Des milliards pour «décarboniser» les transports

Les groupes environnementaux ont rappelé que les investissements prévus dans le réseau routier demeurent deux fois plus importants que ceux consacrés au transport en commun.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les groupes environnementaux ont rappelé que les investissements prévus dans le réseau routier demeurent deux fois plus importants que ceux consacrés au transport en commun.

Le gouvernement Legault s’engage à investir 6,2 milliards de dollars d’ici 2026 dans le cadre de son plan de lutte contre les changements climatiques, dont les détails seront présentés plus tard cette année. Mais Québec ne prévoit aucune mesure pour réduire l’utilisation de l’auto en solo ou l’achat de véhicules énergivores.

Le ministre des Finances, Eric Girard, estime que ce deuxième budget caquiste met la table pour un virage vers une « économie verte » et l’atteinte d’une cible de réduction de gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici 2030 par rapport à 1990.

Pour tenter d’atteindre cet objectif, et alors que la réduction atteint aujourd’hui à peine 10 %, le gouvernement a décidé de doubler les investissements annuels consacrés à la lutte contre la crise climatique (par rapport à l’ancien plan climatique libéral), qui atteindront un milliard de dollars par année pendant six ans.

 

Pas moins de 70 % (3,8 milliards de dollars) de cette somme sera consacrée aux transports, avec 1,4 milliard prévu pour maintenir le programme « Roulez-vous », qui subventionne l’achat de véhicules électriques.

Le gouvernement Legault n’a toutefois pas précisé mardi de cible à atteindre en matière de nombre de véhicules « zéro émission » sur les routes.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a néanmoins promis la présentation d’un « objectif » pour 2030,tout en soulignant l’importance que l’offre, de la part des constructeurs, soit bonifiée. Pour le moment, on compte près de 70 000 véhicules électriques au Québec, soit environ 1 % du parc automobile de la province.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a également défendu le choix de ne pas imposer aux consommateurs de mesures financières afin de réduire les ventes de véhicules énergivores, comme les véhicules utilitaires sport, dont les ventes sont en forte croissance au Québec.

« Les gens veulent ces véhicules. Est-ce que taxer ces véhicules serait apprécié par les citoyens ? Non. Mais les mentalités vont évoluer », a-t-il expliqué.

Transport collectif

En transport collectif, le gouvernement met désormais en avant six grands projets de transport collectif électriques. En plus des réseaux structurants de Québec, de Gatineau et de Longueuil, trois projets à l’étape de « l’étude » dans le Plan québécois des infrastructures pourraient s’ajouter dans la grande région de Montréal.

Aucun échéancier n’a toutefois été précisé pour une prise de décision sur leur réalisation.

Qui plus est, les groupes environnementaux ont rappelé mardi que les investissements prévus dans le réseau routier demeurent deux fois plus importants que ceux consacrés au transport en commun (27 milliards, contre 14 milliards, sur dix ans).

Le gouvernement utilisera par ailleurs 1,3 milliard de dollars de fonds publics afin d’« accompagner le secteur industriel dans sa transition énergétique », principalement en finançant des projets qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre imputables à la consommation d’énergie.

L’ensemble des mesures comprises dans l’enveloppe de 6,2 milliards de dollars doit permettre de réduire de 7 % nos « importations » d’énergies fossiles à l’horizon 2030, par rapport au niveau qui serait atteint sans les mesures inscrites dans le budget.

La politique énergétique du gouvernement prévoit une réduction de 40 % de notre dépendance au pétrole et au gaz d’ici la fin de la décennie.

Le gouvernement Legault a en outre une « action résolue » et du financement pour aider le Québec à se préparer aux répercussions inévitables des bouleversements du climat. Une enveloppe de 129 millions de dollars, répartie sur cinq ans, sera ainsi consacrée à des mesures qui permettront d’« atténuer les risques liés aux inondations ».

Le gouvernement promet aussi de venir en aide aux communautés aux prises avec des problèmes d’érosion côtière.

Plusieurs éléments de la stratégie climatique caquiste restent à préciser « plus tard en 2020 », lors du dévoilement du plan qui sera mis en oeuvre progressivement entre 2021 et 2026, selon ce qui est précisé dans le budget.