Un détenu décède à la prison de Bordeaux

En tout, 77 détenus ont reçu un résultat positif, soit 8 de plus qu’il y a une semaine.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir En tout, 77 détenus ont reçu un résultat positif, soit 8 de plus qu’il y a une semaine.

Un homme de 72 ans incarcéré à la prison de Bordeaux est mort de la COVID-19 après avoir été infecté entre les murs de l’établissement. Il s’agit d’un premier décès dû au coronavirus à survenir dans une prison québécoise, a confirmé le ministère de la Sécurité publique mercredi.

Ce détenu âgé, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a succombé à la maladie à l’hôpital, dans la nuit de mardi à mercredi, où il recevait des soins depuis trois jours. « Le ministère de la Sécurité publique tient à adresser ses sincères condoléances à la famille et aux amis éprouvés », a fait savoir une porte-parole du ministère par courriel.

« C’est la première personne décédée de la COVID dans une prison provinciale et il se peut fort bien que ce ne soit pas la dernière », a déclaré la porte-parole de la Ligue des droits et libertés, Lucie Lemonde, dans un communiqué. « Cette mort aurait pu être évitée. » L’organisme réclame une plus grande réduction de la population carcérale en libérant les détenus plus vulnérables au coronavirus comme ceux qui sont âgés.

Le nombre de cas positifs n’a cessé d’augmenter depuis la fin du mois d’avril. Selon le dernier bilan publié mercredi, 93 détenus ont été infectés et 60 ont toujours des symptômes de la COVID-19. Le nombre de détenus ayant passé un test de dépistage a presque doublé au cours des sept derniers jours, passant de 223 à 407.

 

En conférence de presse, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a présenté ses condoléances à la famille du détenu. Elle a affirmé que les mesures prises pour limiter la contagion à l’Établissement de détention de Montréal (Bordeaux) sont efficaces. « Ces mesures-là fonctionnent, dans la mesure où il y a seulement environ 2 % de la population carcérale qui, en ce moment, est infectée », a-t-elle indiqué.

La ministre a autorisé des permissions de sortie à des fins médicales « pour essayer de limiter au maximum la propagation », lesquelles s’ajoutent aux autres mesures déjà prises, comme le confinement et le port d’équipement de protection personnelle par les agents correctionnels. Le nombre de détenus à Bordeaux est passé de 915 à 861 depuis.

Deux secteurs sont toujours en isolement pour limiter la propagation du coronavirus. Au cours des dernières semaines, les détenus des secteurs E et C de la prison ont été mis en confinement 24 heures sur 24, ce qui avait donné lieu à des débordements. Des détenus confinés ont allumé de petits feux en faisant brûler des magazines et des journaux, ou ont fait déborder leur toilette pour inonder leur cellule la semaine dernière. Depuis, ceux qui ont obtenu un résultat de test négatif à la COVID-19 ont pu être transférés dans un autre secteur non infecté.

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