Charest accuse l’UPAC d’aller «à la pêche»

Frédérick Gaudreau, commissaire de l'UPAC
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Frédérick Gaudreau, commissaire de l'UPAC

Jean Charest a défendu bec et ongles son intégrité, mardi, à l’occasion d’une première sortie depuis la levée du scellé sur des documents de l’enquête Mâchurer. L’ancien premier ministre a notamment reproché à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’avoir procédé à une « partie de pêche » dans cette affaire.

« On peut toujours jouer les films à l’envers, a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada. Mais moi, la question que je me pose est la suivante : est-ce que j’ai agi lorsque j’ai eu des informations sur les pratiques de financement […] non conformes aux lois ? Et la réponse, c’est oui. »

M. Charest a également renouvelé sa confiance envers l’ancien collecteur de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) Marc Bibeau, dont il n’a « jamais douté de l’honnêteté ». « J’ai la conviction que M. Bibeau, en particulier, n’a pas fait ce que certains lui reprochent. Et qu’il n’y a aucune preuve à cet effet-là », a-t-il lancé.

Si des témoins affirment qu’ils ressentaient le devoir de financer le PLQ pour rester dans le coup, ce n’est « pas du tout la même chose » que de dire qu’une contribution avait été exigée, a fait valoir M. Charest.

Dans les déclarations assermentées sur lesquels le couvert a été levé jeudi dernier, on peut lire que M. Bibeau aurait fait valoir sa capacité d’influencer des décisions en haut lieu à ceux qu’il sollicitait pour obtenir du financement. Les témoignages laissent croire que M. Charest a donné les coudées franches à M. Bibeau, dont il était très proche.

M. Charest a nié l’information selon laquelle l’argentier — jamais officiellement à l’emploi du PLQ ni de l’État — avait déjà distribué des cartes professionnelles assorties du logo du gouvernement.

Au sujet de l’UPAC, M. Charest a repris la ligne très dure que son avocat Michel Massicotte avait adoptée vendredi dernier quand il avait exigé que le corps policier mette fin à l’enquête. En déclenchant « soudainement » une enquête et en interrogeant 300 personnes, l’UPAC s’est livré à « une partie de pêche », selon M. Charest.

« Les allégations [sous serment], vous n’allez pas me blâmer si je prends ça avec un grain de sel, a-t-il expliqué à l’animateur Patrice Roy. Vous êtes d’accord avec moi pour dire que ce n’est pas des faits avérés, pas des faits prouvés. »

Aucune des personnes visées par les mandats liés à l’enquête Mâchurer, débutée en 2014, n’a fait l’objet d’accusations à ce jour.