Pas de «confinement total» en cas de deuxième vague de COVID-19, dit Arruda

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, met de côté l’idée d’imposer un « confinement total » advenant une deuxième vague de la COVID-19 au Québec.

« De revenir à un confinement total, comme on l’a fait, ce n’est probablement pas quelque chose qui va se faire. […] On avait fermé des secteurs d’activité au Québec qui n’avaient jamais été fermés ailleurs. Donc, je pense que c’est sûr que ce qui va être le plus essentiel va demeurer probablement ouvert », a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi après-midi.

Si le nombre de personnes déclarées positives à la COVID-19 grimpe, la Santé publique pourrait toutefois rapidement couper court aux « rassemblements importants », en plus de mettre sur pause des « parties de “luxe” » de l’économie québécoise, a mentionné M. Arruda.

Le haut fonctionnaire a dit s’inquiéter des « effets pervers » du confinement, notamment sur la santé mentale des Québécois. Il n’écarte pas pour autant la possibilité de procéder à des « confinements localisés » afin de freiner la propagation du coronavirus.

 

En données



Au Québec, 53 485 personnes atteintes de la COVID 19 ont été recensées depuis le début de la pandémie. Parmi elles, 5105 patients ont succombé. Près de trois mois après l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire, 871 patients atteints du coronavirus sont toujours hospitalisés, dont 114 dans une unité de soins intensifs.

La priorité du réseau de la santé

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a érigé la préparation en vue de la deuxième vague de COVID-19 comme « la priorité du réseau » durant l’été.

D’ailleurs, une deuxième déferlante de personnes infectées à la COVID-19 pourrait être « encore plus compliquée » à gérer que la première puisqu’elle surviendrait durant la « saison des autres virus respiratoires et de l’influenza », a souligné le Dr Arruda, mardi. « De ne pas considérer qu’on aurait une deuxième vague serait dangereux », a-t-il dit.

Dans cet esprit, le gouvernement québécois s’est mis à la tâche d’identifier et de corriger les « fragilités » du réseau constatées depuis l’arrivée du nouveau coronavirus au Québec durant l’hiver. « On veut améliorer tous les processus, que ça soit dans la vigie, la surveillance, la déclaration des décès, s’assurer d’avoir les gens nécessaires pour faire les interventions. On a informatisé plusieurs des processus de gestion de cas, de contacts. On veut avoir du matériel pour faire du dépistage. On veut être en mesure de former les équipes en [prévention et le contrôle des infections nosocomiales] (PCI) dans les différents endroits », a résumé M. Arruda mardi.

À Montréal, où plus de 60 % des 5105 décès liés à la COVID-19 ont été recensés, la sous-ministre Dominique Savoie veillera à apporter les correctifs nécessaires afin d’améliorer la coordination des établissements de santé et de l’équipe de Santé publique en temps de crise sanitaire.

Port du masque dans les lieux achalandés

Le directeur national de santé publique a dit jeudi ne pas « exclure » la possibilité de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés ou fortement achalandés, comme l’autobus ou le métro. « On recommande très fortement le couvre-visage. […] Quant à le rendre obligatoire actuellement, je vais attendre les différentes autorités internationales, canadiennes et [québécoises], nos experts, qui regardent les pour et les contre », a-t-il affirmé, avant d’insister sur la nécessité de se laver les mains et de rester à distance de deux mètres d’une autre personne. « Sinon, si on recule, le Dr Arruda, il ne sera pas content, puis il va être obligé de refermer des choses qu’on a ouvertes. On ne veut pas », a poursuivi M. Arruda, parlant de lui-même à la troisième personne.

Depuis le début de la pandémie, 5105 individus ont succombé à la COVID-19 au Québec. La vaste majorité (91,7 %) était âgée de 70 ans et plus.

Près de trois mois après l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire, 871 individus atteints du coronavirus sont toujours hospitalisés, dont 114 dans une unité de soins intensifs.


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