Des cours de français gratuits pour tous, propose un élu libéral

Le député libéral Gregory Kelley propose la gratuité de l'enseignement du français pour toute personne résidant au Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député libéral Gregory Kelley propose la gratuité de l'enseignement du français pour toute personne résidant au Québec.

L’élu libéral Gregory Kelley propose de rouvrir la Charte de la langue française afin d’y ajouter un « droit à la gratuité des services d’enseignement du français » pour tous les Québécois.

« Tout le monde a le droit de vivre ici ensemble [et d’]être capable de s’exprimer en français », a-t-il fait valoir après avoir déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi 590.

Celui-ci stipule que : « toute personne qui réside au Québec a droit à la gratuité des services d’enseignement du français ».

En 2016, 30 % des personnes de langue maternelle anglaise se disaient incapables de soutenir une conversation en français, selon le Rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec de l’Office québécois de la langue française (OQLF).

D’autre part, 94 % des Québécois se déclaraient capables de soutenir une conversation en français. Aux yeux de l’ex-ministre responsable de l’application de la loi 101, Christine St-Pierre, « il y a encore du chemin à faire » pour accroître la proportion de Québécois en mesure d’échanger en français.

Son confrère Gregory Kelley demande au gouvernement caquiste de procéder à « un investissement qui est positif pour la langue française » en prenant en charge les frais d’inscription des résidants québécois à des cours de francisation.

« Ce n’est pas juste pour les anglophones », a fait remarquer le porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise.

Les francophones et allophones, qui souhaitent perfectionner leur maîtrise du français — dans le but de décrocher un nouvel emploi par exemple — devraient aussi avoir la possibilité de le faire gratuitement, est-il d’avis.

« Notre langue, c’est une fierté à tout le monde. Il faut regarder ça avec une vision qui est plus positive », a-t-il fait valoir à deux jours de la relâche parlementaire.

Accueil favorable

Le premier ministre François Legault s’est dit « très ouvert » à donner suite à la proposition de l’opposition officielle, d’autant plus qu’elle « revenait encore et encore » durant la consultation des organismes des communautés d’expression anglaise menée par le député Christohper Skeete au fil des derniers mois.

« On évalue vraiment cette proposition […] de s’assurer que des cours de français aux anglophones, pas seulement aux immigrants, soient offerts », a mentionné M. Legault.

Élargissement de la loi 101

Le Parti libéral du Québec est désormais favorable à l’assujettissement des entreprises à charte fédérale à la Charte de la langue française.

« On est rendus là au Québec et on devrait aller de l’avant avec cette suggestion-là », a mentionné Mme St-Pierre, tout en invitant le Parlement fédéral à légiférer en ce sens.

« Le gouvernement de M. Trudeau, je pense, est très conscient de l’importance de la protection, de la promotion de la langue française », a-t-elle fait valoir.

L’élue libérale demande aussi au gouvernement fédéral de s’assurer qu’« on soit capable de voir que le français est appliqué partout dans les institutions fédérales ».

En octobre dernier, le ministre Simon Jolin-Barrette a promis de mettre en oeuvre des mesures « costaudes » afin de renforcer la présence de la langue française au Québec. Celels-ci se font toujours attendre.