La CAQ et le peuple

Après la présentation du projet de loi 21 sur la laïcité, François Legault y affirmait que son approche «respecte ce que souhaitent une grande majorité des Québécois».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Après la présentation du projet de loi 21 sur la laïcité, François Legault y affirmait que son approche «respecte ce que souhaitent une grande majorité des Québécois».

C’est devenu une habitude au sein du gouvernement Legault : invoquer l’appui de la population pour légitimer des décisions controversées. Une stratégie aux relents populistes qui a ses avantages… mais aussi ses limites, relèvent des observateurs. Décodage.

Si l’on en croit ce que disait François Legault en entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir (Radio-Canada) dimanche dernier, le premier ministre peut difficilement marcher dans la rue sans se faire aborder pour recevoir des éloges et des marques d’approbation.

La Loi sur la laïcité ? « Les gens, quand ils m’arrêtent dans la rue, me disent : “Merci, M. Legault, on se sent fiers, on sent qu’on a un gouvernement qui respecte ses promesses.” » La réforme en immigration ? « Les gens m’arrêtent souvent pour me dire : “M. Legault, vous avez raison : les immigrants qu’on choisit doivent davantage répondre aux besoins des entreprises.” »

La performance du ministre Simon Jolin-Barrette ? « J’ai passé une bonne partie de l’été à me faire dire : “Votre petit Jolin-Barrette, bravo, dites-lui de continuer.” » Globalement ? « C’est incroyable, le nombre de Québécois qui m’arrêtent pour me dire : “Vous nous avez redonné notre fierté d’être Québécois.” »

Faire appel au peuple, à des sondages, au plus grand nombre, c’est une façon d’avoir un argument d’autorité et un argument pragmatique

«Ça revient toujours à dire : “Les gens nous soutiennent, donc on a raison” », observe Mireille Lalancette, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières et membre du Groupe de recherche en communication politique. « C’est un parti qui est encore sur une impulsion électorale, ajoute le politologue Marc-André Bodet, de l’Université Laval. Les succès aux élections générales ou partielles — comme lundi dans Jean-Talon — nourrissent un sentiment de légitimité et d’appui. »

L’entrevue de dimanche reposait là-dessus : « les gens » — en général — soutiennent François Legault et les actions de son gouvernement. Dans ce contexte, les critiques viennent d’une minorité.

Au-delà des sondages de la rue du premier ministre — qu’il serait audacieux de qualifier de scientifiques —, le gouvernement caquiste rate d’ailleurs peu d’occasions d’asseoir sur le socle d’une opinion publique majoritaire le bien-fondé de ses actions.

« C’est une stratégie qui permet de justifier moralement sa conduite et ses décisions, de contrer les critiques, dit Mireille Lalancette. Faire appel au peuple, à des sondages, au plus grand nombre, c’est une façon d’avoir un argument d’autorité et un argument pragmatique. »

Mais est-ce du populisme ? « Il faut trois conditions pour parler de populisme, répond M. Bodet. D’abord, il faut construire un peuple imaginé qui veut ceci et cela — ce qui est utilisé par la CAQ. Mais il y a deux autres dimensions qui sont absentes ici : l’opposition entre le peuple et les élites, et la remise en cause des normes et des institutions. »

« C’est comme ça qu’on vit »

Cela dit, Mireille Lalancette estime qu’il y a derrière la stratégie caquiste l’idée de forcer les opposants à se « rallier à la masse. Si tu habites au Québec, tu dois suivre le groupe », dit-elle pour illustrer son propos. Cela fait notamment écho au message vidéo que François Legault avait enregistré après la présentation du projet de loi 21 sur la laïcité. Il y affirmait que son approche « respecte ce que souhaitent une grande majorité des Québécois » et concluait après 140 secondes qu’« au Québec, c’est comme ça qu’on vit ».

D’autres exemples ? Le printemps dernier, alors que le projet de loi était à l’étude, le ministre Simon Jolin-Barrette disait avoir « bon espoir que les partis d’opposition vont entendre la population québécoise, qui réclame ce projet de loi ». Sur ce sujet, lui et François Legault ont souvent fait référence aux sondages qui montraient un appui de la population aux grandes lignes du projet de loi… mais qui révélaient aussi certains malaises laissés de côté par Québec. « C’est sûr qu’on gomme les nuances avec cette stratégie », dit Mireille Lalancette.

