Les non-membres pourront élire le futur chef du PQ

Le nouveau statut de sympathisant permet de prendre part aux instances du PQ.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le nouveau statut de sympathisant permet de prendre part aux instances du PQ.

Au Parti québécois (PQ), les non-membres pourront pour la première fois se prononcer sur le choix du prochain chef, pourvu qu’ils adhèrent à ses grands principes.

« Pour cinq dollars, via le site Internet du Parti québécois, il sera possible d’obtenir un droit de vote pour l’élection », a affirmé la présidente d’élection de la course à la chefferie du PQ, Agnès Maltais, samedi. « C’est passionnant ! Tu peux participer à l’élection d’un chef de parti directement. »

Ces sympathisants, qui seront considérés comme des « membres ponctuels » par Élections Québec, pourront prendre part à l’élection du successeur de Jean-François Lisée à la tête du PQ. Ils devront s’inscrire sur le site web du PQ au plus tard le 15 mai prochain.

Le candidat pressenti à la chefferie Guy Nantel, dont la page Facebook est suivie pas plus de 80 000 personnes, avait invité l’exécutif du PQ à faciliter la participation des « sympathisants » en la rendant gratuite. « Ce courriel est arrivé alors que l’exécutif avait déjà adopté les règles », a fait remarquer le président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, samedi. « Ce sont ces règles qui ont été adoptées ce [samedi] matin [par la conférence de coordination]. »

Coût d’entrée de 25 000 $

Le PQ a présenté samedi les conditions de participation à la course à la chefferie.

Les personnes intéressées à y prendre part devront obtenir un bulletin de candidature au prix de 10 000 dollars. « Ça peut signifier 20 personnes à 500 dollars. Ça peut signifier 40 personnes à 250 dollars. C’est possible. […] On veut que les gens y réfléchissent et soient sérieux lorsqu’ils vont s’engager dans la course », a précisé Mme Maltais en conférence de presse. « C’est une contribution pour [rembourser] les dépenses du parti liées à la course à la chefferie et qui est encaissable immédiatement, même s’il y a retrait subséquent de la candidature. »

Pour officialiser sa candidature, une personne devra remettre 15 000 dollars supplémentaires à l’état-major du PQ en plus de 2000 signatures de membres provenant d’au moins 50 circonscriptions sur 125 et d’au moins neuf régions administratives sur 17, et ce, d’ici le 9 avril prochain. Ce n’est pas tout, elle devra obtenir l’appui d’au moins 10 présidents d’association locale. « Dix sur 125, ce n’est pas beaucoup. […] Je pense que c’est raisonnable et ça nous permet de valoriser un peu ce travail extraordinaire », a ajouté l’ex-députée de Taschereau.

Maltais flexible

Les candidats à la direction du PQ participeront à deux « grands débats nationaux » au cours du printemps, entre le 15 avril et le 20 mai : le premier à Montréal, le second dans le Centre-du-Québec.

Guy Nantel prévoit cinq spectacles durant cette période. Par le biais de son organisateur Christian Généreux, il avait demandé de pouvoir convenir avec les autres candidats les dates des grands rendez-vous de la campagne à la chefferie.

La présidente d’élection a pris bonne note de sa demande. « On va débattre avec les personnes candidates pour être certains qu’elles soient disponibles à ce moment-là. On va faire le maximum pour accommoder tout le monde. On veut une course ouverte. On veut des débats », a indiqué Mme Maltais en conférence de presse samedi. « C’est la présidence d’élection qui va avoir le dernier mot sur la date des débats, c’est clair », a-t-elle ajouté.

Abaissement du plafond de dépenses

Le PQ a fixé le plafond de dépenses admissibles à 125 000 $ ― incluant le 25 000 $ du coût d’entrée dans la course ― par candidat, comparativement à 400 000 $ en 2014-2015 et 200 000 $ en 2016.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, le professeur d’histoire Frédéric Bastien et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon ont tour à tour lancé leur campagne à la chefferie au cours des dernières semaines. L’humoriste Guy Nantel et l’avocat Stéphane Handfield songent tous deux à leur emboîter le pas.

Le prochain chef du PQ sera connu au terme d’un vote préférentiel par Internet ou téléphone le 19 juin prochain. Si aucun candidat n’obtient la majorité dès le premier décompte des voix, un second tour sera organisé. La personne ayant recueilli le moins de votes et celles ayant échoué à obtenir au moins 10 % des voix en seront exclues.

« Nous abordons cette course avec enthousiasme et détermination. Le nouveau Parti québécois fait preuve d’audace et d’ouverture. Audace parce que nous concentrons notre action politique, non pas sur la gestion ordinaire d’une province, mais sur la fondation d’un pays », a fait valoir M. Ella Oyono, samedi.