Trop brouillon, Lévesque?

René Lévesque photographié le soir de la défaite du référendum sur le projet de souveraineté-association
Photo: La Presse canadienne René Lévesque photographié le soir de la défaite du référendum sur le projet de souveraineté-association

« Si j’ai bien compris, mes chers amis, si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire “à la prochaine fois”. » Au soir du 20 mai 1980, c’est ainsi que René Lévesque entrevoit, selon son usage fréquent du conditionnel, l’avenir immédiat suite au résultat référendaire. Il parle alors devant des milliers de sympathisants rassemblés au Centre Paul-Sauvé. Beaucoup sont en larmes.

Les sondages prédisaient la défaite depuis le début. René Lévesque soutiendra après coup qu’il avait néanmoins hâte de faire campagne, qu’il était bien dans sa peau, rapporte son biographe Pierre Godin. Ses amis immédiats ont tous conservé le sentiment qu’il savait parfaitement d’avance « que les carottes étaient cuites », affirme Godin. Alors pourquoi avait-il foncé néanmoins ?

« Lévesque apparaît presque soulagé après coup », soutient en entrevue au Devoir l’historien Jean-Charles Panneton, auteur de deux ouvrages récents consacrés à l’ancien ministre libéral devenu le chef du Parti québécois. « Au conseil des ministres, après la défaite, Lévesque refuse de faire un bilan, d’analyser la campagne. Je vois des qualités importantes chez Lévesque. C’est indéniable. Mais quand, comme historien, on regarde son action de près, il apparaît un peu brouillon. Le référendum, on dirait qu’il l’a fait pour s’en débarrasser. On sent qu’il voulait surtout gouverner, administrer le Québec au quotidien. »

Ce sont 59,56 % des citoyens qui rejettent la proposition portée par Lévesque. « Je dois vous dire que c’est dur, ça fait plus mal, ça fait mal plus profondément que n’importe quelle défaite électorale, et je sais de quoi je parle », affirme le premier ministre au soir du 20 mai.

En fait, « pour beaucoup de Québécois, la position défendue par René Lévesque ressemble plutôt à une formule bizarre de fédéralisme renouvelé, baptisée souveraineté-association », explique l’historien Panneton. « Les Québécois se disent que si, au bout du compte, c’est pour ne rien changer vraiment — comme l’affirmaient plusieurs ministres péquistes au cours de la campagne référendaire — aussi bien faire confiance au premier ministre canadien, qui est le mieux placé après tout » pour réformer le Canada, puisque c’est de cela qu’il semblait s’agir. Pierre Elliot Trudeau affirmait d’ailleurs que le Non était un Oui au changement. Mais lequel ?

Du bon usage des référendums

Lévesque avait demandé à son ministre Robert Burns, dans un effort global d’assainissement de la vie politique et démocratique, d’examiner partout à travers le monde ce qui se faisait en matière de consultation populaire. Le référendum, le nouveau gouvernement l’envisageait comme un outil démocratique moderne auquel une société devait avoir le droit de recourir.

« Les deux comités parapluies étaient inspirés de l’expérience britannique », analyse l’historien Jean-Charles Panneton. « La mécanique du référendum était très bonne, mais la loi était mal fignolée. Il était naïf de croire que le gouvernement fédéral allait s’y soumettre. La loi est démocratique, mais seulement si tout le monde joue le jeu ! Sinon, elle ne donne rien. » Et le premier ministre Trudeau n’était pas du tout intéressé par cette loi, constate l’historien. « Les fédéraux n’ont pas du tout hésité. Jean Chrétien disait carrément qu’il n’était pas tenu de respecter cette loi. »

Ce qui est étonnant est le manque de préparation pour gagner ce référendum. On n’a pas fait grand-chose pour gagner en matière d’énergie, de discours.