Dans le même ordre d’idée, Le Devoir révélait mardi que certains comités de parents touchés par le projet de loi 40 estiment que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, instrumentalise l’appui donné par la Fédération des comités de parents francophones à sa réforme. « Si le ministre dit qu’on appuie le projet de loi, il doit ajouter qu’on formule deux exigences et 28 recommandations pour l’améliorer », rappelait d’ailleurs le président de la Fédération.

Dans le dossier de l’immigration et de la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), François Legault avait aussi cherché à voiler les critiques (qui ont finalement forcé le report du projet caquiste) en les opposant à ce qu’il lisait en ligne. « Si vous regardez ma page Facebook, je peux dire que 90 % des gens appuient ce que fait le gouvernement », avait-il dit.

« Justifier des décisions en disant que tout le monde est d’accord, ce n’est pas nécessairement la meilleure idée, dit Mireille Lalancette. On s’éloigne du principe du politicien vertueux qui a une réflexion plus large, qui va au-delà des émotions et de la perception. »

Cet été, l’ancien ministre libéral Geoffrey Kelley (engagé dans la défense des commissions scolaires anglophones) soutenait ainsi que la CAQ « est un gouvernement qui gère en disant : “Nous avons un sondage qui indique que nos gestes sont populaires.” […] Sauf qu’on ne peut pas assujettir les droits des minorités à un sondage ».

Dans tout cela, Marc-André Bodet voit surtout un nouveau gouvernement qui doit encore bâtir des ponts avec la société civile. « La CAQ dispose toujours de forts appuis et n’a pas encore eu vraiment besoin de développer un réflexe de consultation à travers les réseaux de la société civile, qui donnent une autre forme de légitimité, dit-il. Mais ça viendra : quand l’appui électoral sera moins présent, il faudra trouver des appuis ailleurs. »

51 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 4 décembre 2019 05 h 44

    Rien de nouveau

    Régis Labeaume gouverne Québec de cette manière depuis 2007, avec en plus, dans son cas, une propension au dénigrement et à l'insulte.

  • Réal Boivin - Abonné 4 décembre 2019 06 h 06

    Les médias et la démocratie.

    La démocratie c'est le pouvour du peuple. Le peuple décide ce qu'il pense être le mieux pour lui et élit des députés pour le représenter.
    C'est la majorité qui parle.

    Mais voilà que depuis plusieurs années, de très petites minorités criardes ont détourné la démocratie en leur faveur avec les médias de la bien-pensance pour les appuyer. La démocratie doit protéger les minorités mais pas au détriment de la majorité.

    Le gouvernement de la CAQ a remit le pendule à l'heure et redonner le vrai sens au mot démocratie, la volonté du peuple.

    • Clément Fontaine - Abonné 4 décembre 2019 09 h 09

      Tant que la volonté populaire est claire, la CAQ va évidemment tirer son épingle du jeu politique. Mais comment réagira-t-elle dans des dossiers beaucoup plus complexes et controversés? Je pense à l'environnement, et plus particulièrement au gigantesque projet Énergie Saguenay. Je m'attends à ce que les organismes chargés d'en évaluer les impacts approuvent finalement le projet mais avec de gros bémols, c'est à dire en faisant des recommandations importantes pour protéger l'écosystème de la région et se rapprocher des objectifs de réduction des GES au Canada même.

      Au niveau provincial, ce sera au gouvernement caquiste de décider s'il peut faire confiance ou non au promoteur pour mettre en application ces recommandations. Il devra évaluer la crédibilité du promoteur GNL Québec mais aussi tenir compte du niveau d'acceptabilité sociale du projet Énergie Saguenay dans l'ensemble du Québec. Ce sera tout un dilemme car même si la communauté scientifique et de nombreux économistes ne croient pas aux vertus de ce projet, la majorité de la population su Saguenay-Lac-St-Jean continue de l'appuyer en raison des promesses répétées de retombées économiques considérables. C'est là qu'on verra si de quel bois - ou combustible fossile - se chauffe le gouvernement de M. Legault.

    • Alain Pérusse - Abonné 4 décembre 2019 09 h 59

      À M. Boivin: Tant qu'à faire, abolissons les élections, le "Peuple" est désormais au pouvoir! Non mais...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 13 h 15

      A M.M. Boivin et Pérusse

      Parlant démocratie, la CAQ s'apprête à enlever le mode d'élections des commissaires d'écoles au suffrage universel, mais seulement chez les francophones. Pas fort, dans ce cas, la démocratie caquiste.

