Le camp Anglade somme Rizqy de «changer de ton»

La veille, Marwah Rizqy reprochait à Dominique Anglade de « vivre dans le déni » en ne reconnaissant pas que l’éthique est un enjeu qui plombe la perception qu’ont les citoyens du PLQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La veille, Marwah Rizqy reprochait à Dominique Anglade de « vivre dans le déni » en ne reconnaissant pas que l’éthique est un enjeu qui plombe la perception qu’ont les citoyens du PLQ.

La course à la chefferie du Parti libéral du Québec est à peine commencée qu’elle crée déjà des dissensions au sein du caucus : le camp Anglade a organisé lundi une sortie en règle contre « l’équipe Rizqy-Cusson » en lui demandant de « changer de ton ».

La veille, Marwah Rizqy reprochait à Dominique Anglade de « vivre dans le déni » en ne reconnaissant pas que l’éthique est un enjeu qui plombe la perception qu’ont les citoyens du PLQ.

Pour répliquer, le camp Anglade a envoyé Marie Montpetit et Carlos Leitao devant les journalistes. « Je souhaite que Mme Rizqy, ce ne soit pas le ton qu’elle souhaite prendre pour le leadership. Ce n’est pas le style de politique que l’on souhaite faire », a lancé la première.

« […] De personnaliser les choses, de dire : « untel est dans le déni », je trouve ça inacceptable », a ajouté le second.

Lors du lancement officiel de sa campagne dimanche, Alexandre Cusson a déclaré que l’enjeu de l’éthique était « central » dans les discussions qu’il a avec les citoyens du Québec, sur le terrain. « Il y a cette idée constante qu’il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec », a-t-il affirmé.

De quoi entacher « toute la classe politique », s’est désolé Carlos Leitao. « Je pense qu’ils sont allés vraiment trop loin », a lancé le député de Robert-Baldwin.

Pas « hors de contrôle »

Le retour au travail des élus libéraux, à une semaine de la reprise des travaux parlementaires, ne s’est donc pas passé dans l’harmonie. Mais « on n’est pas rendus dans une situation hors contrôle », a assuré le chef intérimaire Pierre Arcand, en s’engageant à ramener ses troupes à l’ordre si certaines situations devaient « nécessiter son intervention ».

Il a rappelé la virulence des attaques de la course à la chefferie de 2013, au cours de laquelle le candidat Raymond Bachand avait donné l’assaut contre le candidat Philippe Couillard en exposant son amitié avec Arthur Porter, alors accusé de complot pour fraude.

Sa collègue Marie Montpetit a en revanche assuré qu’elle n’en resterait pas là. « Il y aura certainement des échanges qui vont se faire avec ça », a-t-elle dit avant d’aller rejoindre sa collègue Marwah Rizqy derrière les portes-clauses du caucus.

Un problème de « perception »

Seule unanimité lundi : tant Pierre Arcand que Marie Montpetit, Carlos Leitao et Dominique Anglade ont reconnu que le PLQ était aux prises avec un problème de « perception » sur les enjeux éthiques.

« Il y a une perception, clairement, parce qu’on en entend parler de façon constante actuellement, et ce n’est pas étranger entre autres à tout ce qui s’est passé la semaine dernière », a admis le chef Arcand. Il faisait référence à la publication de documents judiciaires qui pointent l’ex-premier ministre Jean Charest comme l’une des « personnes impliquées » dans une affaire de financement illégal.

« Il y a un enjeu de perception, mais est-ce que la perception est la réalité ? Est-ce que le Parti libéral, aujourd’hui, en 2020, est le même qu’en 2010 ou en 2005 ? Beaucoup de choses ont changé. Peut-être que la perception est toujours là. Mais la réalité, elle est ailleurs », a ajouté Carlos Leitao.