Épiceries et pharmacies autorisées à appeler des employés en renfort en tout temps

Durant l’état d’urgence sanitaire, les épiciers pourront prévoir à l’horaire le nombre d’employés qu’ils jugent nécessaires en semaine, avant 8 h et après 21 h.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Durant l’état d’urgence sanitaire, les épiciers pourront prévoir à l’horaire le nombre d’employés qu’ils jugent nécessaires en semaine, avant 8 h et après 21 h.

Le gouvernement québécois autorise les épiceries et les pharmacies à appeler en renfort autant d’employés que nécessaire à toute heure du jour et de la nuit, à l’exception du dimanche.

Il suspend l’application d’une disposition de la Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux qui empêche la présence de « plus de quatre personnes » dans un établissement « en dehors des périodes légales d’admission », a constaté Le Devoir à la lecture d’un arrêté signé par la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Durant l’état d’urgence sanitaire, les épiciers pourront ainsi prévoir à l’horaire le nombre d’employés qu’ils jugent nécessaires en semaine, avant 8 h et après 21 h.

Les Travailleurs et Travailleuses unis de l’alimentation et du commerce-Québec (TUAC) accueillent la décision de l’équipe de François Legault avec prudence. « En temps normal, c’est sûr qu’on s’opposerait à de telles mesures », dit d’emblée la responsable des communications au bureau québécois des TUAC, Roxane Larouche. Puis, elle ajoute : « Mais, c’est une situation exceptionnelle qui requiert des mesures exceptionnelles. »

Le syndicat, qui représente 36 000 travailleurs du secteur de l’alimentation au Québec, demeurera « attentif » aux « problématiques » pouvant découler de la décision gouvernementale, promet-elle.

Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) salue la décision de la ministre de la Santé et des Services sociaux, qui permettra de « répartir la clientèle tout au long de la journée ».

En matinée et en soirée, les files d’attente seront moins longues puisque les commis seront plus nombreux à l’intérieur du magasin, sans oublier ceux qui sont postés à l’entrée qui rappellent aux clients les consignes de distanciation sociale en laissant tomber une goutte de désinfectant dans la paume de leur main ou en leur pointant un évier.

« Dans une période de crise, on a besoin d’un maximum de souplesse pour servir la clientèle », fait valoir le directeur des relations gouvernementales au CCCD, Jean-François Belleau.

L’entourage du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, souligne que les épiceries sont confrontées à « une demande accrue depuis que les salles à manger des restaurants ont fermé ». « En libéralisant les heures d’ouverture, et en enlevant la contrainte du maximum de quatre employés pour les épiceries, on leur donne la possibilité de mieux gérer l’affluence de leur clientèle, mais également l’approvisionnement — réception des marchandises, gestion d’entrepôt, placement des denrées sur tablettes, dans les frigos et les congélateurs, préparation des commandes destinées à la livraison, nettoyage surfaces planchers, etc. », fait valoir le directeur des communications Mathieu St-Amand dans un échange avec Le Devoir.

Du repos ?

Lundi, le premier ministre, François Legault, soutenait que la fermeture des établissements commerciaux de vente au détail les dimanches 5, 12, 19 et 26 avril, à l’exception des pharmacies, des dépanneurs, des stations-services et des cuisines des restaurants visait à permettre aux employés de « se reposer ». « On veut que les employés prennent du repos. […] Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui a travaillé sept jours sur sept. Ils commencent à être fatigués », avait-il déclaré en conférence de presse.

Plusieurs commis continueront de travailler les dimanches dans le supermarché près de chez vous, fait remarquer la porte-parole des TUAC. « Des bannières vont en profiter pour remplir les tablettes et nettoyer de fond en comble leurs magasins [en l’absence de clients]. Faire cela à travers la clientèle, ce n’est pas aussi simple », explique Mme Larouche. « Pour eux, c’est un répit. Ce n’est pas un repos », ajoute-t-elle.

Vus d’un autre œil

Par ailleurs, la perception de la population à l’égard des caissières et des commis a grandement évolué depuis le début de la pandémie de la COVID-19, se réjouit Mme Larouche. « Ils occupaient des emplois dévalorisés [aux yeux de certaines personnes]. Ils sont devenus des travailleurs essentiels par la force des choses. Aujourd’hui, on est bien contents de les avoir. Ils ont une valeur », conclut-elle.