L’Espagne réplique aux élus de l’Assemblée nationale du Québec

M. Enrique Ruiz Molera réagit à la motion adoptée à l’unanimité par les élus québécois le mardi 29 octobre dernier dans laquelle l’Assemblée nationale déplore la montée des tensions et l’augmentation des violences en Catalogne.
Photo: Josep Lago Agence France-Presse M. Enrique Ruiz Molera réagit à la motion adoptée à l’unanimité par les élus québécois le mardi 29 octobre dernier dans laquelle l’Assemblée nationale déplore la montée des tensions et l’augmentation des violences en Catalogne.

L’ambassadeur d’Espagne au Canada, Enrique Ruiz Molero, donne une leçon de droit constitutionnel espagnol à l’Assemblée nationale, un mois après que les élus québécois aient déploré d’une seule voix la montée des tensions et l’augmentation des violences en Catalogne.

« [N]otre système indépendant a ainsi mis fin à un épisode de division », assure-t-il dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, François Paradis. Après avoir « récemment subi un test », l’État érige la « réconciliation entre et avec tous les Catalans » comme une « priorité absolue », poursuit-il.

M. Ruiz Molera réagit à la motion adoptée à l’unanimité par les élus québécois le mardi 29 octobre dernier dans laquelle l’Assemblée nationale « s’inquiète des peines d’emprisonnement récemment infligées à des politiciens catalans élus légitimement et démocratiquement, des peines très sévères dans un État démocratique européen » et « appelle […] au respect des droits et libertés fondamentales de l’ensemble des citoyens et citoyennes de la Catalogne et de l’Espagne ». La motion du Parlement québécois faisait écho aux peines de neuf à 13 ans prononcées contre des élus catalans par un tribunal espagnol pour avoir tenu un référendum sur l’indépendance.

Les « dirigeants sécessionnistes catalans » ont été « jugé[s] avec équité et transparence », réplique M. Ruiz Molera dans sa missive de trois pages. Pour preuve, « le procès a été retransmis en direct », précise le diplomate espagnol. À ses yeux, la Cour suprême de l’Espagne « a montré, encore une fois, que personne n’est au-dessus de la loi et qu’il n’y a pas de démocratie en dehors de l’État de droit ». « La Constitution garantit à la fois l’autonomie de la Catalogne et protège l’unité de notre nation », plaide l’émissaire de Madrid posté à Ottawa.

L’ambassadeur Ruiz Molera reproche à « une minorité [de vouloir] imposer ses vues à l’ensemble de la population, affirmant qu’eux et seulement eux représentent les Catalans ». Il juge cela « vraiment inquiétant ».

La motion de l’Assemblée nationale du Québec n’a pas laissé indifférent, non plus, le Parlement de la Catalogne. Le « soutien » des élus québécois est « essentiel pour préserver la paix, la démocratie, les libertés civiles et les droits fondamentaux », souligne le président du Parlement de la Catalogne, Roger Torrent i Ramió, dans une lettre.