Québec veut s’attaquer à la violence conjugale avec un budget équilibré

Le ministre Eric Girard a chaussé ses patins aux côtés de la ministre Isabelle Charest, lundi, à Québec, à la veille de la présentation du budget provincial.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Eric Girard a chaussé ses patins aux côtés de la ministre Isabelle Charest, lundi, à Québec, à la veille de la présentation du budget provincial.

Le deuxième budget du ministre Eric Girard, qui doit être déposé mardi, sera équilibré et contiendra des fonds pour aider les organismes de lutte contre la violence conjugale.

« Elle a de nouvelles responsabilités, ça s’accompagne de moyens », a lancé le ministre des Finances lundi, pendant qu’il laçait ses patins aux côtés de sa collègue Isabelle Charest.

En évoquant les « nouvelles responsabilités » de sa collègue, il faisait référence au plan d’action contre la violence conjugale que le premier ministre a confié à sa ministre responsable de la Condition féminine en décembre.

Les exploits en patin d’Isabelle Charest — médaillée olympique en patinage de vitesse — n’expliquaient pas à eux seuls sa présence auprès d’Eric Girard. Des coups de main pour les organismes luttant contre la violence conjugale et pour la protection de l’enfance doivent apparaître au budget, a confié une source gouvernementale.

Le ministre des Finances a rompu avec la tradition voulant qu’il présente ses chaussures à la veille du dépôt du budget. Grand amateur de hockey, il a troqué ses bottes de randonnée, en ce jour de tempête hivernale, pour des patins dotés de nouvelles lames, conçues par une entreprise de Québec et « désirées par tous les membres de la Ligue nationale en raison de leurs qualités ».

« La symbolique, c’est d’aller plus vite pour créer de la richesse, [pour] rattraper l’Ontario. Et c’est aussi en accord avec l’environnement : plutôt que de changer les patins au complet, j’ai choisi de changer seulement les lames. Et il y a une autre symbolique, qui est l’équipe », a énuméré le ministre Girard.

[La ministre Isabelle Charest] a de nouvelles responsabilités, ça s’accompagne de moyens

Le budget qu’il déposera mardi sera équilibré, a-t-il révélé sans grande surprise. « On a fait des surplus les cinq dernières années. Les finances publiques sont saines, et il serait normal que le cadre financier soit à l’équilibre sur l’ensemble de la prévision », a-t-il affirmé.

Comme l’an dernier, le budget Girard sera vraisemblablement dépensier. « On a prévu des dépenses importantes, des dépenses de fonctionnement dans les grands ministères. On a prévu aussi des dépenses d’infrastructures importantes. Je pense que le gouvernement doit faire des efforts pour stimuler l’économie dans cette période d’incertitude », a révélé en matinée le premier ministre François Legault, en marge d’un événement organisé au collège Ahuntsic.

Pas de modifications de dernière minute

Si Eric Girard répond par son budget à « l’incertitude » causée par le coronavirus, il n’a pas pour autant passé les derniers jours à peaufiner son document, au gré des fluctuations des marchés. « Lorsqu’on préparait le budget, on voyait des nuages. L’épidémie avait commencé, on en a pris acte. Mais, est-ce qu’on a modifié par exemple le budget la semaine dernière en fonction de ce qui se passait ? Pas du tout », a-t-il affirmé, en soulignant que les décisions au sujet du budget ont été arrêtées il y a trois semaines.

Et puis de toute façon, un budget n’est pas conçu pour effectuer des corrections (cyclical adjustments) en réponse à des événements qui se produisent du jour au lendemain, a déclaré Eric Girard dans une réponse formulée en anglais. « Le budget est un plan structurel pour améliorer la compétitivité des entreprises, pour aider l’économie à atteindre son plein potentiel, pour investir dans les services, la santé et l’éducation. Nous faisons cela. Le cas échéant, si la demande est faible dans le secteur privé et que nous devons la soutenir avec des fonds publics, nous avons la capacité de le faire, au moment opportun », a-t-il assuré.

Quant à la possibilité de puiser dans la réserve de stabilisation du Québec, elle paraît peu probable. « La réserve de stabilisation, c’est la somme des surplus que nous avons accumulés au cours de la dernière année. Et par définition, en vertu de la loi, ces surplus peuvent être utilisés pour neutraliser un déficit, si déficit il y a », a-t-il commencé.

À un journaliste qui lui disait que le Québec n’y avait donc pas accès, puisque aucun déficit n’était en vue, le ministre Girard a répondu : « Exact ».

Avec La Presse canadienne