Québec autorise un retour au bureau avec un taux d’occupation maximal de 25%

Le port du couvre-visage sera obligatoire dans tous les espaces communs des édifices à bureaux où il est impossible de respecter deux mètres de distance, par exemple dans les ascenseurs et les couloirs.
Photo: Getty Images Le port du couvre-visage sera obligatoire dans tous les espaces communs des édifices à bureaux où il est impossible de respecter deux mètres de distance, par exemple dans les ascenseurs et les couloirs.

L’annonce formelle était attendue depuis longtemps et elle a été bien accueillie dans le monde des affaires : les sociétés privées du secteur des services dont le personnel effectue du télétravail depuis le mois de mars pourront, dès le 18 juillet, ramener des travailleurs au bureau. À condition, toutefois, de respecter les consignes de base et un taux d’occupation maximal de 25 %, ont précisé mercredi le gouvernement Legault et la Santé publique.

Le taux maximal n’est « pas un objectif à atteindre », mais il pourrait être relevé de manière graduelle selon l’évolution de la pandémie dans les prochains mois, a précisé Québec. Pour l’heure, le télétravail continue d’être une mesure « fortement  encouragée » pour les activités qui s’y prêtent, a affirmé en conférence de presse le ministre du Travail, Jean Boulet.

« Pour les employés qui effectueraient un retour en présence, il est suggéré de privilégier ceux qui doivent offrir un service direct à la population ou à la clientèle et ceux qui ne disposent pas de conditions organisationnelles ou familiales favorables au télétravail », a poursuivi M. Boulet. Pour les employés qui se retrouveront sur les lieux de travail, le port du couvre-visage sera obligatoire dans tous les espaces communs où il est impossible de maintenir deux mètres de distance, par exemple dans les ascenseurs, les halls d’entrée et les couloirs.

Le ministre Boulet a fait l’annonce avec Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, et le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique de la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Pour encadrer le processus de déconfinement, 300 inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) seront à pied d’œuvre comme d’habitude pour faire des interventions téléphoniques et sur le terrain, a indiqué le ministre Boulet.

« La vitalité économique des centres-villes dépend des travailleurs, a dit la ministre Rouleau. À Montréal, c’est donc un pas dans la bonne direction pour un retour vers la normale. Mais comme pour l’ensemble des secteurs déconfinés jusqu’à maintenant, le facteur le plus important demeure la santé des Québécoises et des Québécois. » Mme Rouleau a dit qu’elle et le ministre du Travail seront en contact avec les sièges sociaux et les propriétaires immobiliers pour assurer que les choses se déroulent comme prévu.

Maîtriser l’information

Dans les cas d’infections au sein d’entreprises situées dans des tours de bureaux ou à l’intérieur de certains secteurs, a dit le Dr Massé, « il y aurait des enquêtes comme c’est fait normalement ». « Et on va demander la collaboration des gestionnaires des entreprises ou des tours en question, d’avoir accès à l’information nécessaire, pour qu’on soit capable d’intervenir rapidement et efficacement. » Il a dit plus tard que les autorités de la santé publique ne veulent pas imposer une façon de faire aux entreprises lors des enquêtes, mais que « c’est sûr qu’on a besoin de savoir qui a été présent, à quel moment, pour qu’on puisse [retrouver] les gens ».

Les organisations patronales et du monde des affaires ont réagi favorablement à l’annonce, qui constitue « un pas dans la bonne direction », selon le Conseil du patronat du Québec. Si certaines entreprises sont capables de respecter toutes les consignes, « est-ce que le pourcentage pourrait être différent ? » a toutefois demandé en entrevue téléphonique son président, Karl Blackburn, qui plaide pour « une certaine flexibilité ». « S’il est possible d’avoir une flexibilité pour les entreprises, ça ne serait que salutaire, mais toujours en préconisant le respect des règles pour la sécurité et la santé des travailleurs. Il n’est pas question de mettre à risque cet aspect-là. »

Le p.-d.g. de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a ajouté que, même si la réouverture des tours de bureaux est positive, « nous demeurons toutefois très préoccupés par la situation du centre-ville ». « Les gouvernements doivent tout mettre en œuvre pour que le centre-ville soit animé, sécuritaire, facilement accessible et attrayant. »

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