Le PLQ réclame des États généraux sur les changements climatiques

La députée Marie Montpetit a représenté le Parti libéral du Québec à la COP25 à Madrid.
Photo: Francis Vachon La Presse canadienne La députée Marie Montpetit a représenté le Parti libéral du Québec à la COP25 à Madrid.

L’opposition officielle à l’Assemblée nationale réclame des États généraux sur les changements climatiques.

Le Parti libéral (PLQ) demande au gouvernement Legault de rassembler tout le monde autour d’une même table, afin de trouver des solutions devant l’urgence climatique.

Au moment où le sommet des Nations unies sur les changements climatiques, la COP25, se termine à Madrid sur la déception et l’échec, le PLQ exige que le gouvernement caquiste mobilise toute la société pour agir promptement.

La députée Marie Montpetit représentait le Parti libéral à la COP25 de Madrid. Elle presse le gouvernement Legault de faire prendre un virage vert au Québec.

« Le feu est pris à une partie de la maison, il est temps de passer en mode urgence, mais on ne la sent pas, cette urgence, de la part du gouvernement », a déclaré la porte-parole libérale en environnement dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne diffusée dimanche.

La députée de Maurice-Richard a affirmé que l’environnement est un « enjeu non partisan » et qu’il est temps de réunir les partis, la société civile et les entreprises, pour convenir d’un plan.

Elle propose des États généraux : les gouvernements successifs ont eu recours à des États généraux au cours des années, sur différents thèmes, notamment l’éducation, mais jamais sur l’environnement ou les changements climatiques.

Les États généraux sont des assises qui rassemblent des participants de tous les horizons pour aborder en profondeur un enjeu.

Le gouvernement caquiste doit déposer un plan d’action en matière de changements climatiques en 2020. Depuis l’élection de la CAQ en octobre 2018, il n’y a eu que des « mesurettes », a déploré Mme Montpetit.

Ainsi, pour la confection du plan d’action gouvernemental sur les changements climatiques prévu pour 2020-2030, il faut que tout le monde soit à table dans un sommet comme des États généraux, a-t-elle prôné.

Le premier ministre François Legault a reconnu la semaine dernière que son gouvernement souffrait d’un déficit de crédibilité en matière de protection de l’environnement.

« C’est un premier pas, a-t-elle commenté avec ironie. Il vient de le réaliser. »

La CAQ a déjà accompli le quart de son mandat et il faut du temps pour mettre en place un plan sérieux, a-t-elle rappelé pour presser M. Legault à se rattraper.

« Ça va vite, un mandat, c’est du temps qui passe et qu’on ne peut récupérer », a-t-elle conclu en citant une chanson de Barbara : « dis, au moins, le sais-tu, que tout le temps qui passe ne se rattrape plus ».

Cette semaine, les partis d’opposition et les groupes écologistes ont blâmé le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pour s’être présenté à la COP25 sans des cibles de réduction des émissions de gaz à effet (GES) du Québec plus ambitieuses, comme le demandent pourtant un groupe de scientifiques de l’ONU, le GIEC, à tous les États.

Dans son dernier rapport, en octobre, le GIEC a demandé aux États de diminuer davantage les émissions polluantes pour éviter la catastrophe climatique. Si les gouvernements ne fixent pas des cibles de réduction plus exigeantes, le réchauffement planétaire pourrait atteindre 3,5 degrés Celsius, plutôt que l’objectif de 1,5 degré convenu dans l’Accord de Paris de 2015.

Le gouvernement Legault a déjà reconnu qu’il n’atteindrait pas la cible de 2020, 20 % de réduction de GES par rapport à l’année de référence 1990. Le GIEC recommande de fixer une cible de réduction 50 % pour 2030, mais le gouvernement caquiste veut garder la cible de 37,5 %. Pour 2050, le GIEC recommande carbone zéro et le ministre Benoit Charette a dit être ouvert à rehausser la cible actuelle de 80 % de réduction.