Dans son discours de défaite, au soir du 20 mai, René Lévesque fait part de sa déception à l’égard du non-respect des règles démocratiques régissant cet exercice référendaire, même s’il reconnaît les résultats consécutifs au cadre que le Québec s’est donné. « En attendant de voir ce qui s’ensuivra, cette victoire du Non, même si je dois le répéter, parce qu’on s’en souviendra de ce point de vue là, […] est peu reluisante sur le plan du contenu, comme sur celui des méthodes et en particulier, cette campagne scandaleusement immorale du fédéral lui-même ; cette campagne par laquelle on a piétiné, sans la moindre hésitation, toutes les règles du jeu que nous nous étions données entre Québécois, cette victoire du Non, malgré tout, il faut l’accepter », explique Lévesque dans son discours.

Le lendemain, en Abitibi, l’agriculteur Hauris Lalancette est interrogé devant la caméra de Pierre Perrault pour un plan de ce qui deviendra un film de Denys Arcand baptisé Le confort et l’indifférence. Personnage haut en couleur, Lalancette a déjà l’habitude de se confier sans filtre au documentariste Pierre Perrault. Il incarne, dans tous les films où il apparaît, une forme de sagesse populaire décomplexée. À sa façon, c’est-à-dire sans façon, il résume Lévesque : « Ça fait aussi mal que de reconnaître, cent ans plus tard, que Louis Riel avait raison. Parce qu’hier, des coups de Louis Riel, il y en a eu en masse. […] On calculait pas que le loup soit si vorace. »

Telle est la question

Plusieurs analystes jugent la question référendaire de 1980 tortueuse, alambiquée, certainement trop longue.

Louise Harel était alors vice-présidente du Parti québécois. « Est-ce que la longueur ou la complexité de la question elle-même fut pour quelque chose dans cette défaite? » se demandait-elle hier, quarante ans plus tard. « À la marge seulement. Remarquez qu’il n’y avait eu que monsieur Parizeau et moi pour voter contre sa formulation en comité restreint. »

Avant le début de la campagne, le camp du oui pointait le nez à seulement 30 % dans les sondages. La campagne rapide avait permis à tout le moins, expliquait Louise Harel, de faire un gain de 10 %. Trop peu. Trop tard.

Un manque de préparation ?

La question référendaire matérialise un programme politique en deux temps, selon les plans stratégiques déployés, à la fin de l’année 1979 seulement, au nom d’un étapisme que personnifie le ministre Claude Morin, bien que celui-ci soit loin d’être le seul à défendre cette avenue auprès de René Lévesque.

« Ce qui est étonnant est le manque de préparation pour gagner ce référendum », constate Jean-Charles Panneton à la suite de ses recherches. « On n’a pas fait grand-chose pour gagner en matière d’énergie, de discours. » Voulait-on vraiment parler de la question de fond ? On parlait en fait très peu depuis l’élection de 1976, constate-t-il. « On dira même à Jacques Parizeau de se tasser, d’en parler moins. On va commencer à en parler vraiment seulement en 1979. La volonté de préparer le terrain, d’expliquer le fond de l’affaire, est absente. Marcel Léger, qui est l’organisateur, dira après coup que Lévesque est allé à ce référendum comme s’il s’agissait d’une simple élection », sans avoir compris la nécessité de faire un important travail de fond préalable. « Or, Lévesque avait devant lui Trudeau, qui lui n’avait jamais arrêté de parler de questions de fond », selon ses perspectives.

Se le référendum avait été victorieux, des négociations avec le gouvernement fédéral se seraient enclenchées. Et le gouvernement québécois promettait de soumettre les résultats de celles-ci à la population à l’occasion d’un second référendum. De la poudre aux yeux, rétorquent les ténors du fédéralisme canadien.

Le camp du Non est en principe placé sous la gouverne de Claude Ryan, l’ancien directeur du Devoir, devenu chef du Parti libéral. Mais Ryan est vite laissé en plan par Trudeau, lequel va bientôt occuper tout l’espace. « Trudeau était en pleine verve. Il a été exceptionnel. Même Pierre Bourgault le reconnaissait. Et Lévesque, pendant ce temps, l’a sous-estimé », conclut l’historien Jean-Charles Panneton.


