Pascal Bérubé veut renforcer la Charte de la langue française

Le chef parlementaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef parlementaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé

Le Parti québécois déposera mercredi un projet de loi modifiant la Charte de la langue française afin de mettre un terme à la « discrimination » à l’embauche subie par les unilingues francophones au Québec.

Il veut empêcher les entreprises d’exiger la connaissance et l’usage de l’anglais — ou de toute autre langue que le français — de la part de leurs employés, à moins qu’elles ne démontrent que la participation aux activités usuelles du poste à pourvoir et l’accomplissement de la tâche à effectuer le nécessitent.

Le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, déposera un projet de loi en ce sens à l’Assemblée nationale mercredi. Il compte sur la collaboration du leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, pour qu’il soit étudié et adopté par les députés.

Le chef du troisième groupe d’opposition avait manifesté ses intentions lors du caucus présessionnel du PQ à Sherbrooke, à la fin de janvier. « Il est pour le moins étonnant qu’au Québec, un employeur puisse exiger sans motif valable la connaissance d’une autre langue que le français. Nous corrigerons cette aberration avec le projet de loi que nous déposerons », a déclaré M. Bérubé.

« On devra dorénavant faire la preuve que la connaissance d’une autre langue est nécessaire à l’accomplissement de la tâche et que l’environnement de travail requiert une telle maîtrise. »

Le projet de loi 591 alourdit le « fardeau de la preuve » des employeurs qui exigent le bilinguisme à leurs employés.

La Charte de la langue française stipule actuellement qu’« il est interdit à un employeur d’exiger pour l’accès à un emploi ou à un poste la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d’une langue autre que la langue officielle, à moins que l’accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance ».

Compétences demandées

Selon une enquête de l’Office québécois de la langue française (OQLF), un peu plus de la moitié (54 %) des établissements privés exigent ou souhaitent des compétences linguistiques lors de leur processus d’embauche, de mutation ou de promotion. Parmi ceux-ci, 73 % exigent ou souhaitent des compétences en anglais.

« Dans un État où la seule langue officielle est le français, comme c’est le cas au Québec, et où le taux de bilinguisme français-anglais avoisine les 44,5 % [en 2016], l’exigence d’un niveau de compétence linguistique en anglais apparaît totalement déraisonnable », croit le Mouvement Québec français.

Le PQ demande à M. Jolin-Barrette, qui est également ministre responsable de la Langue française, de présenter le projet de loi 591 rapidement aprèsson dépôt à l’Assemblée nationale mercredi. Il ferait ainsi d’une pierre, deux coups, selon l’équipe de Pascal Bérubé.

En plus de renforcer l’usage de la langue française en milieu de travail, l’adoption du projet de loi contribuerait à résorber la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit actuellement au Québec, car « l’exigence de l’anglais accentue inutilement la difficulté, pour certaines personnes, à trouver un emploi », soutient-elle.