Le Québec uni derrière le gouvernement Legault

François Legault semble avoir réussi à réunir le Québec derrière lui dans la bataille contre la COVID-19.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault semble avoir réussi à réunir le Québec derrière lui dans la bataille contre la COVID-19.

Peu importe le genre, l’âge, la région, la langue parlée, les affiliations politiques : c’est tout le Québec qui soutient aujourd’hui le gouvernement Legault dans sa gestion de la crise du coronavirus, révèle un sondage Léger-Le Devoir. Une confiance collective qui pourrait faciliter le respect des consignes draconiennes mises en place depuis jeudi.

Ils sont ainsi 85 % à se dire satisfaits du travail du gouvernement depuis le début de la crise, indique le sondage mené en ligne entre vendredi et lundi auprès de 1006 Québécois.

Un score rarissime qui englobe l’ensemble de l’action gouvernementale — le ton et le contenu des points de presse quotidiens du premier ministre Legault,de la ministre de la Santé (Danielle McCann) et du directeur national de la santé publique (Horacio Arruda), de même que l’éventail des mesures adoptées par Québec.

Un tel taux d’approbation se voit parfois sur des questions spécifiques, note Christian Bourque, vice-président de Léger. « Mais sur une question de leadership politique, il faut probablement remonter à la crise du verglas » de 1998, guidée par le gouvernement Bouchard.

« On a une grosse bataille devant nous, a souligné François Legault dans son point de presse mardi. Puis, on est capable, si on se met tous ensemble, de la gagner. » C’est un peu ce qu’il semble avoir réussi jusqu’ici : réunir les troupes derrière lui.

 
85 %
C’est la proportion de répondants qui se déclarent satisfaits du travail du gouvernement Legault depuis le début de la crise.

Les données du coup de sonde indiquent par exemple que le niveau de satisfaction est essentiellement le même chez les femmes et les hommes ; qu’il excède 75 % dans toutes les tranches d’âge (il est à 93 % chez les 55 ans et +) ; qu’il se mesure également à Montréal, Québec ou dans les régions ; qu’il est aussi très fort chez les non-francophones (73 %) ; qu’il ne connaît pas de frontières partisanes (les sympathisants solidaires et libéraux sont un peu moins convaincus, mais à peine).

« On sent que les Québécois sont vraiment au-dessus du cadre habituel dans lequel on évalue les politiciens, dit Christian Bourque. C’est quelque chose de plutôt extraordinaire. »

Et pour lui, ce « quelque chose » sera précieux dans les semaines à venir. En ayant confiance dans l’action de ses dirigeants, les Québécois « auront davantage tendance à se conformer » aux directives que si celles-ci émanaient d’un gouvernement contesté, note-t-il en faisant allusion à la situation qui prévaut aux États-Unis. En somme : le messager n’a pas à se battre pour convaincre de la pertinence de son message.

Vent de dos

Le sondage mené par Léger visait initialement à mesurer la réception faite par les Québécois au deuxième budget Girard, présenté mardi dernier à Québec. Mais les événements se sont tellement bousculés depuis que « c’est comme si ce budget n’avait jamais eu lieu », remarque M. Bourque.

Les données recueillies sont-elles toutes caduques ? Oui et non, répond-il. Dans le contexte actuel, les chiffres sur les intentions de vote ne veulent essentiellement rien dire, pense le sondeur (la Coalition avenir Québec serait à un sommet de 46 % d’appuis).

Celles sur le budget sont aussi à prendre avec détachement — les perspectives économiques viennent de changer du tout au tout, et le plan budgétaire s’appuie sur une croissance anticipée qui paraît aujourd’hui relever de l’utopie.

De manière générale, la réaction à ce budget a été bonne (54 % des répondants l’ont trouvé bon, ou neutre — « ni bon ni mauvais »). Léger a demandé ce que les répondants pensaient d’une quinzaine de mesures annoncées dans le document — soutien aux proches aidants, investissements pour contrer la violence conjugale, lutte contre les changements climatiques, etc. —, et toutes reçoivent un appui largement majoritaire. Sauf une : la création de 350 classes de maternelle quatre ans, un projet qui demeure controversé.

