Le PLQ suspend sa course, le PQ la reporte

<p>Alexandre Cusson jugeait «irresponsable» de poursuivre la course à la direction du Parti libéral du Québec en raison de la crise de COVID-19. </p>
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir

Alexandre Cusson jugeait «irresponsable» de poursuivre la course à la direction du Parti libéral du Québec en raison de la crise de COVID-19. 

Contrairement au Parti libéral du Québec (PLQ) qui a suspendu sa course à la direction jusqu’à nouvel ordre, le Parti québécois (PQ) a choisi de reporter la sienne de quelques mois en raison de la pandémie de coronavirus. Ainsi, le choix du successeur de Jean-François Lisée qui devait avoir lieu le 19 juin est remis au 28 août.

La décision a été prise vendredi soir après une discussion téléphonique d’environ deux heures entre des neuf membres de l’exécutif national, des 9 membres du comité national des jeunes et des 18 présidents de région.

Ils ont également choisi de prolonger la période de mise en candidature qui devait se terminer le 9 avril jusqu’au 30 avril pour permettre aux six candidats de recueillir les 2000 signatures requises de membres du parti, particulièrement pour ceux qui ont fait connaître leurs intentions tardivement. La présidente d’élection, Agnès Maltais, leur avait demandé mercredi d’annuler les opérations de porte-à-porte et plusieurs rassemblements locaux sur lesquels ils comptaient pour aller à la rencontre des militants ont également été annulés. Le PQ avait déjà décidé de faire preuve de flexibilité en acceptant les signatures électroniques sur les bulletins de candidature.

Le calendrier de la course est donc décalé. Les débats auront lieu entre le 1er mai et le 20 août, mais leur nouvelle date n’a pas été déterminée. Ils pourraient avoir lieu à huis clos ou devant public si la pandémie se résorbe d’ici là. La nouvelle date limite pour devenir membre du parti ou sympathisant est fixée au 1er août. Le scrutin par téléphone ou Internet est désormais prévu du 24 au 28 août. Le chef parlementaire, Pascal Bérubé, continuera d’assurer l’intérim jusqu’à l’élection.

Ce nouveau calendrier pourrait à nouveau être modifié au besoin. « Nous sommes sensibles à ce que vit la population dans le contexte actuel, a indiqué Mme Maltais par communiqué. Pour le bien, la santé et la sécurité de toutes et de tous, nous devions faire du respect des directives de la Santé publique une priorité. Bien sûr, nous resterons attentifs aux développements de la pandémie et agirons en conséquence. »

Des six candidats, seul l’historien Fédéric Bastien demandait le report de l’élection du nouveau chef péquiste à l’automne. Les cinq autres — Gloriane Blais, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel, Paul St-Pierre Plamondon et Laurent Vézina — s’en remettaient aux instances du parti pour décider de la suite des choses.

Course libérale suspendue

Plus tôt dans la journée, le Parti libéral du Québec (PLQ) a annoncé la suspension de sa course à la direction jusqu’à nouvel ordre, en raison de la pandémie de coronavirus. La formation politique a annoncé cette décision vendredi après en être arrivée à un accord avec les deux candidats : Dominique Anglade et Alexandre Cusson.

« Depuis une semaine, le Conseil exécutif du PLQ suit l’évolution de la situation de jour en jour, a écrit la présidente du PLQ, Linda Caron, dans un communiqué. Il s’est réuni à nouveau aujourd’hui pour discuter de la course à la chefferie dans ce contexte exceptionnel, il a été décidé de suspendre la course jusqu’à nouvel ordre et de fixer un nouveau calendrier dans les meilleurs délais après la sortie de crise. Notre priorité est d’être solidaires avec toute la population du Québec. »

Les deux candidats ont salué la décision de l’exécutif libéral. Ils avaient pourtant émis des opinions divergentes la veille sur l’avenir de la course. M. Cusson jugeait « irresponsable » de poursuivre la course à la direction. Il aurait été, selon lui, « tout à fait contre-productif, si la crise devait s’allonger au-delà du 31 mai », de changer de chef de l’opposition officielle. Mme Anglade désirait plutôt que la course se poursuive selon le calendrier déjà prévu. « Le Parti libéral a toujours su s’adapter à son époque depuis notre fondation, il y a plus de 150 ans. Aujourd’hui, encore, avec une course, un scrutin et un congrès à la chefferie virtuels, nous démontrons notre capacité d’adaptation et d’innovation », pouvait-on lire dans son communiqué.

Le PLQ avait annoncé la semaine dernière qu’il annulait son congrès à la direction les 30 et 31 mai, mais pas le vote des membres déjà prévu par téléphone et Internet. Il avait modifié le format des cinq débats pour qu’ils aient lieu à huis clos et soient diffusés en ligne.