Les positions de Guy Nantel sur la langue française détonnent au PQ

Le candidat annoncé à la direction du Parti québécois Guy Nantel
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le candidat annoncé à la direction du Parti québécois Guy Nantel

Les positions de l’humoriste Guy Nantel risquent de bousculer les militants du Parti québécois (PQ). Dans un de ses ouvrages, le candidat annoncé à la direction du PQ veut donner à l’anglais un statut de langue nationale minoritaire dans un éventuel Québec souverain.

Il se dit aussi prêt à revoir la règle de l’affichage commercial en français pour tenir compte du « caractère multiculturel spécifique de Montréal ». Il prône aussi l’ajout d’un « symbole anglais » sur le drapeau d’une éventuelle république du Québec.

C’est ce qu’on peut lire dans son ouvrage « Je me souviens… de rien », publié par Groupe Entourage en 2017.

Chez les péquistes, les héritiers du parti de René Lévesque, défenseur du français langue officielle et de la loi 101, ces propos feront probablement réagir. Pas plus tard qu’en début de semaine, un autre aspirant à la direction du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, recommandait plutôt des « mesures musclées » pour défendre le français comme seule langue officielle.

« Il est temps de voir les choses en face en admettant que le Québec doit mettre un terme aux querelles du passé, a écrit Guy Nantel. Nous n’avons pas à perpétuer ces affrontements. Au contraire, nous avons le devoir d’y mettre fin une fois pour toutes pour enfin passer à autre chose. »

Il estime que les anglophones ne peuvent pas adhérer au projet d’indépendance pour des raisons culturelles, mais qu’ils peuvent le faire pour des raisons financières.

« S’ils acceptaient de regarder les choses de façon pragmatique, les anglophones du Québec comprendraient sûrement qu’ils subissent les mêmes injustices et les mêmes désavantages que les francophones en ce qui a trait aux politiques fédérales », plaide-t-il.

M. Nantel énumère différentes propositions pour que les anglophones adhèrent davantage à l’idée de pays, telles que « l’intégration d’un symbole anglais sur le drapeau d’une éventuelle république du Québec, ou l’établissement du statut de langue nationale minoritaire pour l’anglais, garantissant que les anglophones d’ici continueront de recevoir des services dans leur langue dans les régions où le nombre le justifie, et ce, même dans un pays dont la langue officielle est le français ».

« Mesures musclées »

À titre de comparaison, Paul St-Pierre Plamondon a plutôt fait valoir que s’il devenait chef péquiste et premier ministre, son gouvernement n’hésiterait pas à prendre des « mesures musclées » pour promouvoir le français, même si elles ne sont pas consensuelles.

Il estime qu’il faut briser les tabous pour renverser la tendance au recul du français dans la région métropolitaine.

M. St-Pierre Plamondon réduirait notamment le financement des cégeps et universités anglophones qui « anglicisent le Québec ». Ainsi, un gouvernement changerait les critères de financement, actuellement en fonction de la clientèle inscrite, pour accorder un financement aux établissements postsecondaires de la minorité anglaise qui correspond à son poids démographique.

Son gouvernement s’assurerait en outre que toutes les communications entre l’État et les entreprises soient uniquement en français. Il en serait de même avec les citoyens, à l’exception de la minorité historique de langue anglaise.

Il assure du même souffle toutefois qu’il entendrait préserver les droits de la minorité anglophone et la soutenir.

Outre M. St-Pierre Plamondon et M. Nantel, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et l’historien Frédéric Bastien ont aussi annoncé leur candidature dans cette course à la direction.