Anglade prône le «renouveau» sans rupture avec l’ère Charest

Dominique Anglade (au centre) au moment du dépôt officiel de son bulletin de mise en candidature
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dominique Anglade (au centre) au moment du dépôt officiel de son bulletin de mise en candidature

La candidate à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ) n’a pas l’intention de « renier l’histoire » du parti — ni l’héritage de son ex-chef Jean Charest — dans sa quête de « renouveau » pour la formation politique.

« L’histoire du Parti libéral, avec l’ensemble de ses anciens premiers ministres, ça fait partie de ce que nous sommes », a-t-elle attesté jeudi, en marge du dépôt officiel de son bulletin de mise en candidature.

À ses côtés, les ex-élus libéraux Norbert Morin et Margaret F. Delisle ont loué les réalisations du gouvernement Charest, non sans préciser qu’ils étaient impatients de répondre à « d’autres questions » que celles concernant les pratiques de financement qui avaient cours pendant le règne de leur ancien chef.

En guise de mot-clé, Dominique Anglade a répété le mot « renouveau ».

« Je pense qu’il faut faire un renouveau au sein du parti, et ce n’est pas rompre avec une ère ou ne pas se rappeler tout l’historique du Parti libéral. C’est plutôt amener un renouveau », a-t-elle répondu lorsque les journalistes lui ont demandé si elle souhaitait rompre avec l’ère Charest.

Elle a refusé d’aller aussi loin que son collègue Marc Tanguay, qui a réclamé mercredi que l’Unité permanente anticorruption « mette un point final d’une façon ou d’une autre » à l’enquête Mâchurer, qui s’intéresse au financement politique du PLQ, notamment sous Jean Charest.

« Est-ce que c’est long, oui », a-t-elle dit au sujet de l’enquête, amorcée il y a six ans. « Je réitère l’importance de l’indépendance de nos institutions », a-t-elle ensuite répété.

De l’héritage « des 14 derniers chefs »

La candidate, qui s’est auparavant dite de l’héritage de Robert Bourassa, a plutôt affirmé jeudi qu’elle était « de l’héritage des 14 derniers chefs du Parti libéral », dont Jean Charest.

Et d’ailleurs, le fait que ce dernier soit visé par une enquête policière « n’a pas d’influence » sur sa campagne et sur ses militants, a-t-elle insisté.

« Les gens sont ailleurs », a ajouté Norbert Morin, qui sera l’un des six coprésidents de la campagne de Dominique Anglade. « M. Charest, c’est un premier ministre qui a été aimé, respecté, mais dans le temps, on allait chercher de l’argent, il n’y avait pas de réglementation qui était aussi sévère. Aujourd’hui, on fait ça dans les règles, et c’est du passé », a-t-il assuré.

De nouveaux appuis

La candidate Dominique Anglade a par ailleurs annoncé de nouveaux appuis, dont ceux de l’ex-ministre de la Santé Yves Bolduc et de l’ex-candidate Gertrude Bourdon. Elle peut désormais compter sur le soutien de 52 élus, anciens élus et ex-candidats.

La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne a aussi annoncé avoir recruté 560 nouveaux membres au PLQ depuis le lancement de sa campagne, en juin.

Son unique concurrent dans la course à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson, doit lancer sa campagne officiellement dimanche.

Dans cette course à deux qui se profile, Dominique Anglade a dit voir la capacité de son équipe « à rassembler les gens derrière notre action ».