Port du masque obligatoire: il n’y en a pas assez, répond François Legault

Le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

François Legault n’obligera pas le port du masque au Québec tant et aussi longtemps que la province n’en aura pas en nombre suffisant.

C’est ce que le premier ministre a déclaré en Chambre mercredi en réponse à une question du chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé.

Le PQ réclame l’obligation de porter le masque dans les lieux publics et les transports en commun à Montréal.

« Les masques qu’on a sont d’abord pour le personnel de la santé, a déclaré M. Legault. Si dans les prochains jours, et on y travaille fort, on a assez de masques pour être capable d’en donner à tous ceux qui utilisent le transport en commun, bien là on pourra avoir la discussion. »

« Malheureusement actuellement, même si on travaille très fort, il n’y a pas la disponibilité de millions de masques qu’on aurait besoin », a-t-il ajouté.

Le premier ministre participait, mercredi, à la toute première période des questions depuis le début de la pandémie il y a deux mois. La veille, il avait recommandé « fortement » à tous les Québécois de porter un masque, qu’ils pourraient confectionner eux-mêmes, avait-il dit, sans toutefois le rendre obligatoire.

Il avait notamment évoqué des enjeux légaux et soulevé des doutes quant à l’efficacité réelle et prouvée du masque pour expliquer sa décision. Avec l’obligation de porter un masque vient aussi l’obligation de le rendre accessible à tous, même aux plus démunis, a-t-on également fait valoir.

60 % des décès

Mercredi, les partis d’opposition ont commencé par saluer le travail de M. Legault, avant de soulever une panoplie de questions touchant le plan de déconfinement et la stratégie de dépistage du gouvernement.

Ils n’ont pas manqué de noter que le Québec, qui représente 23 % de la population canadienne, compte à présent 60 % des décès liés à la COVID-19.

Or, malgré cela, le Québec est le plus pressé à déconfiner, a exposé M. Bérubé, en ajoutant que le Québec ne pouvait être « fier » de son bilan et que le déconfinement dans ce contexte lui apparaissait « téméraire ».

M. Bérubé a demandé au gouvernement de considérer « sérieusement » confiner Montréal et imposer le port du masque. C’est seulement en réglant la crise à Montréal que les craintes en région seront amoindries, a-t-il dit.

Par ailleurs, il réclame d’Horacio Arruda qu’il travaille à être le « meilleur » et non le « plus populaire » directeur national de santé publique.

Sur l’indépendance du Dr Arruda, le chef péquiste a dit : « je la souhaite ». Il a invité l’expert de santé publique à exprimer publiquement ses réserves sur les actions du gouvernement, s’il en a, comme l’a déjà fait son vis-à-vis ontarien.

Pour sa part, le député libéral André Fortin a déclaré avoir l’impression que le gouvernement « y va comme il le sent ». « Sur quoi se base-t-il » pour déconfiner ?

Il a déploré l’absence de données publiques sur les CHSLD. Pourquoi le personnel de la santé se déplace-t-il encore d’un établissement à l’autre ? Quelle est la stratégie de dépistage, réellement ? a demandé M. Fortin.

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