Guy Nantel peaufine sa candidature à la chefferie du PQ

L’humoriste Guy Nantel pourrait avoir de la difficulté à conjuguer une campagne à la direction du PQ et son calendrier de tournée, rempli jusqu’au 20 juin.
Photo: Groupe Entourage L’humoriste Guy Nantel pourrait avoir de la difficulté à conjuguer une campagne à la direction du PQ et son calendrier de tournée, rempli jusqu’au 20 juin.

L’humoriste Guy Nantel est le plus sérieux du monde. Il a effectué des démarches auprès de militants péquistes au cours des dernières semaines pour l’aider à faire un choix : doit-il ou non tenter sa chance pour devenir le prochain chef du Parti québécois (PQ) ? Il cherche notamment à savoir s’il pourrait conjuguer sa tournée de spectacle avec le calendrier de la course à la direction.

L’un de ces militants est Christian Généreux, le président de l’association de circonscription de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Il a lancé un groupe Facebook, à titre personnel, en appui à la candidature de Guy Nantel. Ce groupe compte aujourd’hui quelque 600 membres.

« On s’est parlé à quelques occasions, a-t-il révélé en entrevue au Devoir. Je lui ai parlé un petit peu de comment ça marche à l’interne du Parti québécois. »

Il a la faculté de bien communiquer l’information, il n’a pas la langue de bois — que je trouve rafraîchissant — et il ne connaît pas le monde politique à l’interne, donc la politicaillerie, il n’est pas là pour ça

Les deux hommes se sont aussi rencontrés pour discuter de pistes de réflexion comme les implications d’être chef d’un parti politique, de se faire élire comme député et l’incidence que ces nouveaux rôles pourraient avoir sur son mode de vie.

Connu pour son humour à saveur politique et sociale, Guy Nantel a également publié un livre documenté, en 2017, qui porte sur l’indépendance du Québec et son histoire. Dans cet ouvrage intitulé  Je me souviens… de rien, il plaide pour la souveraineté. C’est l’un des facteurs qui rendent sa candidature intéressante, selon Christian Généreux.

« Premièrement, c’est un citoyen engagé, a-t-il remarqué. Il est intelligent, il connaît très bien son histoire du Québec. Il a aussi la faculté de bien communiquer l’information, il n’a pas la langue de bois — que je trouve rafraîchissant — et il ne connaît pas le monde politique à l’interne, donc la politicaillerie, il n’est pas là pour ça. »

D’autant plus que sa notoriété pourrait attirer l’attention sur le parti aujourd’hui relégué au statut de troisième groupe d’opposition.

Or, l’humoriste pourrait avoir de la difficulté à conjuguer une campagne à la direction et son calendrier de tournée qui est rempli jusqu’au 20 juin. Le choix du prochain chef du PQ doit avoir lieu le 19 juin, selon la proposition de règlement récemment présentée par l’exécutif national. La date doit être approuvée le 1er février par une conférence de coordination formée des membres de l’exécutif, des 9 membres du comité national des jeunes et des 18 présidents de région.

« C’est sûr et certain qu’il y aurait une gymnastique d’horaire à faire, a reconnu M. Généreux. Donc, ça aussi, c’est une autre affaire à réfléchir. Quand on regarde le calendrier, est-ce que c’est faisable, est-ce que c’est possible ? »

Questions inusitées

Sa candidature soulèverait d’autres questions inusitées, selon l’ancien président du PQ, Raymond Archambault, qui avait agi à titre de président d’élection lors de la dernière course à la direction péquiste en 2016.

« Toutes les activités d’un candidat pendant une course à la direction sont considérées comme des dépenses de campagne, a-t-il expliqué. Alors, s’il donne un spectacle pendant la campagne à la direction du parti, est-ce que c’est considéré comme une dépense ? Combien ça vaut un spectacle ? Est-ce que la publicité du spectacle en elle-même est considérée comme une dépense d’élection ou non ? Ça, c’est au parti à déterminer ça. »

Il estime toutefois que la candidature de l’humoriste « mettrait du piquant » dans la course. « C’est plus qu’un clown, a-t-il dit. C’est quelqu’un qui a une réflexion politique et aussi qui dans ses entrevues avec les chefs de parti lors de la dernière campagne électorale savait poser les bonnes questions et savait répondre aux questions que pouvaient lui poser les candidats. »

M. Nantel avait notamment réalisé l’un de ses fameux vox pop avec François Legault. L’humoriste n’a pas accordé d’entrevue au Devoir. Il a toutefois abordé la question d’une éventuelle entrée en politique, lundi, au micro de Sophie Durocher sur QUB Radio.

« J’ai eu beaucoup d’intérêt de personnes qui sont impliquées de très près ou de moins près — mais quand même d’assez proche — dans différents départements de la “business” souverainiste, voire PQ, a-t-il affirmé en ajoutant avoir trouvé le tout flatteur. Et puis, il y a toute la conjoncture de ma tournée qui se termine et je me dis que ça adonne bien aussi […].» Il attend toutefois de connaître les règles finales avant de faire son choix.

12 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 10 janvier 2020 07 h 35

    Comment accéder à l'indépendace?

