Les Montréalais pourraient se voir imposer des mesures plus strictes

Le directeur national de santé publique Horacio Arruda, réfléchit à la possibilité d’imposer des mesures de restriction de circulation dans la région montréalaise, devenue « un point chaud » de propagation de la COVID-19.

Le gouvernement québécois recensait jeudi 1629 cas de personnes atteintes de la COVID-19, dont 782 sur l’île de Montréal (48 %).

« La région montréalaise correspond vraiment à un hotspot. […] Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de cas. D’ailleurs, il va falloir qu’on active certaines choses », a déclaré le Dr Arruda, jeudi après-midi, évoquant des « mesures en lien avec le transport en commun, avec certains quartiers ». « On va voir ce qu’on peut faire », a-t-il ajouté.

Le Québec constitue la province canadienne qui a répertorié le plus grand nombre d’individus déclarés positifs.

Cela s’explique par le fait que « le Québec est un des endroits au monde où on a fait le plus de tests, toutes proportions gardées », a fait valoir le premier ministre François Legault. « On a fait 36 000 tests. Il y en a 31 800 qui ont été négatifs, 1600 positifs, puis il en reste 2600 [dont] les résultats [sont attendus] », a-t-il poursuivi.

Professionnels de la santé atteints

Le nombre de cas confirmés de professionnels de la santé atteints du coronavirus a bondi cette semaine, passant de 4 à 46 en deux jours. Parmi eux, une dizaine de membres de l’équipe du Directeur régional de santé publique de l’Estrie.

« Ça ne veut pas dire que les travailleurs de la santé l’ont acquis en milieu de travail, ils auraient pu l’acquérir [lors] d’un voyage ailleurs », s’est empressé de dire le Dr Arruda.

Jeudi, les autorités ne disposaient d’aucune information attestant d’une infection d’un professionnel de la santé en milieu hospitalier, a-t-il précisé.

M. Legault et M. Arruda se sont affairés à dissiper l’impression voulant que des professionnels de la santé courent le risque de contracter la COVID-19 en raison d’un manque d’équipements de protection.

Il y a suffisamment de masques pour les acteurs du réseau à condition que ceux-ci suivent les « prescriptions » sur le port du matériel de protection, a soutenu le Dr Arruda.

« Si, par exemple, un travailleur social rencontre quelqu’un, puis qu’il est à deux mètres de la personne, il peut faire son intervention. Il n’a pas besoin de masque », a-t-il expliqué avant de rappeler les règles « les plus importantes » : celle sur la distanciation physique et celle sur le lavage de mains.

De son côté, M. Legault a demandé aux membres du réseau de porter un masque de protection seulement lorsque la situation le commande, à défaut de quoi le Québec n’est pas à l’abri d’une pénurie.

« Il y a certains endroits où on a utilisé des masques où ce n’était pas nécessaire », a-t-il indiqué.

« Je comprends qu’il y a du personnel qui peut être inquiet puis qui en fait plus que moins, sauf que — comme tout pays dans le monde — il y a un inventaire qui est limité de masques, et on doit s’assurer de ne pas les surutiliser parce que si on les surutilise, à un moment donné, il y a effectivement un plus grand risque qu’on va en manquer », a-t-il souligné.