Québec ne doit pas oublier la rareté de main-d’oeuvre, disent les entreprises

Le budget du ministre des Finances a prévu 212 millions sur cinq ans pour améliorer l’«intégration et le maintien» des travailleurs au marché de l’emploi, dont 66 millions cette année.
Photo: Jeff Chiu Associated Press Le budget du ministre des Finances a prévu 212 millions sur cinq ans pour améliorer l’«intégration et le maintien» des travailleurs au marché de l’emploi, dont 66 millions cette année.

Les mesures d’appui à l’investissement et à l’innovation des entreprises ont été saluées par le milieu des affaires mardi, mais certaines voix se sont élevées pour demander au gouvernement Legault d’accroître les efforts pour lutter contre la rareté de la main-d’oeuvre qui frappe plusieurs secteurs d’activité.

Le budget du ministre des Finances, Eric Girard, a prévu 212 millions sur cinq ans pour améliorer l’« intégration et le maintien » des travailleurs au marché de l’emploi, dont 66 millions cette année. En conférence de presse, le ministre a rappelé que le gouvernement avait présenté l’an dernier un plan de cinq ans totalisant 1,7 milliard.

 

« Oui, mais les besoins étaient tellement grands », a dit en entrevue la p.-d.g. de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Véronique Proulx, en parlant d’une « déception » cette année. « La situation ne s’est pas beaucoup améliorée sur le terrain. […] Dans le secteur manufacturier seulement, il y a 19 000 postes vacants. » Le Conseil du patronat du Québec et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ont également exprimé leur déception.

Le taux de participation des travailleurs plus âgés « augmente », a insisté M. Girard en conférence de presse. Québec « prend le temps d’évaluer » les deux grandes mesures du budget de 2019, a-t-il dit, faisant référence à la bonification du crédit pour les travailleurs d’expérience et à la baisse des taxes sur la masse salariale. La somme de 212 millions doit être vue comme « complémentaire » à celle de 1,7 milliard, selon le ministre.

La situation ne s’est pas beaucoup améliorée sur le terrain. […] Dans le secteur manufacturier seulement, il y a 19 000 postes vacants.

 

Au chapitre des soutiens salués, Québec a dévoilé un « crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i) » visant à appuyer l’acquisition de matériel de fabrication ou de matériel informatique, par exemple. L’aide peut atteindre 20 % des investissements admissibles. Québec a aussi prévu un crédit d’impôt appelé « capital synergie » qui invitera les entreprises déjà bien établies à investir dans de jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et favorisera le maillage d’affaires ». Ces deux mesures totalisent une dépense fiscale de 556 millions sur cinq ans.

Québec a aussi présenté une « déduction incitative pour la commercialisation des innovations » (DICI), une mesure de 92 millions sur quatre ans à laquelle 15 000 sociétés seront admissibles. Selon le Conseil canadien des innovateurs, cela montre que Québec « comprend que pour croître à l’international, les PME québécoises ont besoin de commercialiser leurs propriétés intellectuelles ».