      La CAQ propose une nouvellle organisation calquée sur la gestion en santé:un affaire de fonctionnnaiares! Seul le directeur général de l'organisation pourra aller sur la place publique.Exactement le même système que Gaetan Barrette a installé en santé. Pas fort!

      Il y aura, même, 4 employés sur le conseil d'administration: ce qui veut dire qu'Ils seront continuellement en situation de conflits d'intérêts.
      Pas fort la CAQ, là-dessus!

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 4 décembre 2019 13 h 31

      Une démocratie populiste

      De Madame Paillé à M. Legault, en passant par les scribes du Journal de Montréal, de Le Devoir, de la Presse, c'est l'unanimité. M. Legault : «J'ai reçu un chèque en blanc du peuple québécois». Soixante-douze % de votes francophones. Et les 72% de Québécois à l'unisson vibrent : oui, c'est notre gouvernement. Pour une fois, il y a
      communion de pensées. Cependant, j'estime, que ce pensant, les Québécois qui ont rejeté l'indépendance en 1995 assimilent la victoire de la CAQ à l'instauration, factice, de la République du Québec. Son président, M. Legault, ne considère-t-il pas le PM du Canada comme son homologue ? La démocratie de la majorité en est une de populisme de droite, de l'autoritarisme. La promulgation de la Loi 21, sous bâillon, en est un parfait exemple. C' est le rejet définitif des «minorités» politiques qui n'ont plus voix au chapître.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 décembre 2019 13 h 33

      CES MÉDIAS...qui instrumentalisent ! ET ces Associations qui exigent.!
      EXEMPLE:: au paragraphe débutant par: "Dans le même ordre d'idée, LE DEVOIR révélait mardi que: ... "CERTAINS" comités de parents, touchés par le projet de loi 40, estiment que le Ministre Bergeron instrumentalise l'appui donné par la FCPFQ....etc etc et,, Le Devoir de poursuivre avec une réaction du Président de la même fédérarion (FCPFQ) qui dit: "....si le Ministre dit qu'on appuie le projet de loi 40 (projet de loi non réfuté par la FCPFQ), on "demande" par contre 28 recommandations et «EXIGE» 2 changements...etc etc

      Que ce... «certains» comités de parents ..( selon Le Devoir) ... devienne une «EXIGENE» dans la bouche du président de la FCPFQ ...il y a une marge .
      Il aurait fallu que Le Devoir dise que la majorité des comités de parents était d'accord avec le projet de loi.
      Il aurait fallu que le Président de la FCPFQ ...se dise prêt à rencontrer le Ministre et à discuter à nouveau de....
      .

  • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 07 h 14

    Sur l'air d'aller du PL21

    La majorité des Québécois appuient toujours PL21. C'est pour cela que, malgré les promesses non remplies ou bafouées et cela après seulement 14 mois de pouvoir, l'effet de halo est toujours là. La carte identitaire.Il faut ajouter que le PLQ et le PQ n'ont pas de chef.

    Et même le PL21, la CAQ n'a pas respecté son engagement en exemptant les écoles privées: l'enseignant de secondaire 1 à Brébeuf est tout aussi en position d'autorité que l'enseignant de secondaire 1 à l'école publique la plus proche; d'autant plus que le privé est grassement subventionné.

    Sous un gouvernement libéral ou péquiste, encore plus solidaire, le ministre Jolin-Barrette aurait été rétrogradé suite à ses nombreuses gaffes; pis son chef durement blâmé pour l'avoir appuyé.

    Si j'étais chef du PLQ, je reviendrais sur les nombreuses promesses reniées ou bafouées, après seulement 14 mois de pouvoir. Et sur les virements de politiques à 180 degrés, notamment sur les étudiants immigrants et sur la promesse de la prochaine élection à la proportionnelle.

    • Renée Lavaillante - Abonnée 4 décembre 2019 09 h 19

      Ça s'écrit erre d'aller, pas air d'aller.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 12 h 15

      @ Mme Lavalllante

      Merci de la correction! Je l'ai écrit à la québécoise!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 décembre 2019 19 h 37

      M. Grandchamp ne vous cachez derrière ce : " à la québécoise".../ .écrivez le bon mot / faites l'effort de vous relire / la langue française a assez de difficulté à se faire entendre...n'en rajoutez pas..! D'ailleurs "erre" et "air" n'ont aucun lien commun sauf d'avoir la même consonance... Mme Lavallante avait raison.