On sent que les Québécois sont vraiment au-dessus du cadre habituel dans lequel on évalue les politiciens, C’est quelque chose de plutôt extraordinaire

L’appui à telle ou telle mesure d’un budget vite oublié n’a certes pas beaucoup de signification au milieu de la crise sanitaire qui se développe. Sauf qu’il dit quelque chose de la force de la position dans laquelle le gouvernement Legault se trouve aujourd’hui : les Québécois sont globalement satisfaits de celui-ci (à 64 %) ; ils ont apprécié la manière dont il a géré la question des blocages ferroviaires (49 % de satisfaction, contre 32 % d’insatisfaction) ; ils ont bien accueilli son dernier budget ; ils voteraient massivement pour lui, etc.

Tout mis ensemble, cela permet à François Legault « d’entrer dans cette crise avec un vent de dos » qui explique peut-être en partie les 85 % d’approbation de sa gestion, pense Christian Bourque.

Puisqu’il a été mené en ligne, le sondage n’est pas probabiliste. Mais un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sesur 20.

21 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 18 mars 2020 06 h 33

    Oui il faut féliciter le Premier ministre, son ministre de la santé et le gouvernement actuel. Francois Legault est une personne formidable pleine d’empathie et de bon sens (sauf idéologiquement mais on s’en fout). De plus et sans exagérer, il faut être fier de la culture et mentalite québécoise absolument specifique et si extraordinaire parce qu’en vérité et a mon sens l’attitude, l’etat d’esprit, de Francois Legault est caracteristique de la culture québécoise. Bravo et merci monsieur Legault sans oublier monsieur Harruda ( muito obrigado senhor).

    • Bernard Dupuis - Abonné 18 mars 2020 10 h 37

      M. Montoya,

      Vous personnalisez votre intervention en félicitant M. Legault. Toutefois, vous refusez de changer d’idée « idéologiquement ». J’espère bien cependant que la crise actuelle vous fera réfléchir relativement à vos convictions profondes au regard de l’antinationalisme tous azimuts, le canadianisme et le mondialisme.

      J’espère aussi que vous remarquez que malgré l’absence de frontières entre le Québec et le Canada, il existe un mur virtuel constitué par la barrière de la langue. En effet, les Québécois canadianistes peuvent constater que presque tous les ministres importants du gouvernement Trudeau dans les circonstances sont monolingues anglais. La ministre de la Santé, la ministre de la Sécurité publique. Les francophones n’ont pas droit à des informations de première main concernant des règles canadiennes à suivre qui pourraient avoir des conséquences sur la vie ou la mort.

      Certains me trouveront peut-être un peu bégueule de soulever ce genre de divergences par les temps qui courent. Toutefois, si ce n’est pas le temps actuellement, ce ne le sera jamais. Que voulez-vous de plus?

      Pour ma part, cela renforce ma propre conviction relativement au nationalisme québécois. Les agissements du gouvernement montrent que nous sommes parfaitement capables de nous gouverner nous-mêmes sans construire un mur à la Trump entre le Québec et l’Ontario. Enfin, nous pouvons parfaitement survivre en français. Nous n’avons pas à nous soumettre à l’anglais pour nous débrouiller de manière autonome. Comme on dit, les faits parlent d'eux-mêmes.

      Finalement, j’espère que la crise actuelle fera réfléchir M. Legault relativement à sa conversion canadianiste. Toutefois, je ne me fais pas d'illusions. Car, jusqu'à présent son allégence canadianiste ne l'empêche pas d'avoir un certain pouvoir.

