Une mise à jour qui soulève des questions

La mise à jour économique présentée par Québec vendredi a suscité des réactions allant de l’optimisme à la prudence.
Photo: Getty Images La mise à jour économique présentée par Québec vendredi a suscité des réactions allant de l’optimisme à la prudence.

La mise à jour économique présentée par Québec vendredi a suscité des réactions allant de l’optimisme à la prudence, certaines organisations saluant les marges de manœuvre toujours disponibles tandis que d’autres auraient apprécié plus de détails sur des appuis ciblés pour la relance.

Du côté syndical, on s’est interrogé sur le maintien du versement de 2,6 milliards au Fonds des générations en signalant que la somme aurait pu être consacrée au redémarrage et aux services publics.

La situation budgétaire dévoilée par le ministre des Finances — qui décrit une contraction économique de 6,5 % cette année, un déficit jamais vu de 14,9 milliards et un retour à l’équilibre sur cinq ans — ne fournit pas de perspectives sur l’après-mars 2021, a déploré de son côté l’équipe d’économistes du Mouvement Desjardins. « On se doute que l’amélioration des conditions économiques permettra une réduction du déficit budgétaire à partir de 2021, mais à quel point ? » a-t-elle écrit. Et puisque la réserve de stabilisation a été liquidée, la marge prévue par la Loi sur l’équilibre budgétaire sera plus étroite.

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec, qui œuvrent dans un secteur comptant pour 14 % de l’économie, auraient aimé voir de nouvelles mesures destinées spécifiquement à leurs membres. Le regroupement réclame notamment une aide directe pour la robotisation et davantage de crédit pour la recherche et le développement. De plus, « avec la prolongation annoncée de la Prestation canadienne d’urgence, de nouvelles mesures incitatives seront nécessaires pour favoriser le retour au travail », car le recrutement est laborieux.

« Limiter le risque »

Le gouvernement a bien fait de puiser dans la réserve de stabilisation et de mettre de côté 4 milliards pour une deuxième vague, ont souligné dans une déclaration commune la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD. S’il est bien que Québec prenne « le temps qu’il faut pour revenir à l’équilibre », le président de la FTQ, Daniel Boyer, a toutefois affirmé que « le gouvernement devra être au rendez-vous pour améliorer les conditions et les salaires des travailleurs du secteur public ».

Québec a récemment offert une augmentation de 5 % des salaires sur trois ans, de même que des mesures sectorielles et autres bonifications. Dans le document de vendredi, on mentionne qu’en raison des circonstances « exceptionnelles », « la capacité gouvernementale de maintenir cette proposition pourrait évoluer rapidement ».

La santé financière qui prévalait avant la pandémie aura eu pour effet de « limiter le risque de dérapage » des finances publiques pour la suite des choses, a fait valoir la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, selon laquelle le retour à l’équilibre sur cinq ans est un objectif « réaliste » qui se fera sans hausse d’impôt et de taxes. Ce dernier point a également été mentionné par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui représente les PME. Celles-ci auront encore besoin d’aide et devraient figurer au centre des priorités du plan économique, a-t-elle dit.

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