Victoire de la CAQ dans Jean-Talon: Legault veut demeurer «humble»

La candidate de la Coalition avenir Québec, Joëlle Boutin, a remporté une victoire sans équivoque, raflant 43,3% du vote.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La candidate de la Coalition avenir Québec, Joëlle Boutin, a remporté une victoire sans équivoque, raflant 43,3% du vote.

Le premier ministre François Legault promet de demeurer « humble », fuyant toute tentation de céder à l’arrogance, malgré la victoire éclatante de son parti dans Jean-Talon lundi, qui lui permet de diriger une équipe comptant désormais 76 députés.

Mais cette attitude de modestie dans la victoire ne semble pas nécessairement aller de soi dans son équipe, puisque M. Legault sent le besoin de rappeler à ses députés et ministres de résister à la tentation de l’arrogance, et ce, « chaque semaine ».

« Je le répétais tantôt au caucus et je vais continuer à le répéter à chaque semaine : c’est important de rester humble », a commenté M. Legault en mêlée de presse, mardi, après avoir présenté aux députés caquistes la nouvelle recrue, Joëlle Boutin, élue lundi.

Avec une majorité accentuée, le chef du gouvernement du Québec est plus que jamais en position de force, au lendemain de l’élection complémentaire dans la forteresse libérale de Jean-Talon, qui s’est écroulée pour la première fois en un demi-siècle, privant ainsi le Parti libéral du Québec (PLQ) de sa seule et unique circonscription à l’est de Montréal.

La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Joëlle Boutin, a remporté une victoire sans équivoque, raflant 43,3 % du vote, contre 25 % pour la candidate libérale, Gertrude Bourdon, qui mord la poussière pour une seconde fois en 14 mois en tant que candidate du PLQ.

« C’est très fragile la confiance des citoyens, a insisté M. Legault. Il faut la gagner à chaque jour. Il faut rester humble. Et je vais continuer de le répéter à mes ministres et à mes députés », qui semblent durs d’oreille.

Taux de satisfaction à 60%

Questionné à savoir s’il était lui-même doué pour éviter de pavoiser, alors que la popularité de son gouvernement ne se dément pas depuis un an, M. Legault a répondu par l’affirmative.

Le taux de satisfaction envers son gouvernement se maintient autour de 60 %, selon les récents sondages.

Le chef de l’opposition officielle et chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand, n’avait quant à lui aucune raison de bomber le torse, après avoir vu son parti encaisser une nouvelle rebuffade.

« Le message, c’est qu’il faut travailler plus fort », a-t-il dit en point de presse, à la suite du résultat décevant obtenu dans Jean-Talon.

Il a réaffirmé que le parti devait reconnecter avec les francophones et avec les électeurs habitant dans les différentes régions du Québec.

« Il faut trouver une façon pour nous de reconquérir ce vote, en proposant des choses qui vont nous aider dans les régions », a dit M. Arcand, au moment où le PLQ est en pleine course au leadership.

En troisième place, Québec solidaire (QS) misait beaucoup sur le vote des jeunes pour conquérir Jean-Talon, où on trouve l’Université Laval. Mais les jeunes électeurs solidaires ont apparemment préféré rester solitaires à la maison.

Le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit que la faible performance de sa formation politique dans Jean-Talon lundi, encore plus faible que lors du scrutin général de l’an dernier, s’explique par le faible taux de participation chez les jeunes.

QS n’avait récolté que 19 % du vote dans Jean-Talon en 2018 et a dû se contenter de 17 % d’appui lundi.

« On avait besoin d’un vote massif de la part des jeunes », ce qui ne s’est pas produit, a convenu devant les médias M. Nadeau-Dubois, qui voulait faire du projet de Troisième lien entre Québec-Lévis la « question de l’urne ».

Le chef péquiste, Pascal Bérubé, a lui aussi accusé le coup, son parti étant relégué à la quatrième position, avec un appui encore inférieur à celui de l’an dernier, lors de l’élection générale.

« On a fait ce qu’on pouvait », a-t-il commenté, disant vouloir rapprocher sa formation des gens de Québec et de leurs préoccupations. Le PQ est totalement absent de la région de la capitale.

Le PQ, qui avait récolté 14 % du vote dans Jean-Talon, en 2018, n’a reçu l’appui que de 9,3 % des électeurs lundi.

Les 125 sièges de l’Assemblée nationale se répartissent désormais ainsi : 76 pour la CAQ, 28 pour le PLQ, 10 pour QS, 9 pour le PQ et 2 indépendants.