Québec demande aux jeunes de se «mobiliser» contre le coronavirus

«Devenez vous-mêmes des champions de la distanciation et du port du couvre-visage», demande Geneviève Guilbault aux jeunes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Devenez vous-mêmes des champions de la distanciation et du port du couvre-visage», demande Geneviève Guilbault aux jeunes.

Québec rappelle à l’ordre les jeunes de 15 à 34 ans, majoritairement responsables de la recrudescence des cas de COVID-19 dans la province. Ils ont entre leurs mains le « pouvoir » d’éviter une nouvelle flambée de la contagion en suivant les règles de la Santé publique.

« Ce n’est pas un pouvoir à prendre à la légère. Je vous demande de vous en servir à bon escient », a fait valoir en point de presse lundi la vice-première ministre, Geneviève Guilbault.

Le gouvernement a observé une hausse importante des cas d’infection dans ce groupe d’âge, une « tendance » qui l’inquiète. Entre le 8 et le 14 juillet, la transmission du virus a bondi de 128 % chez les 20-29 ans par rapport à la semaine précédente. Des éclosions ont éclaté dans des bars, mais aussi lors de fêtes privées et pendant « certaines activités sportives et sociales », a noté Mme Guilbault.

Je vous demande de devenir des influenceurs à votre tour, auprès de votre entourage, auprès des gens que vous côtoyez

 

S’avouant préoccupée, elle leur a donc adressé un « appel à la mobilisation » pour faire respecter la distanciation physique et le port du masque. « Je vous demande de devenir des influenceurs à votre tour, auprès de votre entourage, auprès des gens que vous côtoyez », a-t-elle martelé, en référence au message lancé par François Legault aux vedettes du Web en début de pandémie. « Devenez vous-mêmes des champions de la distanciation et du port du couvre-visage. »

« [Il faut] éviter évidemment de partager la bière, l’assiette, de s’embrasser ou de se toucher, a-t-elle renchéri, rappelant que les rassemblements privés doivent se limiter à 10 personnes. Tout ça vous met à risque et ça explique entre autres pourquoi il y a une recrudescence du nombre de cas chez les 15-34 ans. » Sans oublier que les réfractaires aux règles de la Santé publique s’exposent à des rapports d’infraction, et ultimement à des amendes élevées.

Cela étant, la propagation du virus reste « sous contrôle », a relevé Geneviève Guilbault devant les journalistes. La courbe des nouveaux cas recensés chaque jour « est relativement stable », et les hôpitaux de la province disposent d’une « bonne marge de manœuvre ».

Le Québec a enregistré lundi 145 nouveaux cas de COVID-19, ce qui porte le bilan à 58 728 depuis le début de la pandémie. Aucun nouveau décès n’a été répertorié.

Le nombre d’hospitalisations a toutefois remonté pour la première fois depuis le 18 juillet. Trois nouveaux patients ont été admis en l’espace de 24 heures, pour un total de 200 personnes. De ce nombre, 7 se trouvent aux soins intensifs, une diminution de 3 personnes par rapport à la veille.

Pas immunisés

S’ils sont généralement moins à risque de complications graves liées au virus, les jeunes peuvent tout de même devenir « des vecteurs de transmission » et mettre en danger des gens plus vulnérables, comme leurs parents ou leurs grands-parents, a averti la ministre Guilbault. « On veut éviter ça à tout prix. »

La numéro 2 du gouvernement Legault a également souligné que les jeunes ne sont pas « immunisés » contre le virus et ses séquelles, bien qu’ils aient moins de risques d’en mourir. « Croyez-moi, vous n’avez pas envie de vous retrouver aux soins intensifs dans un centre hospitalier », a-t-elle lancé.

Elle a en outre pressé les citoyens — y compris les jeunes — d’aller se faire tester dès qu’ils pensent avoir contracté la COVID-19. La province a d’ailleurs dépassé son objectif de 14 000 tests quotidiens, avec une capacité « théorique » de 20 000 en laboratoire.

Le temps d’attente devant les cliniques sans rendez-vous est également « beaucoup mieux » que dans les dernières semaines, a plaidé de son côté le ministre de la Santé, Christian Dubé, lui aussi présent au point de presse.

« Le plus grand danger en ce moment est le temps que ça prend […] avant de nous appeler ou d’aller se faire tester », a-t-il ajouté, regrettant que des individus refusent de décrocher le combiné lorsque la Santé publique entre en contact avec eux. D’importantes chaînes de transmission peuvent se former avant l’intervention des enquêteurs.

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