Québec donnera un million de masques à Montréal

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault

LES FAITS SAILLANTS DU JOUR

  • 50 nouveaux décès, pour un total de 3401 ;
  • 696 nouveaux cas confirmés, pour un total de 41 420 ;
  • 1822 personnes hospitalisées (-13), dont 191 (+1) aux soins intensifs

Québec donnera un million de masques à la Ville de Montréal pour qu'elle les distribue dans le métro et ses autobus, ainsi que dans les quartiers les plus touchés par la COVID-19 (à Montréal-Nord et à Hochelaga-Maisonneuve, notamment). Le gouvernement versera également six millions de dollars aux sociétés de transport en commun de la grande région métropolitaine pour qu’elles en offrent à leur usager.
 

« On pense être capables dans les prochains jours de donner des masques gratuitement », a assuré le premier ministre François Legault lors de son point de presse quotidien. Pour la deuxième journée de suite, celui-ci s’exprimait depuis Montréal où il est de passage.

M. Legault a de nouveau recommandé « fortement » le port du masque dans les transports en commun et pour les résidents de quartiers « chauds » de Montréal et de Laval, où les taux d'infection sont élevés. Celui-ci jongle toujours avec l'idée de le rendre obligatoire dans les transports collectifs. « Je ne l’exclus pas, mais j’aimerais beaucoup mieux que les gens respectent les consignes », a-t-il fait valoir.

Main-d'oeuvre

Le premier ministre est revenu vendredi sur sa rencontre de la veille avec les directeurs régionaux de santé publique et les présidents-directeurs généraux des CIUSSS et des CISSS. Le « grand défi » pour affronter la crise sanitaire reste le manque de travailleurs, a-t-il dit, surtout de personnel qualifié dans les CHSLD.

Pour renverser la vapeur, « il faut que notre société valorise davantage ces personnes-là », a plaidé M. Legault, incitant les jeunes et les nouveaux chômeurs à envisager une carrière dans le réseau de la santé.

Le chef caquiste a aussi réitéré son souhait de bonifier rapidement les salaires des infirmières et des préposés aux bénéficiaires, à qui son gouvernement a octroyé des primes temporaires. «On espère avoir une entente avec les syndicats pour que ces primes deviennent permanentes», a indiqué M. Legault.

Les critères pour toucher ces montants forfaitaires sont toutefois jugés trop contraignantes par les principaux intéressés et les syndicats.

Par ailleurs, si le recrutement à travers le site « Je contribue » a ajouté des « bras » dans le réseau, ce nouveau personnel n’est pas nécessairement qualifié, a reconnu le premier ministre. Cela peut parfois poser problème sur le terrain, entre autres « quand vient le temps d’appliquer les procédures pour ne pas infecter les résidents », a-t-il illustré.

Vacances

L’arrêté ministériel adopté par Québec le 21 mars dernier permet aux gestionnaires du réseau de la santé d’annuler tous les congés de leur personnel, de modifier leurs horaires et de les déplacer selon les besoins. Des travailleurs de la santé se sont d’ailleurs mobilisés au cours des derniers jours pour faire entendre leur appel à l’aide.

Selon la ministre de la Santé, Danielle McCann, présente à la conférence, il n’est pas question d’interdire les vacances à long terme, mais seulement d’ici à ce qu’on ait traversé la crise. « Ce ne sera pas comme les étés passés, mais on espère et on pense être en mesure de donner un minimum de vacances. Et les instances syndicales sont au courant du plan qu’on est en train de faire », a-t-elle dit, sans plus de détails.

De son côté, François Legault a de nouveau indiqué qu’il n’écartait pas, dans le cadre de la « réforme » du réseau qu’il prépare, de nationaliser l’ensemble des CHSLD de la province. Dans les centres privés — comme celui d’Herron à Dorval où ce fut l’hécatombe — c’est « plus compliqué » de mener des inspections et d'exiger une reddition de comptes, a-t-il commenté.
 

« C’est important qu’il y ait un patron ou une patronne par établissement », a aussi déclaré M. Legault, qui a été supris d'apprendre que certains CHSLD n'ont pas de tête dirigeante. 

Il a aussi laissé savoir qu’un « grand travail de rénovation » allait être mené dans plusieurs de ces établissements, vétustes, d’ici à ce que les maisons des aînés — l’une de ses promesses phare de campagne — voient le jour.

Le chef caquiste a également concédé que des postes en prévention des infections avaient été supprimés ces dernières années, à cause de restrictions budgétaires. La crise sanitaire actuelle a mis en lumière leur importance, a-t-il jugé. « Ils doivent être remis en place. »

Des chiffres « encourageants »

Loin de crier victoire, M. Legault s’est tout de même félicité de la tendance du bilan des derniers jours. « On peut quand même voir des bonnes nouvelles », a-t-il avancé, soulignant que le nombre de décès liés à la COVID-19 était sous la barre des 700. « Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu ça », s'est réjoui le premier ministre.

En ce qui a trait à la cadence de dépistage, il y a désormais plus de 3000 tests menés quotidiennement à Montréal. Et dans les CHSLD de la province, qu’ils soient publics ou privés, tous les employés sont systématiquement testés, qu’ils présentent — ou non — des symptômes similaires à ceux du virus.

Des soldats infectés

Les Forces armées canadiennes confirment que cinq des leurs ont été infectés pendant leur déploiement pour venir en aide aux établissements de soins de longue durée où sévit la COVID-19.

Quatre de ces soldats étaient affectés à des CHSLD au Québec. Le cinquième travaillait en Ontario.

Dans un communiqué diffusé vendredi après-midi, les autorités militaires ont assuré que s'il devait y avoir transfert d'un établissement à un autre, les militaires se soumettraient d'abord à une vérification de leur état de santé et « toutes les mesures sanitaires personnelles seront appliquées à la lettre ».

On rappelle aussi que les militaires sont logés dans des hôtels avec des « systèmes indépendants d'alimentation, de transport et de buanderie ».

Les Forces armées promettent une mise à jour du nombre de cas chez les militaires aux deux semaines. Une mise à jour sera donc publiée le 29 mai prochain.

On compte en ce moment environ 1400 militaires dans 25 établissements au Québec et 275 militaires dans cinq établissements ontariens.

La Presse canadienne

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