 
43 commentaires
  • Michel Martin - Abonné 20 mai 2020 01 h 26

    Correctif sur Le confort et l'indifférence

    La séquence avec Hauris Lalancette dans le film de Denys Arcand a été réalisée par Pierre Perrault. De l'aveu même de Denys Arcand, il lui était impossible de tourner tous les événements significatifs autour du référendum avec son équipe réduite.

    Puisque le film était produit par l'ONF, il a obtenu la collaboration des cinéastes de l'institution. Parmi ceux-ci, Pierre Perrault a accepté de collaborer au film. Il a cependant précisé à Arcand qu'il ne tournerait qu'après le 20 mai. Il savait que le référendum serait perdu.

    Le lendemain de la défaite, Perrault a donc tourné la séquence avec l'agriculteur Hauris Lalancette, personnage incontournable de son cycle de films sur l'Abitibi.

  • Marie Nobert - Abonnée 20 mai 2020 03 h 31

    «Trop brouillon, Lévesque?»

    Oui! Plus brouillon que lui, c'est presque impossible. Mais entre «brouillon» et «trublions»... Misère!

    JHS Baril

    • Claude Bariteau - Abonné 20 mai 2020 08 h 08

      Lévesque, brouillon, peu préparé ? Non. Conscient que son approche est en chute avec le retour de Trudeau et que la « souveraineté-association » bat de l'aiie ? Oui. Alors, pourquoi avoir procédé ? Parce qu'il en avait le mandat depuis 1976.

      M. Lévesque respectait ses mandats. Son opposant, plus imbu de faire l'histoire, promit un changement. Il fit d'un non un oui à ses vues sans les préciser, en s'appliquant à stopper le projet du Québec pour refaire le Canada comme le fit le Royaume-Uni en 1840 après avoir éradiqué le Parti patriote.

      M. Trudeau est entré en politiuqe pour contrer l'affirmation du Québec sous Pearson. Opposé au « Vive le Québec libre », il voulut revoir les pouvoirs du Canada et refonder la constitution du Canada devenu pays en 1931 en instituant un ordre d’ayants droits avec des provinces au service du Canada, deux langues officielles et les nations Autochtones pour seules nations dans un État post-national.

      Contrairement aux vues de M. Panneton, M. Lévesque a respecté son mandat même s’il savait que la « souveraineté-association »ne recueillait pas un appui majeur. Il a tenu parole et fit du référendum une démarche à peaufiner, d’où son insistance sur « la prochaine fois ».

      Avec les référendums de 1980 et de 1995, on sait que le Canada n'a pas respecté les règles du Québec. On sait aussi qu'un référendum en Écosse s’est tenu après entente entre les parlement écossais et du Royaume-Uni sur les suites, ce qui, à défaut d’une telle entente, rend risqué de tenir un référendum au Canada, mais justifie de tenir une élection plébiscitaire comme en 1962 sur la nationalisation de l’électricité.

      Le legs de M. Lévesque est là : respect des mandats et mise au point d’une démarche claire avec entente avec le Canada sans laquelle une élection plébiscitaire s’impose pour donner aux élus du Québec le mandat de créer l’État indépendant du Québec. M. Lévesque n'était pas brouillon, ni troublion, mais un démocrate.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 mai 2020 09 h 26

      Pourquoi la Souveraineté-Association et non l’Indépendance? Il en avait peur, comme il avait peur du RIN qui en avait répandu l’idée. On se demande si Lévesque ne s’est pas lancé dans l’arène pour la tuer dans l’oeuf…

    • Claude Bariteau - Abonné 20 mai 2020 12 h 37

      Il a écrit « Option Québec », a cherché à développer ses idées au sein du PLQ, l'a quitté, a créé le PQ en cherchant à conserver le cap sur ses idées de souveraineté, a tenu un référendum en sachant que ses idées seraient battues, a voulu sauver les meubles après 1982 et a parié sur le « beau risque », qui correspondait à ses vues, mais pas à celles de membres de son cabinet, qui ont démissionné.

