La fin du financement des écoles privées réclamée par les jeunes péquistes

Le candidat à la course à la direction du PQ Sylvain Gaudreault a accueilli avec prudence la prise de position des jeunes péquistes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le candidat à la course à la direction du PQ Sylvain Gaudreault a accueilli avec prudence la prise de position des jeunes péquistes.

Après un vif débat, les jeunes péquistes, réunis en congrès à Montréal, ont réclamé dimanche la fin du financement public des écoles privées, en plus de réclamer la gratuité scolaire pour chaque individu.

« Les contribuables ne devraient pas payer pour les choix des bourgeois », a lancé une jeune péquiste avant d’être applaudie par une partie de la salle. « Si on coupe le financement, ça va être encore plus élitiste », a de son côté fait valoir un des militants opposés à cette position.

« Des parents qui font des sacrifices ne pourront plus payer l’école privée à leurs enfants. Ça va inonder les écoles publiques [en raison de l’afflux de nouveaux élèves] », a-t-il ajouté.

Au Québec, les écoles privées sont financées à hauteur de 40 % par l’État. Ainsi, une enveloppe de plus de 500 millions de dollars est distribuée chaque année dans les établissements privés.

Le sujet revient périodiquement en raison des problèmes de sous-financement des écoles publiques, mais il demeure un tabou chez une grande partie de la classe politique : il y a des écoles privées dans un très grand nombre de circonscriptions et de nombreux électeurs pour les défendre.

Un des candidats à la course à la direction du PQ, Sylvain Gaudreault, a accueilli avec prudence la prise de position des jeunes péquistes. Il a dit être ouvert et prêt à étudier cette proposition, sans nécessairement l’endosser tout de suite. « Éviter la ségrégation, moi, je pense que c’est ça, le principe », a-t-il dit en mêlée de presse, au terme du congrès.

Des parents qui font des sacrifices ne pourront plus payer l’école privée à leurs enfants. Ça va inonder les écoles publiques

Dans un rapport volumineux, le Conseil supérieur de l’éducation avait déjà souligné que l’école québécoise était déjà la plus inégalitaire au pays.

Les membres de l’aile jeunesse péquiste se sont en outre prononcés sur d’autres enjeux pendant le week-end.

Immigration Ils ont adopté une proposition pour dépolitiser la question du nombre d’immigrants admis annuellement, en fonction de critères, mais également pour favoriser l’immigration francophone et l’immigration en région. Un des militants a aussi plaidé pour une meilleure connaissance de l’histoire et de la politique québécoise. Samuel Loranger a fait un lien entre l’intégration plus ou moins bien réussie des nouveaux arrivants et leur allégeance politique.

« Ce n’est pas normal que des circonscriptions votent à 90 % en faveur du Parti libéral du Québec ; il y a un réel problème à ce niveau. »

Cégeps L’aile jeunesse a par ailleurs adopté une proposition pour élargir la loi 101 aux cégeps, soit rendre obligatoire la scolarisation collégiale en français, sauf pour les jeunes dont un des deux parents a été scolarisé en anglais au Canada.

Semaine de 35 heures Samedi, les militants ont voté en faveur de la modification de la Loi sur les normes du travail pour établir la semaine de travail à 35 heures.

Salaire minimum Les jeunes péquistes ont en outre choisi de voter majoritairement en faveur de l’établissement d’un taux horaire minimum de 15 $.

Une monnaie québécoise Ils ont également adopté une proposition pour qu’une devise propre au Québec ait cours une fois que l’indépendance sera proclamée.

Drogues Les militants ont voté en faveur d’une décriminalisation de l’usage de toutes les drogues, assortie de mesures de santé publique pour traiter les problèmes de dépendance.

Référendum ou pas ?

Les aspirants à la direction du PQ ont pris part samedi au rassemblement des membres de l’aile jeunesse péquiste. Tous ont pris l’engagement de tenir un référendum s’ils prennent le pouvoir en 2022, à l’exception de Frédéric Bastien. Celui-ci a accusé ses adversaires de conduire le parti à sa perte en promettant un référendum sur l’indépendance dans un éventuel premier mandat. « Pour gagner, on a besoin de votes qu’on va reconquérir dans le 450 (la couronne de Montréal), à Québec, en région », a-t-il évoqué. Il estime que le PQ doit plutôt se présenter comme le meilleur défenseur de la Loi sur la laïcité. À l’opposé, l’humoriste Guy Nantel, qui s’adressait pour la première fois à des militants péquistes depuis l’annonce de sa candidature, s’est engagé à organiser un référendum dans une première moitié d’un éventuel mandat s’il devient premier ministre. Paul St-Pierre Plamondon a, quant à lui, rappelé qu’il avait été le premier à prendre l’engagement de tenir un référendum dans un premier mandat, même si la proposition avait été mal reçue au début. « Je ne peux pas vous dire en quelle année va avoir lieu le troisième référendum, mais je peux vous dire qu’il va avoir lieu, a-t-il lancé. Actuellement, outre MM. St-Pierre Plamondon, Nantel et Bastien, le député Sylvain Gaudreault et l’homme d’affaires Laurent Vézina sont sur les rangs.