Roberge songe à des «camps de rattrapage» pour les élèves cet été

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, jongle avec l’idée de rappeler certains élèves sur les bancs d’école quelques semaines avant la rentrée afin qu’ils participent à des « camps de rattrapage ». Sa suggestion est reçue de manière diamétralement opposée par les deux plus grands syndicats d’enseignants du Québec.

La proposition, qui demanderait de devancer la rentrée scolaire de trois semaines pour les élèves et les enseignants volontaires, est mal reçue par le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette.

« Les profs considèrent qu’ils sont capables de faire le travail en fonction du calendrier actuel », a-t-il affirmé vendredi, lors d’un entretien avec Le Devoir. « Il n’est pas question de priver les élèves et leurs parents de leurs vacances. »

M. Mallette s’est dit d’accord avec la nécessité de faire une révision des apprentissages essentiels lors de la rentrée scolaire de l’automne, particulièrement pour les élèves du préscolaire, des deux premières années du primaire, des classes d’accueil et pour ceux qui entrent au secondaire.

C’est en plein ce que prône la FAE, a-t-il assuré.

Or, le leader syndical a dit croire que le rattrapage devait se faire dans les premières semaines du calendrier scolaire habituel et dans le respect des contrats de travail, de la Loi sur l’instruction publique, du Régime pédagogique et des directives de la Santé publique.

Pour lui, il n’est donc pas question que des enseignants retournent au travail plus tôt qu’ils ne le font habituellement.

Face à la résistance exprimée par certains, le cabinet Roberge explore diverses options, dont celle de faire appel à des étudiants au baccalauréat en éducation afin qu’ils donnent un coup de main aux élèves qui en ont besoin.

 

Joindre les élèves vulnérables

À la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), la présidente Josée Scalabrini s’est montrée plutôt favorable à la suggestion du ministre… à condition que celle-ci atteigne « les bonnes cibles et les bons élèves ».

Les suggestions du ministre Roberge pour une rentrée hâtive sont jusqu’ici axées sur le volontariat, et la cheffe syndicale craint que cette formule ne fonctionne au détriment des élèves les plus vulnérables.

« Moi, je dis [au ministre] : si votre objectif est encore d’aller chercher les élèves vulnérables et qu’on est dans le volontariat, est-ce qu’on n’est pas en train de creuser un plus grand écart ? », a-t-elle demandé.

Déjà, la rentrée scolaire volontaire hors du Grand Montréal semble marquer une tendance : davantage d’élèves des milieux favorisés sont retournés en classe, a révélé Le Devoir vendredi.

« [Pour] les élèves qui avaient plus de difficulté, pour lesquels c’était moins facile, l’écart s’est creusé » depuis le début de la pandémie, a souligné Mme Scalabrini. « C’est pour ça qu’on dit : l’an prochain, ça presse, le présentiel. Ça presse, le contact humain pour être capable d’accompagner ces élèves-là, pour voir dans leurs yeux ceux qui ont des difficultés, […] ceux qui ont besoin de plus d’aide. »

La présidente de la FSE ne s’inquiète pas de voir des enseignants reprendre le travail au cours de l’été, sur une base volontaire. « Les cours d’été, ça a toujours existé et des enseignants qui ont voulu donner des cours d’été, ça a toujours été. On n’a jamais empêché les cours d’été », a-t-elle rappelé.

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