      Après le référendum de 1980, M. Lévesque aurait du démissionner plutôt que de chercher à sauver les meubles. Profondément déçu de la façon de procéder de M. Trudeau, il a un temps épouser l'approche indépendantiste mise de l'avant par son parti et l'a rejeté parce qu'au pouvoir le PQ n'avait pas ce mandat et prit le « beau risque » plutôt que de déclencher une élection avec pour cible de rejeter la refonte du Canada sans l'aval du Québec.

      Il ne l'a pas fait. Désavoué par son parti, il le quitta non sans conseiller M. Bourassa pour qu'il corrige avec M. Mulroney le Canada du PM Trudeau. Ce fut sans effet.

      M. Lévesque avait une idée et a cherché à tirer avantage du mouvement indépendantiste pour la réaliser. Ce fut sans succès.

      Si on lit son cheminenement sous cet angle, il ressort qu'il n'a pas tué dans l'oeuf l'indépendance. Il a plutôt fait ressortir sa pertinence en révélant, par ses positions, l'impossible affirmation du Québec dans le Canada, ce qui fut aussi le cas aussi du Royaume-Uni, ce qui fait valoir aujourd'hui l'importance de relancer le mouvment pour créer l'État indépendant du Québec en misant sur ses futurs citoyens et ses futures citoyennes. Une telle approche suppose la création de cet État indépendant du Canada.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 mai 2020 13 h 11

      N’a-t-il pas traité DeGaule de vieux fou après qu’il eut lancé son « Vive le Québec Libre » à l’hôtel de Ville de Montréal?

    • Claude Bariteau - Abonné 20 mai 2020 17 h 30

      Ce sont là les propos de M. Bourgeault rapportés en 2017 par M. Montmarquette, propos diffusés en 2007 qui, selon M. Bourgeault serait ce qu'a dit M. Lévesque.

      Or M. Lévesque admirait le Général et vit en lui, comme Bourgeault, un homme d'envergure qui, par son « Vive le Québec libre » fit de la question du Québec une affaire à l'échelle internationale. C'est plutôt le maire de Montréal qui s'indigna des propos du Génral par crainte d'offusquer les Canadiens, à quoi De Gaulle répliqua : « on s'en fout ».

      Aussi j'imagine mal que M. Lévesque ait dit ce que rapporte M.Bourgeault sans référer à un texte ou à une déclaration publique, mais à ce qu'aurait dit M. Lévesque. À qui ? Il ne le dit pas.

      Voir le texte paru en 2017 à la suite duquel s'exprime M. Montmarquette : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/503485/le-general-de-gaulle-de-rene-levesque..

      Se rappeler aussi que M. Bourgeault rappelle les propos de Lévesque dans une entrevue après la mort de M. Lévesque pour le définir en épaisqui a mal reçu le « Vive le Québec libre » alors qu'il a reconnu en 1967 que le Général a mis le Québec sur la « map », ce qui l'a incité à revoir l'alignement d'Option Québec.

  • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 03 h 43

    On a tous gagné un meilleur Canada

    Le référendum rendait caduque les forces indépendantistes radicales du FLQ. Gain. Le référendum a motivé Trudeau, un québécois, à prendre les rennes et à renouveler le Canada. À rapatrier la constitution. Le Canada est devenu plus cohérent et acceptable. Il a relégué les orangistes à un niveau encore plus inférieur. Des gains sur tous les plans pour les francophones. Les orangistes doivent travailler dur pour reprendre du poil de la bête.
    Le référendum de Parizeau, c'était le chant du cygne de l'indépendance. Un tout ou rien. Un pari. Un chance que ce pari ait été perdu. Il faut travailler à une évolution favorable aux francophones, pas à une révolution. Les guerres ne font plaisir qu'aux psychopathes.

