Le gouvernement Legault s’attaque à la rénovation des écoles

Une bonne part du Programme québécois d’infrastructures sera consacrée à la construction et à la rénovation d’écoles.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Une bonne part du Programme québécois d’infrastructures sera consacrée à la construction et à la rénovation d’écoles.

Négligées depuis 30 ans, les écoles prendront un coup de neuf au cours des prochaines années. L’éducation obtient la part du lion des nouvelles sommes allouées au Plan québécois des infrastructures (PQI) avec 5,9 milliards de dollars qui serviront à l’agrandissement, à la rénovation et à la construction d’écoles jusqu’en 2030. Une vingtaine de projets majeurs de 50 millions de dollars ou plus sont prévus dans la grande région de Montréal. À cela s’ajoutent 2300 projets de rénovation un peu partout au Québec.

« Moi, je pense que c’est une belle journée pour l’éducation, a réagi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. On le voit, en deux ans, le coup de barre a été donné et on va bientôt récolter les fruits de ça. »

 

En plus de s’attaquer aux écoles aux prises avec des problèmes de moisissure, le gouvernement Legault veut accélérer la construction de quelque 1000 nouvelles classes au primaire et au secondaire. Il prévoit 1,9 milliard de dollars de 2020 à 2030 pour y parvenir. L’objectif de créer 2600 classes de maternelles 4 ans d’ici 2023-2024, soit environ la moitié de moins que ce qui avait été promis lors de la campagne électorale de 2018, demeure. Il avait déjà été révisé à la baisse au dépôt du premier budget caquiste en 2019. Le gouvernement prévoit d’ajouter 350 nouvelles classes de maternelles 4 ans en 2020-2021, ce qui porterait leur nombre total à 1010. Le gouvernement prévoit 137 millions de dollars échelonnés sur cinq ans pour l’aménagement de locaux, l’achat de matériel éducatif et l’embauche d’enseignants spécialisés pour ces maternelles.

« Encore une fois, on assiste à certaines lubies du gouvernement, a dénoncé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, en faisant allusion aux maternelles 4 ans. On semble vouloir investir davantage dans les infrastructures que dans le personnel. » Les mesures budgétaires sont insuffisantes, selon elle, pour régler le problème d’attraction et de rétention d’enseignants.

La croissance des dépenses prévues en éducation s’élève à 4,5 % en 2020-2021, soit 260 millions de dollars supplémentaires qui serviront surtout à favoriser la réussite éducative — seuil minimal de services particuliers, nouvelles classes spéciales, etc. — ainsi qu’à donner « une bouffée d’air frais » à l’enseignement supérieur. Le gouvernement caquiste veut encourager davantage d’étudiants à terminer des études universitaires dans le domaine des sciences, de la recherche, du génie et de l’informatique.

Parallèlement aux nouvelles sommes allouées en éducation, le gouvernement Legault accordera une nouvelle réduction des taux de la taxe scolaire à compter du 1er juillet. Une perte de revenu de 180 millions de dollars en 2020-2021 pour l’État qui se retrouvera plutôt dans les poches des Québécois.

Cela vient donc gruger la bonification du budget de l’éducation, déjà bien en deçà des attentes de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). « On ne rattrape pas ce qu’on a perdu pendant l’époque libérale et, cependant, on n’accorde pas plus de ressources pour financer du soutien auprès des élèves les plus vulnérables parce qu’on ne couvre même pas les coûts de système, alors qu’on nous disait que c’était ça la priorité », a déploré son président, Sylvain Mallette.


2500 nouvelles places en garderie

Le deuxième budget caquiste prévoit l’ajout de 6000 places de garderie subventionnées à 8,35 $ par jour au cours des cinq prochaines années, dont 2500 seront nouvelles. Les places restantes proviendront de la conversion de places non subventionnées qui sera effectuée au cours des deux prochaines années financières. Le gouvernement prévoit un peu plus de 339 millions de dollars pour y parvenir.