  • Gilles Delisle - Inscrit 18 mars 2020 06 h 58

    Un peuple qui suit son chef

    La population du Québec suit son chef et avec raison. Pendant que le chef canadien lit ses feuilles, de temps à autre, au Québec, on suit le Premier Ministre et son équipe qui inspire confiance à tous, parle au peuple quotidiennement, donne des directives claires, et le peuple répond . On a pu le constater encore hier, losque plus de 10 000 personnes ont donné de leur sang, de nombreux retraités des milieux de la santé acceptent d'aller seconder ceux qui travaillent déjà à soigner les Québécois depuis plusieurs jours. L'appel aux jeunes a eu des résultats immédiats, avec la collaboration immédiate des artistes,des sportifs et autres. C'est dans une situation critique comme celle que l'on vit actuellement, qu'on reconnaît les grands hommes et les '' vrais politiciens''.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 18 mars 2020 07 h 41

    Bravo Monsieur Legault, Zéro Monsieur Trudeau!

    Quand un représentant élu du peuple, comme ici au Québec, prend rapidement les mesures pour combattre le virus, il est justifié de l'appuyer dans ses démarches! N'oublions pas que c'est dans ce contexte particulier que ce sont tous les partis politiques qui sont mis à contribution et mêmes tous les citoyens ordinaires qui collaborent aux mesures entreprises. Le peuple Québécois ainsi réuni montre au ROC que les citoyens d'ici n'ont pas besoin d'attendre après les décisions tardives du gouvernement du Dominion dépassé par les événements. Il est facile d'en conclure rapidement que c'est dans un pays dirigé par un seul gouvernement que les choses ne traînent pas, au bénéfice des citoyens! Je plains les habitants de la Colomie-Britannique, de l'Alberta et de l'Ontario dont les frontières avec les États-Unis ne sont pas étanches en ce qui concerne les visiteurs, bien qu'ici, au Québec, il apparaît que des migrants empruntent des chemins et des zones frontalières non contrôlées! Bref, félicitations à nos gouvernants et élus québécois et bien sûr à tous ceux et celles qui veillent sur notre santé! Merci!

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 18 mars 2020 08 h 18

    Oui mais

    Oui mais j'aimerais un peu plus de suivi fort des touristes déjà entrés qui ne font pas de quarantaine ainsi que les arrivants de Roxham qui n'en font pas.
    À long terme il fauddrait corriger notre dépendance envers la Chine, les États-Unis qui nous empêchent de s'épanouir vraiment. Par exemple la nourriture. Il nous fauddrait des serres amplement pour nous faire des légumes et fruits, serres bénéficiant d'un taux d'électricirté préférentiel. ( pas au gaz dit naturel, de schistes!)
    Il faudrait réexaminer les Traités signés sans notre approbation ( du Peuple) qui empêchent la fabrication locale.

  • Claudette Bertrand - Abonnée 18 mars 2020 08 h 46

    Arruda...............dehors

    Effectivement Legault et son entourage ont pris les choses en main et de boone manière. Toutefois, une fois la crise passée j'espère qu'il va donner son 4% è cet incompètent de Arruda. J'ai honte quand j'entends s'exprimer de telle manière, avec un si pauvre niveau de français, un haut dirigeant de la fonction publique. Je ne peux penser que la pauvreté de son langage trahi une pauvreté de pensée, et disons le franchement on ne dois pas laisser des imbéciles à des postes si important.

    • François Langlois - Abonné 18 mars 2020 10 h 31

      Ce commentaire de Claudette Bertrand me rappelle un proverbe : Quand le sage pointe la lune, le sot regarde le doigt...

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 18 mars 2020 18 h 04

      Dans un pays octroyant un droit légitime d'exprimer son opinion, c'est certain que de temps à autres nous sommes soumis à lire des stupidités.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 18 mars 2020 20 h 40

      Wow..Alors vous préférez donc un incompetent au beau français...?!

    • Jocelyn Alarie - Abonné 19 mars 2020 15 h 44

      Vous avez 3 fautes dans votre texte. Vous devriez prendre le correcteur automatique de Google si comme moi vous avez des difficultés à vous relire. Profitez-en pour corriger votre commentaire des plus inappropriés.