Frédéric Bastien se lance dans la course à la chefferie du PQ

La campagne de Frédéric Bastien sera officiellement lancée le 9 février à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La campagne de Frédéric Bastien sera officiellement lancée le 9 février à Montréal.

Le professeur et historien Frédéric Bastien est devenu cette fin de semaine le troisième candidat à confirmer qu’il se lancera dans la course à la chefferie du Parti québécois (PQ) qui démarrera samedi.

« Ma réflexion est arrivée à sa fin, et c’est avec plaisir que je vous annonce que je serai candidat à la chefferie du Parti québécois », a-t-il écrit dans une publication Facebook mise en ligne samedi à 23 h. Joint le lendemain matin, le futur candidat a expliqué avoir fait part de sa décision non seulement pour une question de procédures, mais aussi pour avoir l’esprit tranquille. « Je savais que je partais en ski [dimanche] et j’ai fermé mon ordinateur. Ma décision était prise et je voulais “focusser” sur ma journée en ski avec mes enfants », a-t-il confié en entrevue au Devoir. Sa campagne sera officiellement lancée le 9 février à la salle Ninkasi Simple Malt à Montréal.

Frédéric Bastien s’est fait remarquer cet automne après avoir porté plainte contre la juge en chef de la Cour d’appel du Québec, Nicole Duval Hesler. Il l’accusait d’avoir manqué à son devoir de réserve dans le dossier d’appel de la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État.

Plus récemment, il a « menacé » deux juges de la Cour suprême du Canada de porter plainte contre eux s’ils donnaient une conférence servant à lever des fonds pour la Lord Reading, une organisation de juriste qui s’est positionnée contre la loi 21. La participation des deux juges a depuis été annulée.

« Nationalisme assumé »

Le futur candidat mise sur ce désir assumé de se colleter aux instances fédérales pour convaincre les militants péquistes de l’élire à la tête de la formation politique. « Notre parti doit faire preuve d’un nationalisme assumé qui conteste le régime fédéral, en particulier la loi constitutionnelle de 1982 qui, sans notre consentement, a donné aux juges fédéraux le pouvoir d’invalider nos lois. C’est ce que j’ai fait comme historien, c’est ce que je fais comme militant, c’est ce que je proposerai aux membres du Parti québécois durant cette course », a-t-il expliqué sur les réseaux sociaux.

Jusqu’à présent, deux autres candidats ont fait connaître officiellement leurs intentions. Le député et ancien chef intérimaire Sylvain Gaudreault a été le premier à s’être lancé dans la course au leadership en novembre. Ses responsabilités parlementaires ont d’ailleurs été allégées pour qu’il puisse y consacrer plus de temps.

L’avocat et auteur du rapport « Osez repenser le PQ », Paul St-Pierre Plamondon, présentera son programme mardi au Lion d’Or à Montréal.

Je l’ai déjà dit, je ne crois pas que la question du référendum sur l’indépendance doive se faire lors d’un premier mandat. Moi, je veux forcer des négociations constitutionnelles.

Frédéric Bastien estime être en mesure de se démarquer de ses adversaires. « Ce ne sont pas des gens qui se sont attaqués au régime fédéral et qui l’ont véritablement contesté. Moi, je pense avoir mis le doigt sur le bobo [avec la juge Duval Hesler et l’annulation de la conférence]. Je pense que les militants ont une soif de voir qu’on pose des gestes concrets », dit celui qui enseigne au collège Dawson à Montréal. Il souligne que, s’il est élu à la tête du parti et remporte les prochaines élections, il se concentrera sur la question de la Constitution. « Je l’ai déjà dit, je ne crois pas que la question du référendum sur l’indépendance doive se faire lors d’un premier mandat. Moi, je veux forcer des négociations constitutionnelles », mentionne-t-il.

Candidats en réflexion

À une semaine du lancement de la course à la direction péquiste, d’autres candidats intéressés sont toujours en réflexion. L’humoriste Guy Nantel et l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield ont confirmé leur intérêt, mais leur décision n’est toujours pas prise. Tous deux attendent de connaître les règles de la course qui seront fixées le 1er février.

La Presse avait rapporté le 9 janvier que l’exécutif national du parti proposera d’ouvrir le vote aux sympathisants sans qu’ils soient des membres en règle de la formation. Une information qui a été confirmée au Devoir.

Le nom du successeur de Jean-François Lisée sera connu le 19 juin.