Les rassemblements de 250 personnes seront permis

L’industrie du spectacle reste sur sa faim après l’annonce du gouvernement de faire passer de 50 à 250 personnes le nombre maximal de personnes permises dans des lieux publics, intérieurs et extérieurs, à compter du lundi 3 août prochain.

C’est « loin d’être suffisant », fait valoir le président de Theatrixx Technologies, Jacques Tessier.

De surcroît, l’annonce gouvernementale échappe à la logique de « la distanciation sociale » imposée par le gouvernement québécois depuis le début de la pandémie, selon lui. Pourquoi le Lion d’Or et la salle 1 du Théâtre St-Denis, qui offrent respectivement 250 et 2218 places assises en temps normal, pourront tous deux accueillir jusqu’à 250 personnes dès le mois prochain ? demande M. Tessier dans un échange avec Le Devoir. « Il faut comprendre que les productions sont généralement rentables après 80 % de capacité. C’est excellent pour le Lion d’Or… », fait-il remarquer.

Il s’explique aussi mal que de vastes bars peuvent théoriquement accueillir plus de clients que de spectateurs dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Il faut comprendre que les productions sont généralement rentables après 80% de capacité

 

Le patron du fabricant et distributeur d’équipements techniques demande à l’équipe de François Legault de présenter une « solution viable », comme celle de permettre des salles remplies à au moins 80 % de leur capacité « avec une clientèle forcée au port du masque, si besoin ».

M. Tessier a témoigné de la « grande insécurité » dans laquelle les artistes de l’arrière-scène — concepteurs, techniciens, artisans et fournisseurs — sont plongés depuis le début de la pandémie dans une lettre expédiée au premier ministre François Legault et aux ministres Nathalie Roy, Pierre Fitzgibbon et Christian Dubé. Plus de 100 dirigeants d’organisations des arts de la scène, de l’événementiel, de l’audiovisuel et des arts vivants y ont apposé leur signature.

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Assouplissement

Après discussion avec la Santé publique, le gouvernement Legault a décidé d’autoriser les événements regroupant jusqu’à 250 personnes à compter du lundi 3 août prochain. Il en a fait l’annonce au moyen d’un communiqué de presse jeudi après-midi.

L’assouplissement des règles visant à freiner la propagation de la COVID-19 s’appliquera aux salles de spectacle, théâtres et cinémas, mais aussi aux complexes sportifs amateurs, aux salles d’audience, aux lieux de culte et aux salles louées — par de futurs mariés par exemple.

Les personnes devront s’asseoir à au moins 1,5 mètre les unes des autres, à moins de faire partie du même ménage, avant de retirer leur couvre-visage. Elles devront le remettre avant de se déplacer.

S’ils restent debout, les participants à un événement public devront maintenir, « dans la mesure du possible », une distance de 2 mètres entre eux.

« La collaboration de tous, notamment par l’application de la distanciation physique, le lavage des mains et le port du masque ou du couvre-visage lorsque cela est indiqué, est essentielle afin d’assurer le succès de cette nouvelle étape », a fait valoir le conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique Richard Massé.

Le président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, Luc Fortin, s’est réjoui de ce « grand pas en avant » accompli par l’État québécois « pour la musique vivante et les arts de la scène ». Il s’agit de la « première étape tant attendue d’une reprise graduelle des activités dans le monde du spectacle », a-t-il affirmé jeudi après-midi, avant de saluer la « collaboration » et l’« écoute » de la Santé publique et des ministères concernés.

L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) a accueilli avec autant d’enthousiasme l’accroissement du nombre maximal d’individus admis à un événement public — de 50 en juin à 250 en août. « Il ne fait pas de doute que l’industrie saura se saisir de cette nouvelle ouverture pour continuer de proposer au public une offre diversifiée », a fait valoir le président de l’ADISQ, Philippe Archambault.

Le feu vert donné aux rassemblements publics de 250 personnes ou moins redonne espoir à « bon nombre d’entreprises, notamment des secteurs de l’événementiel, des loisirs et des divertissements » qui peuvent désormais « espérer réaliser des ventes additionnelles », selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). « La FCEI est satisfaite de cette annonce, mais aussi du fait qu’elle soit réalisée suffisamment en avance pour que les propriétaires des salles de réception, des cinémas et des autres places où la rentabilité des affaires dépend des rassemblements importants, puissent se préparer », a indiqué l’analyste principal des politiques, Gopinath Jeyabalaratnam, tout en demandant au gouvernement de soutenir ses membres d’ici à ce qu’ils se « remett[ent] sur pied ».

Les festivals et les grands événements demeurent toutefois interdits jusqu’au 31 août « en raison des risques importants de contagion et de transmission du virus ».

Par ailleurs, le nombre maximal de participants à un rassemblement intérieur ou extérieur d’une résidence privée demeure de 10 personnes.

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1 commentaire
  • Maurice Collette - Abonné 24 juillet 2020 12 h 38

    maximum de 250 personnes

    Je m'interroge sur le nombre 250 personnes. est-ce que cela comprend les musiciens et artistes ainsi que les techniciens présentant le spectacle, ou est-cele nombre de spectateurs dans la salle?