Pas de traçage de la COVID-19 sans débat public, dit Québec solidaire

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois

La tentative de Québec solidaire d’obtenir un débat sur l’usage d’une application québécoise pour géolocaliser les cas de COVID-19 a échoué jeudi. Le deuxième groupe d’opposition a obtenu l’appui du Parti libéral du Québec et du Parti québécois, mais pas celui du gouvernement.

Québec solidaire demandait la tenue d’une commission parlementaire d’ici la fin des travaux parlementaire le 12 juin pour connaître l’ampleur des discussions entre le gouvernement Legault et l’Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA) qui a récemment dévoilé sa nouvelle application.

« Ce n’est pas un détail pour un gouvernement d’approuver une application qui permet de suivre et de tracer les gens, a affirmé le co-porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. C’est très, très loin d’être un détail. »

L’usage d’une telle application au Québec ne devrait pas se faire sans la supervision des parlementaires, selon lui. Il demandait que la commission des institutions tienne des audiences durant deux jours pour entendre des experts et émettre des recommandations.

MILA avait indiqué à La Presse canadienne la semaine dernière être en discussion avec le gouvernement canadien et plusieurs gouvernements provinciaux. Son application nommée COVI pourrait être installée sur les téléphones intelligents pour recueillir et colliger des renseignements sur les citoyens qui permettraient de calculer la probabilité pour une personne d’être infectée par le coronavirus.

« Il ne faudrait pas qu’une mesure temporaire devienne permanente et qu’une technologie qu’on approuve pour lutter contre la pandémie, finalement, perdure dans le temps, puis entrave les droits et libertés des citoyens et des citoyennes, a expliqué M. Nadeau-Dubois. Donc, il n’y en a pas de complot, mais il y a des enjeux éthiques très importants et ça ne peut pas seulement se discuter derrière des portes closes entre Yoshua Bengio et les ministères. »

Ce professeur de l’Université de Montréal dirige l’équipe de recherche qui a développé l’application.

D’autres détails suivront.

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