Les finissants en soins infirmiers n'auront pas un «accès direct» à la profession

L'OIIQ dit cependant être tout à fait à l’aise d’accorder des attestations d’exercice à titre de candidate ou candidat à l’exercice de la profession d’infirmière à des non-diplômés.
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L'OIIQ dit cependant être tout à fait à l’aise d’accorder des attestations d’exercice à titre de candidate ou candidat à l’exercice de la profession d’infirmière à des non-diplômés.

Les finissants en soins infirmiers qui s’enrôlent comme préposés aux bénéficiaires dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) n’obtiendront pas un « accès direct » à la profession comme le promettait le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Ils gagneront plutôt le titre de candidate ou candidat à l’exercice de la profession d’infirmière (AECEPI), ont convenu des représentants de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), du ministère de la Santé et des Services sociaux, du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et de l’Office des professions du Québec lors d’une rencontre téléphonique mardi après-midi.

« On est satisfaits de cette décision-là. Ça dissipe tout malentendu qu’il pouvait y avoir », a déclaré le président de l’OIIQ, Luc Mathieu, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « On est bien contents de cela », a-t-il ajouté.

L’OIIQ s’était montré réticent à délivrer des permis d’exercice de la profession d’infirmière à des étudiants en soins infirmiers. « C’est un peu inquiétant de donner un permis de pratique plein et entier à des étudiants qui non seulement n’ont pas terminé leur formation, mais n’ont pas passé l’examen du droit de pratique », avait affirmé M. Mathieu lundi.

Le numéro un de l’OIIQ dit cependant être tout à fait à l’aise d’accorder des attestations d’exercice à titre de candidate ou candidat à l’exercice de la profession d’infirmière (AECEPI) à des non-diplômés.

Les candidats à l’exercice de la profession d’infirmière peuvent exercer les mêmes activités professionnelles que les infirmières, sauf notamment celles exercées auprès d’un patient dont l’état de santé est dans une phase critique ou qui requiert des ajustements fréquents. Ils ne peuvent non plus entreprendre des mesures diagnostiques et thérapeutiques, selon une ordonnance ou encore décider de l’utilisation de mesures de contention ou encore d’isolement, prévoit le Règlement sur les activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes autres que des infirmières et des infirmiers.

Des finissants en soins infirmiers se plaignent d’être « retenus » de prêter main-forte dans des CHSLD bouleversés par la COVID-19 par des cours en ligne, tandis que d’autres ont appris qu’ils obtiendront leur diplôme d’études collégiales (DEC) de façon accélérée. C’est le cas, notamment, des étudiants en soins infirmiers du collège de Maisonneuve. « [L]es professeurs du Département de soins infirmiers et la direction du Collège se sont mis d’accord pour accélérer votre graduation et vous permettre de contribuer à l’effort de santé publique en période de pandémie. […] Vous pourrez donc vous prévaloir pleinement de la mesure d’accès direct à la profession mise en place pour contrer la COVID-19. Vos noms ont déjà été transmis à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, ce qui devrait faciliter votre insertion dans les milieux de santé », a écrit le directeur des études au collège de Maisonneuve, Guy Gibeau.

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