Legault reporte d’une semaine l’ouverture des commerces dans la grande région de Montréal

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, et le premier ministre, François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, et le premier ministre, François Legault

Les faits saillants du jour

  • 758 nouvelles personnes déclarées positives, pour un total de 32 623 cas confirmés ;
  • 1772 personnes hospitalisées (+18), dont 218 aux soins intensifs (+ 0) ;
  • 75 nouveaux décès, pour un total de 2280 personnes.
  • François Legault précise que 72 des 75 nouveaux décès ont eu lieu dans des centres de soins de longue durée, où la situation demeure « difficile ».

Une réouverture tardive à Montréal

Le premier ministre, François Legault, a décidé de repousser l’ouverture des commerces d’une semaine dans la grande région de Montréal.

«La marge [de manoeuvre], pour nous, n'est pas assez grande» à Montréal, a-t-il déclaré lors de son point de presse quotidien. Le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux y « reste très serré » et puisque le déconfinement risque d’amener une recrudescence des cas, Québec a choisi de revoir son calendrier.

 

La reprise des activités des commerces de la Communauté métropolitaine de Montréal, prévue le 11 mai, a ainsi été reportée à la semaine du 18 mai.

Tandis que commence la reprise ailleurs au Québec, le chef du gouvernement a déclaré que la situation économique était préoccupante. « C’est pas beau, c’est pas beau », a-t-il dit. « C’est pas mal en ligne avec ce qu’on prévoyait. La situation économique est très difficile. »

Une majorité de décès en CHSLD

 

Au cours de son bilan quotidien, François Legault a déclaré que 72 des nouveaux décès enregistrés au Québec concernaient des personnes qui vivaient dans des centres de soins de longue durée.

Le premier ministre a donc fait un énième appel à l’aide afin que des Québécois prêtent main-forte dans les CHSLD, surtout dans la région de Montréal. Dans tout le réseau de la santé, 11 000 employés sont absents. C’est 500 de plus que jeudi dernier.

Le site Je contribue ! a jusqu’ici permis de recruter 8000 volontaires. « Mais il y a des gens fatigués et ça ferait du bien d’être capable d’en remplacer quelques-uns pour quelques semaines », a dit le premier ministre.

Des masques pour les enseignants

 

Québec a fait volte-face et entend désormais permettre aux enseignants de porter un masque en classe, tel que l’ont réclamé des syndicats. « Le ministère de l’Éducation pourra fournir le matériel », a déclaré le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

Le premier ministre a par ailleurs fait appel à l’indulgence des Québécois, en reconnaissant qu’une « gymnastique incroyable » sera nécessaire lors de la réouverture des écoles.

« On n’a pas un guide des opérations pour comment rouvrir les écoles en pandémie. C’est la première fois qu’on fait ça, donc on va essayer de le faire le mieux possible », a-t-il déclaré.

Quant aux parents qui choisiront de ne pas envoyer leurs enfants à l’école ou à la garderie, ils n’ont pas « à être gênés », a assuré François Legault, en disant comprendre « l’anxiété » de certains d’entre eux.

Le premier ministre s’est cependant montré instransigeant face aux demandes des commissions scolaires anglophones, qui contestent le plan de réouverture des écoles. « C’est aux parents de décider s’ils envoient leurs enfants à l’école. Pas aux commissions scolaires, aux parents », a-t-il indiqué en anglais. « Ils ne peuvent pas décider que les écoles n’ouvriront pas pour les anglophones », a-t-il insisté.

De la liberté «dosée»

François Legault a tenté de calmer les inquiétudes des citoyens et des élus de certaines régions, qui craignent que les premières étapes du déconfinement créent une vague de cas dans des endroits jusqu’ici épargnés par la COVID-19.

Le déconfinement, « ça ne veut pas dire que tout le monde peut commencer à partir et s'en aller ailleurs », a-t-il rappelé. « Je sais qu'il va y avoir un grand appétit pour les chalets et on va [surveiller] les choses », a-t-il ajouté.

« S'il y a des problématiques qui sont rapportées, à ce moment-là, on pourra réévaluer avec la Sécurtié publique », a-t-il attesté.

À ceux qui profitent du « vent de liberté » qu’entraînent les premières réouvertures, il a suggéré de «doser» leur enthousiasme. Il a cependant dit croire que «la majorité des personnes» respectent les consignes... même dans les parcs montréalais.

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