    • André Savard - Abonné 20 mai 2020 08 h 09

      Trudeau a escamoté les droits collectifs du Québec et disant que le français pouvait se satisfaire d'être une option individuelle, Faire d'une nation un collectif d'individus et lui dicter d'être une pièce de ladite mosaïque culturelle, voilà ce que monsieur Lamarche juge être la formule qui rend le Canada cohérent et accpetable.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 20 mai 2020 09 h 42

      En écrivant,M.Lamarche cette phrase :"Il a relégué les orangistes à un niveau encore plus inférieur.."vous admettez candidement qu'il a

      frappé fort sur les québécois au point qu'aucun gouv.du Québec a voulu signer ce rapatriment.Et je ne crois pas qu'il a réprimé les

      orangistes.Vous aimez P.E.T. et son Canada,c'est votre affaire et non la mienne.Que pensez-vous de que la Tchéquie te la Slovaquie?

      Ou encore des pays formés par l'éclatement de l'ex Yougoslavie ou de l'Écosse et la Catalogne ? Le français ici ?

    • Bernard Dupuis - Abonné 20 mai 2020 10 h 08

      S’il n’y avait pas eu le référendum, que serait-il arrivé? Le français existerait-il encore? Les francophones hors Québec se feraient-ils toujours botter le derrière? À long terme, le féminisme l’aurait-il emporté sur les « Yvettes »? En ce sens, le référendum ne fut pas que perdant.

      Vous devriez nous remercier de l’avoir tenu. Car, vous n'auriez même pas eu de rapatriement de la constitution sans l’accord des représentants du Québec et des peuples autochtones.

      Parlant de psychopathes, vous semblez tomber des nues avec votre pop psychologie.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 mai 2020 10 h 32

      "Le référendum a motivé Trudeau, un québécois, à prendre les rennes et à renouveler le Canada. À rapatrier la constitution. Le Canada est devenu plus cohérent et acceptable... Des gains sur tous les plans pour les francophones." - Serge Lamarche

      Un Canada plus cohérent et acceptable? Des gains pour les francophones? Vous êtes vraiment tombé sur la tête aujourd'hui.

      Décidément l'air de la Colombie-britannique est malsain pour les ex-Québécois. Il les fait halluciner.

    • Bernard Plante - Abonné 20 mai 2020 12 h 45

      "On a tous gagné un meilleur Canada."... Ou lorsque vivre à genoux est devenu normal.

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 15 h 37

      Le français y gagnerait plus s'il était vraiment un choix individuel. Il vient de s'ouvrir une école française l'an dernier ici, dans la Colombie-Britannique. Et bien, une grande proportion des locaux voudraient bien y inscrire leurs enfants mais voilà que leurs règlements l'interdisent. Pourquoi? Leurs parents et grands-parents ne sont pas allés à l'école française. Pourtant, un grand nombre sont descendants des français. Alors les voilà obligés de les envoyer à l'école d'immersion française, dirigée par la commission scolaire anglaise. Drôle d'incongruité.
      D'autre part, la commission scolaire française a réussi à contrarier des parents français et suisses au point qu'ils continuent d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise. (Ils sont scolarisés en français à la maison quand même.)
      Ce qui nous nuit le plus, ce ne sont plus les anglais, c'est nos propres défaitismes. On s'engueule pour des niaiseries. Les anglais n'ont qu'à rigoler en douce.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 mai 2020 20 h 06

      "Le français y gagnerait plus s'il était vraiment un choix individuel. Il vient de s'ouvrir une école française l'an dernier ici, dans la Colombie-Britannique... Une grande proportion des locaux voudraient bien y inscrire leurs enfants mais voilà que leurs règlements l'interdisent... Alors les voilà obligés de les envoyer à l'école d'immersion française, dirigée par la commission scolaire anglaise... D'autre part, la commission scolaire française a réussi à contrarier des parents français et suisses au point qu'ils continuent d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise. (Ils sont scolarisés en français à la maison quand même)." - Serge Lamarche

      Tout ce que vous dénoncez, Monsieur Lamarche, se produit dans le merveilleux Canada multiculturel que nous a légué le sieur Trudeau.

