La suspension des travaux de l’Assemblée nationale prolongée jusqu'au 5 mai

Des commissions parlementaires virtuelles auront tout de même lieu du 24 avril au 1er mai, ce qui permettra aux partis d’opposition de questionner plusieurs ministres sur la réponse du gouvernement à la pandémie causée par le coronavirus, qu’elle soit sanitaire ou économique.
Photo: Jarvis Baker Getty Images Des commissions parlementaires virtuelles auront tout de même lieu du 24 avril au 1er mai, ce qui permettra aux partis d’opposition de questionner plusieurs ministres sur la réponse du gouvernement à la pandémie causée par le coronavirus, qu’elle soit sanitaire ou économique.

Les députés ne retourneront pas à l’Assemblée nationale avant le 5 mai. Les travaux devaient reprendre mardi le 21 avril, mais leur ajournement a été prolongé vendredi après une entente entre les leaders parlementaires des quatre partis politiques.

« Cette entente permet au gouvernement de demeurer mobilisé et de concentrer ses efforts pour gérer la crise de santé publique et assurer la sécurité des Québécois », a indiqué le ministre Simon Jolin-Barrette, également leader parlementaire du gouvernement.

Des commissions parlementaires virtuelles auront tout de même lieu du 24 avril au 1er mai, ce qui permettra aux partis d’opposition de questionner plusieurs ministres sur la réponse du gouvernement à la pandémie causée par le coronavirus, qu’elle soit sanitaire ou économique. Une séance de deux heures est prévue pour la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, soit deux fois plus de temps que pour le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet et la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest. L’horaire de ces audiences n’a pas encore été dévoilé, mais le grand public y aura accès en ligne. Les députés utiliseront de nouveaux outils technologiques dont ils disposaient déjà avant la pandémie pour pouvoir tenir des visioconférences.

« Nous commençons à déconfiner notre démocratie et c’est une excellente nouvelle pour tout le monde », a déclaré le leader parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, par communiqué. Il a souligné sur les réseaux que les partis devaient trouver une façon d’entamer les grands débats de société qui s’amorcent « tout en respectant les directives de la santé publique ».

« Comment mieux protéger nos aînés ? Comment mettre fin aux scandaleuses inégalités au sein même de notre réseau de la santé ? Sur quelles bases relancer l’économie ? Comment réagir face aux déficits publics s’annoncent ? Qui doit payer la facture de cette crise », a-t-il donné en exemple.

Obtenir des réponses

Le Parti québécois a proposé que les thèmes soient donnés à l’avance aux ministres pour qu’ils puissent fournir toutes les réponses. « On ne sera pas là pour “squeezer” les ministres pour avoir la réponse qu’ils ne seront pas capables de nous donner à une question », a affirmé le leader parlementaire péquiste, Martin Ouellet, en entrevue. […] Par exemple, les ministres pourront répondre à des questions sur l’aide aux petites et moyennes entreprises, le coût des logements, la sortie de crise prévue pour les commerces et la coordination du déconfinement par le gouvernement. « Présentement, le gouvernement annonce des intentions, recule, ce n’est pas clair et ça crée beaucoup plus d’insécurité auprès de la population », a-t-il constaté en faisant référence au ballon d’essai lancé par le premier ministre François Legault la semaine dernière sur la réouverture des écoles. Ce dernier avait affirmé qu’elles pourraient rouvrir avant le 4 mai, ce qui avait causé une vague d’inquiétude dans le milieu de l’éducation.

Le leader parlementaire libéral, Marc Tanguay a défendu ce travail parlementaire virtuel sur Twitter. « Que les députés d’opposition à l’Assemblée nationale posent des questions et proposent des pistes de solutions, ce n’est pas un caprice, a-t-il écrit. C’est l’essence même de notre démocratie. Nous pouvons au QC concilier état d’urgence ET transparence. »

Les travaux de l’Assemblée nationale avaient été suspendus le 17 mars, soit une semaine après le dépôt du budget du ministre des Finances, Éric Girard. Un nombre minimal de députés, 43 sur les 125, avaient alors adopté son budget et des crédits supplémentaires de 2,6 milliards qui devaient servir à payer les garderies et les salaires des employés de la santé. De cette enveloppe, 500 millions avaient été réservés spécifiquement pour la lutte contre la COVID-19. Une mise à jour économique pour faire le point sur la situation des finances publiques n’est pas prévue avant le mois de juin.

Des projets de loi que la ministre McCann jugeait « utiles lors de la pandémie » avaient également été adoptés en vitesse, soit le projet de loi 31 pour élargir les actes que les pharmaciens peuvent poser et le projet de loi 43 qui donne certains pouvoirs aux infirmières praticiennes. En vertu de ces nouveaux pouvoirs, les pharmaciens peuvent prescrire, ajuster et prolonger des ordonnances de même que prescrire et administrer vaccins. Les infirmières praticiennes peuvent poser des actes qui étaient réservés aux médecins comme diagnostiquer les maladies courantes, déterminer des traitements médicaux et d’effectuer le suivi de certaines grossesses.