Plus d’immigrants sélectionnés que prévu

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a délivré plus de certificats de sélection du Québec (CSQ) que prévu en 2019.

Le Plan d’immigration du Québec 2019 prévoyait la sélection entre 12 500 et 15 000 travailleurs qualifiés.

Or, M. Jolin-Barrette en a choisi 17 197, a constaté Le Devoir à la lecture d’un dénombrement des personnes sélectionnées par le Québec en 2019 produit par le ministère de l’Immigration.

Pour être officiellement « admis » au Québec, ces 17 197 nouveaux détenteurs d’un CSQ devront obtenir leur résidence permanente de la part du gouvernement fédéral. La partie n’est pas encore gagnée pour eux.

On fait plus que notre part du côté humanitaire

 

Ottawa se réserve le dernier mot sur le nombre de personnes accueillies au Canada, y compris au Québec. Il respecte autant que faire se peut les objectifs d’admission fixés par le gouvernement québécois.

Admission en 2019

D’ailleurs, le gouvernement fédéral a obéi à la volonté du gouvernement québécois d’accueillir entre 38 000 et 42 000 immigrants, toutes catégories confondues, sur son territoire en 2019. Précisément, 40 546 personnes dont 23 114 immigrants économiques ont été admis au Québec.

Ottawa a aussi obtempéré à la décision de Québec d’accueillir entre 6800 et 7500 réfugiés, et ce, après avoir appelé pendant des mois le Québec à accepter d’en recevoir davantage.

« On fait plus que notre part du côté humanitaire », a répété le premier ministre François Legault depuis son arrivée au pouvoir. En 2019, 7248 réfugiés et personnes en situation semblable ont été admis au Québec.

Hors cible

En revanche, 9682 personnes ont été accueillies au Québec en vertu du programme de regroupement familial, qui est contrôlé par Ottawa. Québec en escomptait entre 8900 et 9400.

Le ministre Jolin-Barrette se targuait mercredi d’avoir atteint ses cibles. « C’était une réduction temporaire, le temps de mieux intégrer en emploi […] et le temps d’augmenter la disponibilité des cours de français », a précisé M. Legault dans une mêlée de presse.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, reproche à M. Jolin-Barrette et à M. Legault de ne pas dire « toute la vérité » sur l’immigration au Québec. Les statistiques dévoilées mercredi occultent le fait, selon lui, que le Québec se tourne de plus en plus vers la main-d’oeuvre temporaire.

« Contrairement à la promesse électorale « d’en prendre moins et d’en prendre soin », c’est un gouvernement qui en prend autant, mais qui précarise les immigrants et les immigrantes qui arrivent au Québec », a déploré M. Nadeau-Dubois. « Ça, ce n’est pas la solution pour plus d’intégration, bien au contraire », a-t-il ajouté.

Le député libéral Monsef Derraji a aussi jeté le doute sur l’assertion du gouvernement caquiste selon laquelle le Québec accueille moins d’immigrants pour en prendre plus soin, grâce à des services d’intégration et de francisation bonifiés.

Le taux de chômage chez les immigrants établis au Québec depuis cinq ans ou moins s’est accru en 2019, passant de 7,9 % à 13,2 % de janvier à décembre dernier, a-t-il mentionné.