La libération d’un détenu en raison de la COVID-19 rejetée

Bien qu’il reconnaisse que l’éclosion du coronavirus dans les prisons doit être considérée, le juge Cournoyer estime qu’elle constitue «rarement un facteur déterminant, à lui seul», lors d’une demande de remise en liberté.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Bien qu’il reconnaisse que l’éclosion du coronavirus dans les prisons doit être considérée, le juge Cournoyer estime qu’elle constitue «rarement un facteur déterminant, à lui seul», lors d’une demande de remise en liberté.

La pandémie ne peut pas être un facteur déterminant pour accorder une remise en liberté, selon le tribunal.

L’éclosion de la COVID-19 n’est pas une raison suffisante pour libérer un détenu de la prison de Bordeaux qui espérait pouvoir sortir de l’établissement carcéral en attendant son procès. Le juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure a rejeté la requête de Johnny Samuel Videz-Rauda vendredi en raison des antécédents judiciaires de l’accusé.

M. Videz-Rauda s’était adressé au tribunal pour obtenir une mise en liberté en invoquant la pandémie et les délais judiciaires depuis son arrestation en novembre 2018. Il est accusé diverses offenses criminelles dont trafic de drogue, voies de fait, possession d’armes et bris de condition. Celui-ci a fait valoir à la cour que les mesures déployées pour freiner la contagion à l’Établissement de détention de Montréal (Bordeaux) ont été tardives et insuffisantes et ont donc accru le risque qu’il contracte la maladie.

Bien qu’il reconnaisse que l’éclosion de coronavirus dans les prisons doit être considérée, le juge Cournoyer estime qu’elle constitue « rarement un facteur déterminant, à lui seul » lors d’une remise en liberté. « En effet, la pandémie actuelle ne saurait justifier la mise en liberté d’un prévenu si le tribunal est convaincu qu’il ne comparaîtra pas à son procès ou qu’il commettra d’autres infractions ou nuira à l’administration de la justice », a-t-il écrit. Le magistrat note également qu’il appartient « aux autorités correctionnelles et non aux tribunaux » de gérer les risques « bien réels » causés par la pandémie.

Le juge Cournoyer souligne que M. Videz-Rauda a déjà purgé plusieurs peines d’emprisonnement, allant de 27 à 12 mois, entre 2010 et 2015 et qu’il n’avait pas respecté les conditions de sa dernière libération. Il en arrive à la conclusion que « sa détention s’avère nécessaire pour assurer la sécurité du public ».

Le nombre de détenus atteints par la COVID-19 dans l’Établissement de détention de Montréal (Bordeaux) a continué d’augmenter au cours des derniers jours. Ils étaient 37, selon les chiffres dévoilés par la Santé publique vendredi. Sur les 915 personnes incarcérées ce jour-là, 108 ont été testées. Des 17 établissements de détention gérés par le gouvernement québécois, c’est le seul qui connaît une telle éclosion des infections au coronavirus et qui compte toujours des cas actifs dans la population carcérale.