Les gouvernements maintiennent leur appui à la FFQ

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard

Le gouvernement fédéral a confirmé mercredi qu’il n’a pas l’intention de couper les vivres à la Fédération des femmes du Québec (FFQ), tandis que Québec a assuré qu’il n’était « pas question » de réviser le financement d’une organisation « parce qu’on n’aime pas une déclaration ».

En parallèle, des organisations syndicales membres de la FFQ ont dit être en réflexion sur leur statut. D’autres ont plutôt affiché leur soutien à l’organisme.

Dans un courriel envoyé au Devoir, le ministère fédéral des Femmes et de l’Égalité des genres a confirmé son intention de demeurer l’un des principaux bailleurs de fonds de la FFQ, puisque celle-ci fait partie des « organismes qui luttent pour l’avancement de l’égalité des genres et contre la violence fondée sur les genres ».

À Québec, le premier ministre François Legault a recentré les propos du ministre du Travail Jean Boulet, qui affirmait mardi vouloir vérifier si la FFQ respectait les critères donnant accès à au financement de son ministère.

Il a assuré que cet examen n’était pas enclenché simplement parce que la présidente de la FFQ avait tenu des propos — un appel à une discussion sur « l’abolition » et « l’interdiction » des relations de couple hétérosexuelles — qui ont dérangé le ministre. « Il y a une liberté d’expression au Québec. Maintenant, est-ce que ça représente ce que pensent les femmes du Québec, la majeure partie des femmes du Québec ? C’est à eux autres d’en discuter », a-t-il dit. « On va voir comment ça va être géré dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté, en rappelant que Gabrielle Bouchard s’était excusée pour ses propos.

La CSN, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec et le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), établis comme des bailleurs de fonds de la FFQ dans son rapport annuel 2018-2019, ont confirmé s’être retirés de l’organisme il y a quelques mois déjà.

Le premier syndicat a reproché à la FFQ « des problèmes de gouvernance » et « ses positionnements au sujet de la prostitution ». Le second a évoqué de « multiples raisons », et « notamment les prises de position récentes de la FFQ » pour justifier son départ. Quant au SPGQ, sa présidente Line Lamarre s’est dite « ébranlée par les propos et par le ton provocateur » de la présidente de l’organisme.

La CSQ a confirmé ne pas avoir l’intention de quitter la FFQ, disant faire une distinction entre l’organisation et les propos de sa présidente. L’Institut Simone-de-Beauvoir a aussi assuré que les événements récents n’affectaient pas son statut de membre associatif.

La FIQ s’est quant à elle dissociée entièrement des propos exprimés par la présidente Gabrielle Bouchard. Elle a ajouté avoir l’intention de faire part de ses « commentaires et préoccupations dans les lieux appropriés ».

Les déclarations de la présidente de la FFQ ont aussi alimenté la réflexion d’un autre bailleur de fonds, l’Alliance du personnel professionnel et technique du secteur public de la santé et des services sociaux. « Quand elle sera arrêtée, on fera part de notre décision au conseil d’administration de la FFQ », a fait savoir le syndicat.

La Fondation canadienne des femmes soutient pour sa part la FFQ, qui a « joué et continue de jouer un rôle important dans l’avancement de l’égalité intersectionnelle ».

Ni la FFQ ni sa présidente n’ont répondu aux demandes d’entrevue du Devoir.