PLQ: le clan Cusson s’en prend à Anglade sur les questions éthiques

Alexandre Cusson, candidat à la course à la direction du Parti libéral du Québec
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Alexandre Cusson, candidat à la course à la direction du Parti libéral du Québec

Au « déni » du camp de Dominique Anglade, l’équipe de l’aspirant chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Alexandre Cusson a opposé dimanche sa vision d’un parti qui attaque de front les questions d’éthique.

« C’est central. Quand on se promène au Québec, quand on rencontre les militants libéraux, mais aussi les partisans, les militants des autres partis, il y a cette idée constante qu’il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec », a lancé le candidat Cusson lors du lancement officiel de sa campagne, organisé à l’Aquarium de Québec.

Il a proposé de créer une direction de l’éthique et de la conformité au sein du PLQ, afin de conseiller les militants et de veiller à l’application de politiques comme celle contre le harcèlement, a-t-il expliqué.

Devant ses militants, Alexandre Cusson a aussi marqué son désaccord avec la vision de son adversaire, Dominique Anglade, qui a répété jeudi que « les gens sont ailleurs », notamment depuis que les règles de financement des partis politiques ont été modifiées au Québec.

Pas de « déni »

Alexandre Cusson est « un homme intelligent, qui comprend qu’on ne peut pas vivre dans le déni », a lancé sans détour l’une des deux seules députées du caucus libéral qui appuie cet aspirant chef, Marwah Rizqy. « Il y a des gens qui ne veulent pas parler d’éthique, mais nous, on veut en parler. »

Dans une référence directe au passé caquiste de Dominique Anglade, l’élue a ajouté que, « dans d’autres clans, il n’y en a pas de problème, quand on se promène au Québec, personne ne nous parle d’éthique ».

« Pourtant, nous, on nous en a parlé. Pourtant, c’est elle qui a fait campagne contre le PLQ sur [cette question] », a-t-elle déclaré.

Depuis qu’elle a intégré le PLQ en 2015, Dominique Anglade dit estimer que les nouvelles règles de financement politique et la création de l’Unité permanente anticorruption, entre autres, ne justifient plus les associations entre la corruption et le PLQ — qu’elle avait formulées lorsqu’elle était à la CAQ.

Le clan Cusson, qui n’a visiblement pas oublié les critiques de Dominique Anglade, a donc dit dimanche attendre ses propositions pour régler les problèmes éthiques — réels ou perçus — qui affligent la classe politique au Québec.

Parce qu’en dépit des changements faits au fil des ans, « force est de constater que ça ne se rend pas dans les maisons », a déploré Alexandre Cusson. « Les gens ont encore un doute par rapport au PLQ, par rapport aux autres formations politiques », a-t-il remarqué.

Nationaliser l’eau potable ?

Comme son adversaire, Alexandre Cusson a promis de « rassembler les militants ». Seul devant la foule — souvent jeune — qu’il avait réunie, il a plaidé l’importance d’« ouvrir les portes » et d’« amener du nouveau monde ». « Si, pour gagner, on fait juste ramener des gens qui sont là depuis longtemps […], on va avoir le même résultat en 2022 qu’on a eu en 2018 », a-t-il affirmé.

Celui qui sera bientôt l’ex-maire de Drummondville a aussi promis de « lancer une réflexion » sur la nationalisation de l’eau potable.

Au terme d’explications imprécises, il a résumé cette volonté en disant vouloir « rendre l’exploitation de notre eau potable responsable ». « Et s’il faut aller jusqu’à la nationalisation, s’il n’y a pas d’autre solution, ce sera ça », a-t-il ajouté.

Il a dit trouver inacceptable que des entreprises — elles sont neuf au total — aient versé au cours des dernières années environ 150 000 $ en redevances après avoir puisé plus de deux milliards de litres d’eau annuellement au Québec.

Il a dit trouver « intéressant » l’exemple de l’Ontario, qui, en 2017, a multiplié par 135 les redevances qu’elle exige sur les litres d’eau puisée par les entreprises.