Le gouvernement Legault se veut plus vert en 2020

Le gouvernement Legault prévoit investir dans l’électrification des transports collectifs.
Photo: Louis-Étienne Doré Le gouvernement Legault prévoit investir dans l’électrification des transports collectifs.

À quelques jours de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault établit les priorités de son équipe ministérielle. La présentation d’un plan d’action visant à renforcer la présence de la langue française au Québec et d’une nouvelle réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) n’en fait pas partie.

Le dénouement de ces deux dossiers sur lesquels le ministre Simon Jolin-Barrette a trébuché au fil des derniers mois sera connu à l’automne. « L’année 2020 sera l’année de l’environnement », a indiqué M. Legault au terme du caucus présessionnel des élus caquistes vendredi.

Pour preuve, il a dévoilé l’élargissement de la consigne à 4 milliards de contenants de boisson prête à boire supplémentaires par année. « Je pense qu’on commence fort », a-t-il souligné, avant de saluer le travail abattu par le ministre Benoit Charette afin de mener à terme ce projet. « Je suis fier. »

La Coalition avenir Québec compte asseoir sa crédibilité dans la lutte contre les changements climatiques au moyen du prochain budget du Québec 2020-2021. Le ministre des Finances, Eric Girard, allouera des sommes importantes pour décarboniser le secteur des transports au Québec, qui est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES) québécoises.

« Dans le domaine du transport collectif, il faut investir pour avoir plus de trains, de tramways, d’autobus électriques, de véhicules électriques. Il faut poser des actions », a fait valoir M. Legault vendredi.

Le gouvernement caquiste donnera le feu vert à des projets à Montréal (Réseau express métropolitain), à Longueuil, à Brossard, à Québec (Réseau structurant de transport en commun) et à Gatineau.

M. Legault a écorché le bilan environnemental du Parti libéral du Québec. Malgré ses « beaux discours », son prédécesseur Philippe Couillard — qu’il affublait du surnom de « géant vert » lorsqu’il était dans l’opposition — a empêché le Québec d’atteindre ses cibles de réduction de GES pour 2020. Du coup, il faudra retirer l’équivalent d’un million d’automobiles à essence de la route pour respecter les cibles de réduction de GES pour 2030, répète-t-on dans les officines gouvernementales.

Après le dévoilement du budget 2021-2022, Benoit Charette dévoilera sa stratégie de réduction de 37,5 % des émissions de GES par rapport à celles de 1990. « Ce sera sûrement un moment fort de la prochaine session », a avancé M. Legault.

La pièce maîtresse du gouvernement québécois est actuellement coiffée du titre : « Plan d’électrification et de changements climatiques ». Mais des conseillers politiques se sont mis en tête de lui trouver un autre nom puisque l’acronyme du titre provisoire rappelle le fiasco de la réforme du PEQ dirigée par Simon Jolin-Barrette.

Le chef du gouvernement veut éviter, autant que faire se peut, que l’attention médiatique se détourne des initiatives gouvernementales en matière d’environnement. « On va garder le cap », a promis M. Legault vendredi après-midi.

De son côté, M. Jolin-Barrette pourra mener de longues consultations avant de dévoiler un nouveau PEQ et une nouvelle politique linguistique — qui sera largement inspirée du « rapport Samson » — sans doute l’automne prochain.

« Plus de richesse, moins de GES »

Le premier ministre mise sur une approche « pragmatique » associant la lutte contre les GES et la croissance économique pour faire un grand coup vert sans se mettre à dos un électorat qui n’a pas voté pour un gouvernement vert le 1er octobre 2018.

« Vous allez beaucoup m’entendre en 2020 prononcer cette phrase : “Plus de richesse, moins de GES” », a-t-il averti.

Les signaux sont actuellement au vert sur le tableau de bord de la CAQ. Le parti politique de François Legault obtient 42 % des intentions de vote, contre 23 % pour le PLQ, 19 % pour le PQ et 11 % pour QS, selon un sondage Léger commandé par la CAQ en janvier.

« Ça fait assez longtemps que je suis en politique pour savoir que l’appui de la population [pour une formation politique] peut varier rapidement », a nuancé M. Legault.

Autres priorités

Par ailleurs, le premier ministre veut voir la ministre Danielle McCann conclure une nouvelle entente de rémunération avec les médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), sans quoi il n’y aura jamais de « vraie prise en charge » des patients selon lui.

M. Legault s’attend aussi à ce que le ministre Jean-François Roberge fasse adopter le projet de loi visant à abolir les élections scolaires cet hiver. « Il y a un peu de résistance, mais on va aller de l’avant », a-t-il dit, laissant planer la menace d’un bâillon.

À voir en vidéo