Les Québécois ne veulent pas de baisses d’impôt, affirme Nadeau-Dubois

«Les gens riches» ont déjà obtenu beaucoup de baisses d’impôt par le passé et «ce n’est pas une solution», a déclaré M. Nadeau-Dubois.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir «Les gens riches» ont déjà obtenu beaucoup de baisses d’impôt par le passé et «ce n’est pas une solution», a déclaré M. Nadeau-Dubois.

Malgré les surplus budgétaires faramineux, les Québécois ne veulent pas de réductions d’impôt en 2020, mais souhaitent plutôt un réinvestissement dans les services.

C’est ce qu’a déclaré mardi le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, au parlement. En mêlée de presse avant la réunion des élus de son parti qui préparent la rentrée parlementaire, il a été questionné sur l’attribution des surplus budgétaires prévus par le gouvernement, estimés à 3,8 milliards $ en décembre.

« Les gens riches » ont déjà obtenu beaucoup de baisses d’impôt par le passé et « ce n’est pas une solution », a d’abord déclaré M. Nadeau-Dubois.

« Les gens ne veulent pas de baisses d’impôt de 100 $ ou 150 $ par an, ils veulent un meilleur accès aux hôpitaux, l’accès à de bonnes écoles publiques, bien financées, avec suffisamment d’enseignants, a plaidé M. Nadeau-Dubois. Ils veulent une assurance dentaire, une meilleure qualité de vie. »

L’autre co-porte-parole de QS, Manon Massé, a reconnu que l’époque des compressions budgétaires du gouvernement Couillard, qualifiée d’« austérité », avait donné des résultats.

« L’économie va bien, les coffres sont pleins, il faut que tout le monde puisse bénéficier de ces efforts collectifs qu’on a faits par le passé », a-t-elle affirmé, au côté de M. Nadeau-Dubois.

Elle n’a pas voulu dire dans quelles missions de l’État il fallait injecter des fonds. « On va vous revenir tout le printemps avec plein de propositions », a-t-elle déclaré.

QS n’a pas voulu non plus se positionner sur les revendications salariales des syndicats dans les négociations avec les employés du secteur public.

Les professeurs, les infirmières, les inspecteurs de l’environnement, « ces gens-là ont fait les frais de l’austérité », a fait valoir Mme Massé, en ajoutant qu’elle entend les demandes de la population pour de meilleurs services.

« Mais il n’y a pas juste les demandes syndicales. […] On va pas faire la négociation sur la place publique, mais collectivement, il faut aussi être capable de redonner à ces gens-là. »

Rappelons que dans le rapport dévoilé en décembre, le ministère des Finances estimait le surplus à 3,8 milliards $ au 30 septembre 2019. Environ 1,25 milliard $ est à verser au Fonds des générations.

Le premier ministre François Legault a souvent évoqué qu’il ne resterait plus grand-chose des surplus en raison des engagements électoraux que son parti a pris.

Dans les négociations en cours avec le secteur public, Québec offre une augmentation salariale de 7 pour cent sur cinq ans, ainsi que des incitatifs supplémentaires pour certains groupes jugés prioritaires, comme les préposés aux bénéficiaires et les enseignants.

Les syndicats, qui ne forment pas de front commun pour cette partie de bras de fer, réclament toutefois beaucoup plus que la proposition patronale.