      Je vous invite à suivre le Mouvement Québec français....Ce dernier a publié récemment une «Étude du Conseil supérieur de la langue française» .208 pages qui vous inciteront à la bien écrire ...et, la bien parler..
      D'ailleurs, cette étude visait surtout la fonction publique québécoise...mais tout le monde y trouvera son compte

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 décembre 2019 07 h 21

    La démocratie

    Quiconque se dit démocrate ne peut s’opposer au pouvoir du peuple.

    Le message de la CAQ à ses opposants est clair; si vous voulez qu’on change de cap, allez convaincre le peuple et on suivra.

    Le dogme de la démocratie repose sur la compétence présumée du peuple à se gouverner lui-même.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 08 h 59

      @M. Martel

      "Le peuple" est d'accord avec PL21, même à demi rempli par rapport à la promesse. "Le peuple" est d'accord à mieux gérer l'immigration, à ce que les immigrants apprennent le français. "Le peuple", un jour, va dire à Legault que des gaffeurs à la Jolin-Barrette doivent être rétrogradés.

      "Le peuple" dont je suis, un jour, va dire à Legault et aux siens qu'ils ont tendance à aller trop vite.Ce faisant à gaffer.Par exemple, actuellement, le ministre de l'Éducation s'apprête à faire passer, à toute vapeur, le PL40 qui comprend de très nombreux articles avec de nombreux impacts: les enseignants s'y opposent, le président des élections, de nombreuses personnes bien connues. Encore, hier, le ministre du Travail a dû reculer.

    • Jacques de Guise - Abonné 4 décembre 2019 11 h 05

      En raison de la communication sociale déformée, notamment par les médias, je choisirai toujours la légitimité par l'appui du peuple plutôt que l'appui par le rapport d'expert (qui est l'éléphant dans la pièce dont on ne parle pas). Si ce ne sont pas les populistes qui essaient de se faire entendre ce seront les supposés technocrates et experts qui conserveront le monopole de la parole.

      Entre l'État, le Marché et la société civile, c'est constamment le monde vécu des humains qui est refoulé et nié : C'est ça que les béotiens de populistes disent partout.

      Donc lâchons les béotiens de populistes et essayons de rétablir la communication sociale : OK MÉDIAS!

    • Pierre Jobin - Abonné 4 décembre 2019 11 h 07

      «Quiconque se dit démocrate ne peut s’opposer au pouvoir du peuple.»

      Comme si le peuple ne s'exprimait que d'une seule voix et que tous ceux et celles qui ne seraient pas d'accord ne feraient plus parti du peuple. La démocratie, c'est aussi le droit à la dissidence, au débat démocratique et parfois même aux conflits d'idées et de valeurs. Et il est illusoire de confondre l'opinion publique qui est fort changeante avec la démocratie. Les remarques de Pierre Bourdieu sur l'opinion publique sont encore très pertinentes. Il n'y a pas de véritable démocratie sans débat démocratique.

    • Elisabeth Doyon - Abonnée 4 décembre 2019 11 h 53

      @Jean-Pierre Martel - Je crois que vous êtes dans l'illusion que nous sommes vraiment en démocratie ?
      Laissez-moi vous raconter l'histoire de la création de nos régimes démocratiques.
      Athènes, quelques milliers d'années, un fou furieux invente la patente de la démocratie - le peuple (homme blanc libre et propriétaire seulement) vote les lois, ils décident eux-mêmes. Tirent au sort leurs fonctionnaires et juges. Ça marche, vraiment plus longtemps que tout le monde s'attendait, mais bon ça reste à Athènes.
      Pour Rome, puis le Moyen Âge, oubliez le modèle d'Athènes - on reste en aristocratie et monarchie. En aristocratie, on va élire les meilleurs au suffrage puis ces ''aristos'' (qui veut dire meilleurs) vont diriger pour le peuple. Ça, ça dure très longtemps –
      Petit saut à la rébellion américaine - des têtes de rois sont tombées - la population est complexe et fâchée, puis ah oui... démocrate est une insulte - équivalente à ce qu'on appelle populiste aujourd'hui!
      Sélectionner le meilleur reste la seule option pour les pères fondateurs de la toute nouvelle nation... mais... mais on a fait beaucoup de promesses : tour de force, on associe le terme démocratie à l'élection (le peuple n'y connaît rien de toute façon, veut juste qu'on lui dise qu'il décidera).
      Et c'est de cette manière que la population en générale croit, à tort, que l'élection est un modèle démocratique, ce ne l'est pas. C’est un modèle aristocratique - fait pour choisir le meilleur, le plus savant, le plus intelligent, le plus habile, etc... À aucun moment dans ce système il n’est attendu que la personne élue soit ''au niveau de la population''. Il faut qu'elle soit MEILLEURE que le peuple. Sinon, il serait plus rentable de tirer au sort et de vivre en réelle démocratie... si le 'meilleur' décide par les résultats de sondage...Il n'est meilleur que personne, aussi bien faire prendre la décision par le sondage directement (on serait en démocratie). C’est moins cher que ces rituels parlementaires

