Offusqué par un article, Legault appelle à une réflexion sur le journalisme

François Legault a dit qu’il n’écartait pas la possibilité de poursuivre le «Journal de Montréal».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault a dit qu’il n’écartait pas la possibilité de poursuivre le «Journal de Montréal».

Piqué au vif par un article du Journal de Montréal, le premier ministre François Legault s’attaque aux journalistes. Il a appelé mercredi à une réflexion sur leur profession et leur impact sur le monde politique.

« Moi, je pense qu’on a besoin d’une réflexion sérieuse au Québec parce que, si on veut attirer en politique des gens compétents, des gens de qualité, il va falloir arrêter ce genre d’articles là », a-t-il affirmé en mêlée de presse à sa sortie du Conseil des ministres.

Quelles seraient ces pistes de réflexion sur le journalisme ? « Faire de l’information et ne pas laisser entendre des choses qui sont gratuites, qui sont non fondées », a-t-il répondu.

Un article publié dans LeJournal de Montréal sur un montant de 5 millions de dollars octroyé à l’entreprise Transmission CVTCORP, de l’homme d’affaires Charles Sirois, un ami de M. Legault et cofondateur de la Coalition avenir Québec, a soulevé la colère du premier ministre.

« J’ai 62 ans, a-t-il dit. J’ai toujours fait de l’intégrité une valeur première. Moi, je n’accepterai pas qu’à répétition LeJournal de Montréal vienne laisser entendre, en disant le mot “ami”, qu’on a donné 5 millions à un de mes amis. Moi, je n’accepte pas ça. Puis, je trouve ça dur à prendre et je trouve ça dur à expliquer à ma famille. »

M. Legault a indiqué que la somme a été accordée « en vertu d’un programme normé » et qu’il l’ignorait avant de lire les journaux mercredi matin. « Il y a une erreur de fait de faire le lien entre un montant qui a été donné par le gouvernement et le fait que ça soit un ami, a-t-il répété. La personne qui a écrit ça ou la personne qui a laissé passer ça dans le journal sait très bien ce qu’elle faisait. » Il n’a pas exclu d’entamer une action judiciaire.

« Intérêt public »

« On comprend mal que M. Legault soit agacé par les faits, a déclaré le directeur du bureau d’enquête du Journal de Montréal, Jean-Louis Fortin. Il s’agit d’informations utiles et d’intérêt public. »

« On traite M. Legault de la même façon que Philippe Couillard ou Pauline Marois, a-t-il ajouté. On se fie au jugement de nos lecteurs et des citoyens pour qu’ils se fassent leur propre opinion. »

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et le Conseil de presse ont préféré ne pas réagir.

Le Conseil de presse, un tribunal d’honneur qui étudie les plaintes du public à l’endroit de la couverture journalistique, est poursuivi par Québecor pour qu’il cesse d’accepter les plaintes qui touchent ses médias étant donné qu’ils n’en sont pas membres.