    Moi j'ai hâte de savoir ce que ce monsieur ( Guy Nantel) popose pour accéder à l'indépendance politique du Québec. C'est pourtant ce qu'il y a de plus important il me semble. Un référendum ou pas ? Un référendum dans un premier mandat ou pas? etc Monsieur Parizeau lui a muri longtemps son plan et il l'avait préparé dans les moindres détails. Ce n'est pas quelque chose qui peut s'improviser.

    Il est peut-être convaincu de la nécessité de faire du Québec un pays indépendant tant mieux mais sait-il comment on peut et on doit s'y prendre dans l'espoir d'y arriver? J'en doute fort.

    Il peut faire un travail d'éducation populaire s'il le veut parce qu' il parait qu'il s'y connait en la matière mais de là à se présenter à la chefferie du Parti québécois il y a une marge. Ça demande plus d'expérience, de connaissances, de compétences et de relations avec des gens d'autres pays.

    On ne «vend» pas l'indépendance du Québec comme on vend une marque de yogourt comme le disait Falardeau même s'il s'appelle LIberté.

    C'est ce que je crains. Je crains qu'on mette l'indépendance sur le même pied qu'un vulgaire produit de consommation.

    Il ne s'agit pas de vendre pour moi, il s'agit de convaincre. Il faut faire appel à l'intelligence des gens et non pas uniquement à leurs émotions.

    Je dois dire en terminant que je ne connais pas dutout ce monsieur. Je ne l'ai jamais entendu. Aurais-je tort?

  • Jean-Paul Gagnon - Abonné 10 janvier 2020 07 h 39

    C'EST UNE GROSSE FARCE

    On constate que Guy Nantel prend très au sérieux sa candidature à la direction du PQ...
    Candidature à temps partiel pour souveraineté à temps partiel!

    • Louise Collette - Abonnée 10 janvier 2020 09 h 32

      Bin quin !!

      Beaucoup de gens ont fait de la politique sans expérience, il ne serait pas le premier.

      Pas une plus grosse farce que Philippe Couillard disons, oubedon Justin Trudeau qui était acteur....ou alors Trump, ou alors Reagan et j'en passe.
      Laissons-le aller, on verra bien.
      Les gens peuvent nous étonner, dans le bon sens ou dans le mauvais sens, c'est selon.

    • Pierre Samuel - Abonné 10 janvier 2020 12 h 36

      @ Mme Louise Collette :

      Bien d'accord. d'ailleurs, dans la situation actuelle du PQ, vraiment rien à perdre ....

      Combien de politiciens, de tous temps, furent-ils des humoristes qui s'ignoraient ou non ?

      Parmi les meilleurs, qui se rappelle, entre autres, de Réal Caouette, chef du Crédit social à Ottawa et de son compère
      à Québec, Camil Samson ?

      Sans compter le parti Rhinocéros, fondé par le réputé médecin-écrivain Jacques Ferron, qui connut une certaine notoriété à l'époque de PET à Ottawa ?

      Et actuellemernt, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ex-humoriste professionnel, copain-copain avec l'inénarable Donald Trump n'en sont-ils pas des cas exemplaires ?

      Salutations !

    • Louise Collette - Abonnée 10 janvier 2020 17 h 00

      Bien d'accord Monsieur Samuel.

      Je prends l'exemple de Boucar Diouf par exemple, biologiste, océanographe et j'en passe, pourtant, il fait de l'humour, des spectacles d'humour, que j'ai vus, et ce n'est pas n'importe quoi. Il y a des gens qui sont très polyvalents.

      Salutations également.

    • Pierre Samuel - Abonné 11 janvier 2020 06 h 56

      @ Mme Collette :

      Là vous frappez vraiment dans le mille ! Effectivement, quant à y être, Boucar Diouf pourrait être un excellent candidat. Humaniste à l'intelligence supérieure, parfaitement intégré et d'une érudition phénoménale !

      Quel politicien actuel, peu importe son niveau, posséde un tel bagage? Je le crois toutefois trop brillant pour se confronter quotidiennement à pareille foire d'empoigne ...

  • Gilles Delisle - Abonné 10 janvier 2020 09 h 41

    L'art de rire du monde. ( prise 2)

    Après Mike Ward et Jean Charest, voici Guy Nantel !

    • Gilles Théberge - Abonné 10 janvier 2020 16 h 12

      C'est un commentaire gratuit monsieur Delisle. Comparer deux personnes connues pour leur turpitudes à Guy Nantel...

      Je ne connais pas de « scandale » auquel Guy Nantel aurait été mêlé.

      Je pense qu'il aurait été mieux de réfléchir avant de faire une telle affirmation.

    • Louise Collette - Abonnée 11 janvier 2020 07 h 08

      Je serais Guy Nantel, je ne serais pas du tout content qu'on me compare à Mike Ward, pas du tout le même style disons, et encore moins à Jean Charest.
      Commentaire désobligeant.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 janvier 2020 10 h 10

    « L’humoriste veut savoir s’il peut conjuguer sa tournée de spectacles avec la course à la direction.» (Mylène Crête)



    Bref! Il voudrait conjuguer deux spectacles de variétés

  • Loyola Leroux - Abonné 10 janvier 2020 10 h 15

    Enfin, nous aurons un vrai chef sérieux.

    Bravo a Giuy Nantel.