      Si des parents francophones en sont encore réduits à garder leurs enfants à la maison pour les scolariser en français, je me demande ce qui a changé au Canada depuis l'adoption de la Charte des Droits.

      Comme de par le passé et comme vous le dites si bien vous-même,, le français demeure encore et toujours un choix individuel. Un choix qui reste en porte-à-faux avec le vivre-ensemble britanno-colombien. Pour survivre et rayonner, il aurait fallu qu'il devienne l'objet d'un choix collectif, un choix de société. Manifestement, là où vous êtes, ce ne sera jamais le cas.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 mai 2020 20 h 37

      Pour vous la marche était trop haute ...?

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 23 h 30

      M. Morin, vous ne lisez pas bien. L'école française est ouverte aux français et l'école d'immersion est ouverte à tous. Ce sont des français de France quiont choisi d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise et de leur fournir en plus le curriculum français à la maison. Ils voulaient les deux, quoi.

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 23 h 32

      D'accord avec m. Dupuis, le référendum a été très utile. Il a obligé des changements.

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 23 h 35

      M. Morin c'est le mépris qui vous rend ignorant ? Vous êtes aussi insultant qu'un anglo. Depuis lors, l'Alberta a des écoles françaises à Calgary. Une des endroits les plus anti-français de la province. J'y ai vécu deux ans. Le préjugé anti-français en général est moindre.

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 23 h 36

      M.. Plante, vous devriez définir votre «vivre à genoux». Les anglais subissent aussi leurs propres gouvernements. Vous ne croyez tout de même pas que les lois anglaises sont parfaites? La criminalité anglaise est connue pour être supérieure à la française...

  • Raynald Rouette - Abonné 20 mai 2020 07 h 01

    Rien n’a changé, c’est toujours « Le confort et l’indifférence »


    Quarante ans après son documentaire sur le référendum, Denys Arcand affirme que la donne n'a pas changé

    Il a raison, les choses n'ont pas changé depuis sauf que; il apparaît plus que évident avec le temps que les deux camps du Oui et du Non ont été perdants dans cet exercice démocratique. Les turpitudes de P.É.Trudeau, avec le rapatriement de la constitution et la Charte canadienne de 1982, ont condamnés tous les Québécois sans exception à vivre depuis, dans la zizanie...

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 15 h 40

      Encore le coup de blâmer Trudeau. Du défaitisme pur. Trudeau est gagnant pour le français... et l'anglais. C'est nous au Canada et au Québec. Faut pas se leurrer.

  • Pierre Samuel - Abonné 20 mai 2020 07 h 27

    L'inéluctable destin du PQ.

    Avec le recul, que peut-on conclure des années de pouvoir du PQ sinon qu'ils n'ont jamais véritablement agi en fonction de réaliser leur objectif présumément ultime soit de réaliser l'indépendance ( camouflée péjorativement sous le terme de souveraineté-association ).

    Les plus radicaux ( Bourgault, Parizeau, Harel ...) furent prestement écartés au profit des vaseux aux beaux discours en dépit du fait que Lévesque lui-même fait partie du triumvirat avec Lesage et Parizeau des meilleurs premiers ministres que le Québec ait connu à ce jour.

    Depuis l'escroquerie de 1995, les " victoires morales " furent leur pain et beurre jusqu'à la catastophique râclée du présomptueux Lisée aux dernières élections. Ce qui fut jadis le plus remarquable parti de l'histoire du Québec ne peut qu'inexorablement, peu importe les circonstance poursuivre quoi qu'on en dise ou fasse, sa descente aux enfers aux côtés de l'Union Nationale de Maurice Duplessis !

    • Serge Lamarche - Abonné 20 mai 2020 15 h 42

      Le PQ avait pour but de prouver que les québécois pouvaient se gérer. Ça a marché pour un temps. Mais les politiciens finissent toujours par s'embourber alors il faut les changer.