Legault donne le feu vert aux camps de jour

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a donné sa bénédiction à l’ouverture de tous les camps de jour durant la période estivale.

Le premier ministre François Legault était ravi. « Les enfants ont besoin d’abord de se voir entre eux autres et aussi de bouger », a-t-il fait valoir en point de presse jeudi.

Le nombre de jeunes dans chacun des groupes sera toutefois restreint afin de limiter, le cas échéant, la propagation de la COVID-19 : un moniteur pour quatre bouts de chou de 3-4 ans, un moniteur pour cinq petits de 5-6 ans, un moniteur pour sept enfants de 7-8 ans et un moniteur pour 10 jeunes de 9 à 17 ans, par exemple. « On va avoir des groupes plus petits. Il va y avoir des consignes de distanciation », a-t-il expliqué.

M. Legault a pressé « tous les ados, les jeunes adultes ayant le goût de vivre une belle expérience », à poser leur candidature pour l’un des nombreux postes de moniteurs.

« On a un gros défi de recrutement de moniteurs et de monitrices », a-t-il souligné, tout en montrant du doigt la Prestation canadienne d’urgence (PCU). « [Avec la PCU], on est payé pour rester à la maison », a-t-il ajouté, sans cacher une pointe d’agacement.

 

En données



720 nouvelles personnes déclarées positives à la COVID-19 ont été recensées au Québec jeudi, portant le total à 45 495 personnes.

Le chef de gouvernement s’est dit disposé à aider financièrement les municipalités afin de pallier les dépenses supplémentaires liées à l’embauche de plus de moniteurs.

Toutefois, pour l’Association des camps du Québec (ACQ), l’annonce du gouvernement ne règle en rien la situation précaire dans laquelle se trouvent les gestionnaires de camps de jour. « M. Legault a dit qu’il aiderait les villes, mais les villes ne gèrent que 25 % des camps de jour », a fait valoir le directeur général de l’ACQ, Éric Beauchemin.

La majorité des camps de jour sont régis par des OBNL ou des entreprises privées qui devront assumer des coûts importants en raison des mesures d’hygiène et de distanciation à appliquer, dit-il.

L’ACQ réclame une aide financière d’urgence de 11 millions pour les camps de jour, faute de quoi 71 % d’entre eux ne seront pas en mesure d’offrir des activités cet été, selon un sondage mené auprès de ses membres. De ce nombre, un sur trois pourrait fermer ses portes de façon définitive. « Le 29 mai est la date butoir de décision pour nos camps de jour », affirme M. Beauchemin.

 

Diminution des hospitalisations

Pas moins de 1504 individus atteints de la COVID-19 étaient hospitalisés jeudi, dont 176 aux soins intensifs. Le nombre de patients atteints du nouveau coronavirus « diminue tranquillement », ce qui est « encourageant », a fait valoir le premier ministre.

« Si, malheureusement, les gens ne respectent pas le “deux mètres” et qu’il y a plus de gens contaminés, plus de gens qui utilisent nos services dans les hôpitaux, malheureusement on va être obligés d’arrêter le déconfinement », a averti M. Legault jeudi.

Le premier ministre a aussi sollicité l’indulgence des Québécois tout en les invitant à « essayer de travailler sur des solutions au lieu de travailler sur des problèmes ». « Il y a encore beaucoup d’ajustements à faire. Tout n’est pas parfait. J’en vois certains qui critiquent. Moi, je vous demande d’être indulgents. On vit une crise. »

Avec Jeanne Corriveau

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