cours d’une entrevue au Devoir. 

La musique de Fanny Bloom résonne dans son bureau de l’Assemblée nationale, auparavant occupé par François Legault. L’élu a déposé sur une table des canettes d’eau pétillante — « québécoise », précise-t-il.

En février 1994, tout juste avant l’arrivée de Jacques Parizeau au pouvoir, le Matanais achetait sa première carte de membre du PQ. Vingt-six ans plus tard, il n’ose toujours pas s’imaginer un avenir sans cette formation politique.

« Ce ne serait pas souhaitable », croit le député de Matane-Matapédia. « Si le PQ n’était pas là, […] qui parlerait de la langue comme on le fait, de la culture, du territoire, du patrimoine, de l’amour physique du Québec ? »

Pascal Bérubé terminera bientôt un mandat de deux ans comme chef intérimaire. Sa formation politique aura alors décidé qui, des candidats Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon deviendra le dixième chef du parti.

Avant de passer le relais, le chef intérimaire formule des constats. Seul un « revirement spectaculaire » pourrait donner au PQ l’élan dont il a tant besoin, et celui-ci pourrait arriver « plus vite qu’on le pense ».

« Il y a une limite à l’ambition du Québec dans le cadre actuel, et s’il y a quelqu’un qui peut le réaliser, c’est Francois Legault », dit-il avant de rappeler que le déficit fédéral de l’année en cours atteindra un montant record de 343 milliards.

La chefferie, pas pour lui

Autre constat : la chefferie de parti ne l’intéresse pas. « Non, je n’ai pas cet appel-là », atteste Pascal Bérubé.

« J’ai aimé être ministre, j’aurais beaucoup aimé redevenir ministre dans un gouvernement du Parti québécois, mais chef, c’est autre chose. Je n’ai jamais rêvé d’être premier ministre du Québec. […] Moi, je n’ai pas cet appel-là. Je ne le sens pas », déclare-t-il.

Comme il le dira souvent au cours de l’entrevue, la priorité de l’élu matanais demeure sa circonscription : ces citoyens qui l’ont élu avec une majorité de 69 % au scrutin d’octobre 2018, malgré le vent nationaliste de la CAQ.

Cette élection a été autrement plus dramatique pour son parti, réduisant le caucus péquiste à dix députés. Puis, ce nombre s’est encore amoindri en mars 2019, à l’annonce du départ de la députée Catherine Fournier, qui siège désormais comme indépendante.

Depuis, les noms d’ex-employés et militants péquistes ne cessent d’apparaître dans les listes du personnel des cabinets ministériels. Contrairement à François Legault, tous n’expliquent pas pourquoi ils ont tourné le dos au Parti québécois.

J’ai aimé être ministre, j’aurais beaucoup aimé redevenir ministre dans un gouvernement du Parti québécois, mais chef, c’est autre chose

 

« Je trouve ça difficile, très difficile », reconnaît Pascal Bérubé. « Les collègues me disent de ne pas porter attention à ça quand je lis le bottin des cabinets, mais je trouve ça difficile. Parce que moi, je… je tiens le fort aussi. [Ce sont] des gens qu’on connaît depuis longtemps. »

Des rumeurs

Le recrutement que fait la CAQ dans les équipes péquistes est si important que les rumeurs envoient le chef intérimaire et son député Sylvain Roy dans la formation de François Legault.

« [C’est] à cause de M. Legault » que ces histoires circulent, avance l’élu matanais. « Ça fait 20 ans qu’on se connaît. […] Il m’avait déjà approché il y a quelques années, quand il a créé la CAQ », ajoute-t-il.

Ni lui ni Sylvain Roy, « ni personne dans notre équipe » d’ailleurs, n’a l’intention de faire le saut à la CAQ, insiste-t-il. Sauf qu’il reconnaît du même souffle n’avoir « jamais eu de signe » annonçant le départ de Catherine Fournier, jusqu’au jour où l’élue a envoyé un texto confirmant qu’elle faisait défection.

Pascal Bérubé assure quant à lui qu’il briguera les suffrages sous la bannière péquiste dans Matane-Matapédia lors de la prochaine élection. « Assurément, jusqu’en 2022, je vais être là, promet-il. Et j’aimerais me représenter en 2022, et surtout gagner en 2022 si mes citoyens le veulent. »

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