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 décembre 2019 18 h 26

      Pierre Jobin écrit : "La démocratie, c'est aussi le droit à la dissidence."

      Vous avez raison, M. Jobin.

      La démocratie, c'est deux choses; le droit des minorités à s'exprimer et le droit de la majorité à agir..

      Sans droit à la dissidence, il s'agit de la dictature de la majorité. Et sans droit de la majorité à agir, c'est la dictature d'une majorité (habituellement de possédants).

      Faut-il absolument choisir entre les deux ?

      La meilleure solution, c'est la démocratie telle que définie plus haut.

  • Raynald Rouette - Abonné 4 décembre 2019 07 h 41

    Le Devoir prend le peuple de haut


    De même que les universitaires. Quel en est le but? Jeter le discrédit autant sur la CAQ et ceux qui l'appui ouvertement. Cela mériterait explications et débat.

    • Jean Roy - Abonné 4 décembre 2019 08 h 34

      Le gouvernement Legault, selon le professeur Bodet, ne remplit pas les trois conditions du populisme... mais vous, vous me semblez fortement vouloir stimuler la condition no 2: l’opposition entre le peuple et les élites!

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 4 décembre 2019 09 h 15

      Je suis d'accord d'autant que cette nouvelle est une construction, un commentaire sur une entrevue et on monte en épingle la question du populisme. Si le Devoir faisait preuve d'un peu plus de sens commun (sur le pl-21 ou l'immigration) on serait plus prompt à le suivre et à être critique envers le gouvernement pour ses errements.

      Le nationalisme de la CAQ pourrait être beaucoup plus ambitieux et le Devoir pourrait pousser en ce sens, mais ce sont les textes des lecteurs qui sont les plus ambitieux et pendant ce temps, on ouvre des commentaires pouce ce genre de textes et on les ferme pour les textes importants...

      Ils vont se planter. Je ne suis vraiment pas certain qu'une vague de lecteurs jeunes et dynamiques les suit. À force d'aliéner « les vieux » , que restera-t-il?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 09 h 37

      @M. Rouette

      Je n'aime pas ce discours. Le Devoir a pour objectif d'informer. La liberté d'expression consiste, aussi, à être capable d'entendre un discours qui me dérange. Appuyer un parti, ou une option politique,pour moi, ne signfie pas être un béni-oui-oui; je dois être capable de critiquer moi-même mes leaders et d'entendre d'autres critiquer mes opinions.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 décembre 2019 11 h 23

      En complément à M. Rouette.

      Le ministre Jolin-Barrette a commencé par envoyer au panier 18 000 dossiers. Le petit avocat, qu'il était, n'avait prévu que la Cour pourrait invalider sa décision. IL a sorti le " bonjour aie", pour devoir, ensuite, reculer. Et son ridicule test de valeurs uniquement pour les immigrants économiques.Finalement il y a un mois, il a voulu s'attaquer aux immigrants étudiants du programme PEQ: "amateurisme navrant", écrira Michel David. Legault défendra même son ministre en insultant les dirigeants des cégeps et universités. 24 heures plus tard, tout ce beau monde virera de capot.

      J'ai lu, dans ces pages, dire que toutes les gaffes de Jolin-Barrette, depuis 13 mois, ce n'é.tait pas grave: il fallait donner une autre chance au ministre gaffeur. Écoutez, être ministre ce n'est pas une école maternelle.Toutes les personnes que ce ministre a dérangées, insécurisées!!!

      Quand un gouvernement vire trop souvent son capot de bord pis quand il ne réalise pas ses promesses électorales, je suis obligé de dire QU'IL MANQUE DE VISION!

    • Marc Pelletier - Abonné 4 décembre 2019 11 h 45

      Merci M. Pierre Grandchamp

      Je suis 100 % d'accord avec avec votre propos : je n'aurais pu dire mieux !

      J'espère seulement qu'il sera lu et appliqué plus souvent.